P

iv

fk^.

LIBRARY OF

1685-1056

jswmtiinumk

DICTIONNAIRE

DES

SCIENCES NATURELLES,

DANS LEQUEL

On traite MlÎTHODIQCEMEÏiT DTS T) 1 FFKR E >S ETRES DE LA NATURE,

coNsiDKi.i':s Soir em eux-mkmes, d'apkès l'état actuel de

NOS COKNOlSSANCES , SOIT RELATIVEMENT X l'uTILITÉ Qu'eN

pecvent nETiREa la médecine, l'agricultuue , le commeuce

ET LES ARTS.

SUIVI D'UNE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES i^ATURALISTES.

PAR

Plusieurs Professeurs du JarJin du Roi et des principales Ecoles de Paris.

TOME DIXIEME.

COG-COR.

STRASBOURG, F. G. LEvrat^LT, Editeur. PARIS, Le Normaux, rue de Seine, N.° 8.

1818.

DICTIONNAIRE

DES

SCIENCES NATURELLES.

TOME X.

COG=COR.

Le nombre d? exemplaires prescrit par la loi a été déposé. Tous les exemplaires sont revêtus de la signature de t éditeur.

DICTIONNAIRE

DES

SCIENCES NATURELLES,

DANS LEQUEL

On traite méthodiquement des différens êtres de la nature,

CONSIDÉRÉS soit EN EUX-MÊMES, d'aPRÈS l'ÉTAT ACTUEî, DE NOS CONNOISSANCES , SOIT RELATIVEMENT A l' UTILITÉ Qu'eN PEUVENT RETIRER LA MÉDECINE, l'aGRICULTURE , LE COJUMERCE

ET LES ARTS.

SUIVI D'UNE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES NATURALISTES.

Ouvrage destiné aux médecins, aux agriculteurs, aux commeroans, aux artistes, aux manufacturiers, et à tous ceux qui ont intérêt à connoître les productions de la nature, leurs caractères génériques et spécifiques, leur lieu natal, leurs propriétés et leurs usages.

Plusieurs Professeurs du Jardin du Roi , et des principales Ecoles de Paris.

TOME DIXIÈME.

STRASBOURG, F. G. Levrault, Éditeur.

PARIS, Le Normant, rue de Seine, N.° 8.

1818.

Liste des Auteurs par ordre de Matières.

Phjsiçue générale.

M. LACROIX, membre de TÂcadëmie des Sciences et professeur au Colliigi France. ( L. )

Chimie.

M. CHEVREUL, professeur au Collège royal de Cbarlemagne. (CH. )

Minéralogie et Géologie. M. BKONGNIART, membre de l'Acadé

des Sciences, professeur à la Faculté des

Sciences. ( B. ) M. DEFRANCE, membre de plusieurs

Sociétés savantes. ( D. F.)

Botanique. M. DE JUSSIEU, membre de l'Académie

des Sciences, prof, au Jardin du Roi. (J.) M. MIRBEL, membre de l'Académie des

Sciences , professeur à la Faculté des

Sciences. (B. M.) M. HENRI CASSIM, membre de la Société

pbilomatique de Paris. ( H. Cass. ) M. LEMAN, membre de la Société pbilo-

matique de Paris. (Lem. ) M. LOISELEUR DESLONGCHAMPS,

Docteur en médecine , membre de plusieurs

Sociétés savantes. ( L, D. ) M. MASSEV. ( Mass. ) M. POIRET, membre de plusieurs Sociétés

savantes et littéraires, continuateur de

l'Encyclopédie boUnique. (PoiR.) M. DE TUS SAC, membre de plusieurs

Sociétés savantes, auteur de la Flore des

Antilles. (De T.)

Zoologie générale , u4natomie et Physiologie.

M. G. CUVIER, membre et secrétaire per- pétuel de l'Académie des Sciences, prof, ad Jardin du Roi , etc. ( G. C. ou CV. ou G.)

Mammifères.

M. GEOFFROY, membre de l'Académie des Sciences , professeur au Jardin du Roi. (G.)

Oiseaux.

M. DUMONT, membre de plusieurs Sociétés savantes. ( Co. D. )

Reptiles et Poissons.

M. DELACÉPÈDE, membre de l'Académie dies Sciences, professeur au Jardin du Roi. (L. L.)

M. DUMERIL, membre de l'Académie des Sciences, professeur à l'Ecole de méde- cine. (C. D. )

M. CLOQUET, Docteur en médecine. (H.C)

Insectes.

M. DUMERIL, membre de l'Académie- des Sciences, professeur i l'École de médecine. (CD.)

Mollusques , l'ers et Zoophyles.

M. DE 15LAINV1LLE, professeur i la Faculté des Sciences. ( De B.)

M TURPIN, naturaliste, est cbargë de l'exécution des dessins et de la direction de

la gravure.

MM. DE HUMBOLDT et R.\MOND donneront quelques articles sur les objets nouveaux qu'ils ont observés dans leurs voyages, ou sur les sujets dont ils se sont plus particulièrement occupés.

M. F. CUVIER est cbargé de la direction géoér.iIe de l'ouvrage, et il coopérera aux articles généraux de zoologie et à l'histoire des mammifères. (F. C.)

DICTIONNAIRE

DES

SCIENCES NATURELLES.

COG

VuOG. {Ornith.) Ce nom, qui en Savoie désigne le coq, s'applique, en Norwége , au coucou. (Ch. D.)

COGADO-D'AGOA (ErpefoL) , nom que les Portugais don- nent à une espèce de tortue du Brésil que Marcgrave nomme JuRURA. Voyez ce mot. (H. C. )

COGGYGRIA. (Bot.) Voyez Cocconilea. (J.)

COGNASSIER. (Bot.) Voyez Coignassier. (L. D.)

COGOGO. (Ornith.) M. d'Azara décrit, sous le n." 207 de ses Oiseaux du Paraguay, un petit oiseau appartenant à sa fa- mille des queues aiguës, que Sonnini croit être de la môme espèce que le chicli du n.° 2 56 , par lui rapporté au figuier à gorge noire, motacilla gularis , Linn. ( Ch. D. ) '

COGOIL. (Ichthjol.) Suivant Rondelet etBelon, on nomme ainsi , à Marseille, le petit maquereau , scomher colias oupneu- matophorus. Voyez Maquereau. (H. C. )

COGOMBRILLOS-AMARGOS. {Bot.) Ce nom espagnol, qui signifie petit concombre amer, est un de ceux que l'on donne, dans la Castille . suivant Clusius , à l'harmale , peganum harmala, qui est aussi nommée gamarsa. (J. )

COGOMBRO [Bot.), nom espagnol du concombre , suivant Mentzel. L'espèce cultivée est nommée cogombriLlos amaragos. (J.)

10. i

COI

COGOMELO. ( Bot. ) Les Espagnols nomment ainsi les Cou- couMELLES. Voyez ce mot. ( Lem.)

COGSKAN {Ornith.) , nom gallois du choucas, corvus mone- àula, Linn. (Ch. D.)

COGUILLUOQUI. {Bot.) Selon MM. Ruiz et Pavon, dans l'énumération de leurs genres péruviens, ce nom est donné, au Pérou , à leur genre Lardizalale , qui fait partie de la famille des ménispermécs, et qu'ils nomment aussi toguill-vochi dans leur Sjstema,

Ce genre est appelé coguil-hoquil dans l'Herbier du Pérou de Dombey. (J.)

COGUJADA MARINA {Ichilijol.) , nom espagnol du bien-' nie-coquillade, blennius gattorugine. Voye« Blennie. (H. C.)

COGUL. [Ornith.) Ou donne, en Catalogne, ce nom et celui de cocut . au coucou, cuculus canorus , Linn. ( Ch. D.)

COHAYELLI. {Bot.) Voyez Chichica-Hoatzon. (J. )

COHESION. {Chiin.) Voyez Attraction moléculaire, au Sup- plément du 5." vol., pag. 85, 86, 87 , 100, 101 , 102 , io3 et 204. ( Ch. )

COHOBATION. {Chim.) C'est une opération par laquelle on répète la distillation d'un liquide , après qu'on l'a remis sur le résidu fixe d'une distillation précédente.

La cohobation, très-souvent pratiquée par les anciens clû- mistes, avoit pour but de favoriser, autant que possible, l'ac- tion d'un liquide sur une matière tout-à- fait fixe, ou qui l'étoit seulement en partie : ainsi pour charger de l'alcool d'une ma- tière résineuse, on faisoit bouillir ce coi^s dans une cornue à laquelle étoit adapté un récipient , et on reversoit l'alcool dans }g. cornue, lorsqu'on jugeoit qu'il en avoit passé une quantité sutHsante dans le récipient; ainsi, pour saturer un liquide de principe aromatique, on le remettoit plusieurs fois dans la cornue ou Talambic, après l'avoir distillé. (Ch.)

COIA.TA, ou CoAÏTA. {Mamm.) Voyez ce dernier mot. (F. C.) COIFFE, Calyptra. {Bot.) Dans les mpusses , peu après la fécondation, l'écorce superficielle de l'ovaire n'adhère plus d'une manière intime avec les parties intérieures , e*se divise en deux par une fente transversale. La partie inférieure se présente alors sous la forme d'un petit tube cylindrique , et jrcnd le nom de gainule, vaginula; la partie supérieure prend

COÎ %

et'îuî de coiffe, cal.)'plra. A mesure que l'ovaire mûrit, son |iédicule (soie), qui part de l'intérieur de la gaînule , prend cie l'alongementi la gaînule reste fixe: la coiffe, au contraire, s^élève alors avecTovaire, sur lequel elle eSt posée comme un éteignoir; mais elle ne le recouvre quelquefois que très-im- parfaitement. Elle offre be'aucoup de caractères tirés de sa forme, de sa position, de sa durée, etc. Elle est, suivant les espèces, pointue, échancrée, cannalée, velue, blanche, rouge, ijoire, droite, courbée, verticale, oblique, horizontale, etc. L'ovaire étant mûr, elle ne tarde pas ordinairement à tomber. Linnasus rangeoit la coiffe au nombre des calices. (Mass.)

COIFFE J AUNE. {Ornitlu) Cette dénomination a été donnée par Buffon à des carouges de Cayenne , qui ont le plumage noir et une sorte de coiffe jaune. Tel e&t le carouge à tête Jaune de Brisson , représenté par Edwards, pi. 023, sous le nom d'étourneau , oriolus icterocephalus , Linn. ( Cw. D. )

COIFFE NOIRE. ( Omith. ) Buffon a nommé ainsi une espèce de tangara de Cayenne , qui a été figurée dans ses planches enluminées, sous le n.° 720, et dont M. Vieillot a fait un genre particulier sous le nom de némosie. (Ch. D. )

COIGNASSIER {Bot.) ; Cjdonia, Tournef. Genre de plantes dicotylédones, polypétales, périgynes, de la famille des rosa- cées, section des pomacées, Juss. , et de Yicosandrie penta- gynie, Linn., dont les caractères essentiels sont les suivans : Calice ù cinq divisions; corolle de cinq pétales; vingt éta- mines ou plus ; un ovaire inférieur, surmonté de cinq styles réunis à leur base ; une pomme turbinée ou ovale , ombiliquée à son sommet, partagée intérieurement en cinq loges cartilagi- neuses , contenant chaoune huit graines et plus, disposées sur deux rangs.

Les coignassiers sont de grands arbrisseaux, ou de petits arbres, à feuilles sixnples, alternes; à fleurs axillaires ou ter- minales, solitaires ou rapprochées plusieurs ensemble.

Naguère on ne connoissoit qu'une seule espèce de ce genre; mais, dans les dernières années du siècle qui vient de s'écouler, la Chine et le Japon nous en ont fourni deux autres. Cjdonia^ nom latin du coignassier , est celui d'une ancienne ville de File de Crète , d'où la première espèce connue a été transportée en Grèce, en Italie, et de dans le reste de l'Europe.

1.

4 COÎ

CoiGNASsiER COMMUN , Vulgairement Coignier : Cjdonia corn-' munis, Poir., inNov. Duliam., 4, p. i36, t. 56; Pjrus cjdoniaj Linn., Spec. 687. Sa tige, le plus souvent tortueuse, s'élève à douze ou quinze pieds, rarement davantage, en se divisant en branches recouvertes d'une écorce brunâtre , ayant leurs jeunes rameaux revêtus d'un duvet cotonneux, blanchâtre, et garnis de feuilles ovales, très-entières, pétiolées , molles au toucher, et couvertes de duvet, surtout en dessous. Ses fleurs, grandes, blanches, quelquefois mêlées de rose, sont courtement pédonculées, solitaires à l'extrémité de jeunes rameaux nés de l'aisselle des anciennes feuilles ; leur calice est très-velu, à découpures oblongues, denticulées. Ses fruits, qu'on appelle coings, sont cotonneux, Jaunâtres, très-odo- rans; ils ont une chair un peu coriace, acide et légèrement acerbe.

Cet arbre, qui passe pour être originaire de l'île de Crète et de l'Asie occidentale, est aujourd'hui naturalisé dans une grande partie de l'Europe , et surtout dans ses contrées méri- dionales. Il fleurit, dans le climat de Paris, au mois d'avril ou dans le commencement de mai , et ses fruits sont mûrs à la fin d'octobre. Il a donné par la culture plusieurs variétés qu'on distingue principalement d'après la forme et la grosseur des fruits ; tels sont :

Le COIGNASSIER A FRUITS LONGS, OU CoiGNASSIER FEMELLE; Le CoiGNASSIER A FRUITS RONDS, OU CoiGNASSIER MALE; Le CoiGNASSIER A GROS FRUITS ET A GRANDES FEUILLES, OU le CoiGNASSIER DE PORTUGAL;

Le CoiGNASSIER A FRUITS LISSES, OBLONGS ;

Le CoiGNASSIER A FRUITS PETITS, COTONNEUX, ACERBES.

La meilleure de ces variétés est le coignassier de Portugal . rydonia latifolia lusitanica , Tournef. , Inst. , 655, dont les feuilles sont très-grandes, ainsi que les fleurs; dont les fruil* sont gros, en forme depoire, àgrossescôtes, formant des bosses aux deux extrémités; dont la peau est garnie d'un duvet qui s'enlève facilement au moindre frottement , et dont la chair est la plus parfumée et la plus tendre. Ce coignassier est celui qu'on cultive le plus fréquemment, avec la première et la seconde variété' parce que leurs fruits sont abondans, et qu'il? manquent rarement.

COI è

Le coignassier se plaît dans un terrain léger et frais, à une exposition chaude. Dans un sol trop gras, ses fruits n'ont que peu de saveur; ils restent petits et coriaces dans celui qui est trop sec : dans l'un et l'autre , d'ailleurs , l'arbre vit bien moins long-temps.

On peut le multiplier de graines, ou par les marcottes et les boutures, ou encore par les rejetons qui poussent naturelle- ment sur les racines des vieux pieds.

Le moyen de multiplication par les semis est le plus long; il faut quatre à cinq ans pour que les plants soient bons à greffer, de sorte que les pépiniéristes le mettent rarement en usage. Il en est de même des marcottes , qui prennent diflicir lement racine. On préfère donc généralement les boutures et les rejetons. Les boutures se font, au mois de mars, dans une terre légère et fraîche, et elles sont bonnes à relever à la fin de l'hiver suivant. Quant aux rejetons, ceux quj poussent au pied des vieux arbres , n'étant pas sutfisans pour les besoins du commerce, on consacre, dans les grandes pépi- nières , un certain nombre de coignassiers dont on coupe le tronc rez-terre , afin qu'ils en produisent une plus grande quantité; tous les ans, à la fin de l'hiver, on relève les reje- tons qui ont poussé de la souche de ces arbres, que les cul- tivateurs appellent vulgairement mères, et on les met en pépinière, à dix- huit ou vingt pouces l'un de l'autre. Les boutures qui ont pris racine, se plantent de même et dans le même temps. La plupart des sujets produits par ces deux moyens sont bons à être greffés en écusson à la fin de l'été suivant. Ceux qui n'ont pas poussé assez vigoureusement, et qui sont trop foibles , ne reçoivent la greffe qu'un an plus tard.

A Paris et dans les environs , ainsi que dans la plupart des dé- partemcnsoù l'on fait des pépinières de coignassiers , presque tous les plants sont destinés à servir de sujets pour recevoir la greffe des différentes variétés de poiriers qu'on veut cultiver en espalier, en buisson, en quenouille ou en pyramide, parce qu'on a observé que les arbres qui en provenoient rappor- toient du fruit dès la troisième ou la quatrième année, et qu'ils étoicnt bien plus faciles à soumettre k une taille régu- lière. Les poiriers greffés , au contraire, srirdesplnnts de leur

"G COI

espèce venus de pepiu, ne donnent pas de fruit avant la dixième, la douzième et la quinzième année; et d'ailleurs, emportés par une grande vigueur de végétation, ils poussent considérablement et ne peuvent que difficilement être soumis à la taille.

Comme arbre fruitier, le coignassier est peu répandu ; on ne le rencontre guère que çà et dans les jardins : ce n'est qu'aux environs de quelques villes qui sont en réputation pour diverses confitures faites avec ses fruits, qu'on le cultive un peu abondamment.

Les coings se cueillent à la fin d'octobre, et même un peu plus tard, si l'on ne craint pas les gelées. Ils gagnent à être mis surla paille pendantune quinzaine de jours.; maisil fautque ce soit dans un lieu aéré, et non avec les autres fruits, parce qu'ils répandent une odeur troj) forte. Quand on les a ainsi gardés pendant environ quinze jours, il ne faut pas tarder de les employer ; car ils ne se conservent guère au-delà du mois de novembre.

Les coings sont, en général, désagréables à manger crus; mais ils sont beaucoup meilleurs cuits: on en fait de bonnes compotes, des marmelades, des pâtes, une gelée particulière qu'on nomme cotignac ; on les emploie aussi à faire un ratafia qui porte leur nom. Ils sont Ioniques et astringcns ; on en rcr- commande l'usage, soit en nature, soit de leurs diflerentes prépfarations, dans les diarrhées qui reconnoissent pour cause la foiblesse des organes de la digestion. On trouve, dans les pharmacies, un sirop fait avec leur suc, auquel ils donnent leur nom, qu'on emploie dans les mêmes circonstances. Lcs^ graines fournissent par décoction un mucilage, dont on fait quelquefois usage extérieurement dans les ophthalmies in-= flammatoires. ^

Les anciens appeloient le fruit du coignassier, pomine de Cydon ; ils l'avoient dédié à Vénus , et ils le regardoient comme l'emblème du bonheur f t de l'amour. Plutarque nous apprend qu'une loi de Soîon ordoni^oit aux nouvelles mariées de man--. ger de la chair de coing avant de coucher avec leurs, maris, ce qui signifloit, selon cet auteur, que la voix d'une femme devpit être ayssi douce et aussi agréable que son haleine. Pline ^ît qu'à Rome l'usage étoit de placer des coings star la têie des.

COI 7

statues des dieux qui présidoient au lit nuptial, et que méuie ou en ornoit les salles dans lesquelles les grands recevaient les salutations à leur lever. Virgile paroit avoir voulu parier de ces frui(s dans les vers suivans, uu berger en donne à nn ami coyime un gage d'attachement :

Quod potui, puero sîlvestri ex arbore lecta Aurea mala deceiumisi; cr«s altéra niittaïu. Bucoi.., III, V. 70.

Le même poète les désig;:ie plus clairement dans rêgîogue il peint l'amour du berger Corydou pour le bel Alexis. et il lui fait dire ,

Ipse ego cana legain tenerâ lartugiiie luala. BucoL. II, V. 5i.

Plusieurs auteurs njoderaes pensent aujourd'hui que les pommes du jardin desHespérides u'étoieut autre chose que de.?, coings, et non des oranges, comme on l'a cru pendant long- temps. Ce qui donne beaucoup de force à cette opinion, c'est que Goropius Becanus assure que l'on découvrit autrefois à Kome une statue d'Hercule, qui tenoit dans sa main trois pommes de coing , ce qui s'accorde avec la fable qui raconte qu'Hercule déroba les pommes d'or du jardin des Hespérides. D'un autre côté, M. Gallesio,^ dans son Traité du Citrus, a prouvé, autant qu'il est possible, que l'oranger a été inconnu aux anciens, et qu'il ne vient pas naturellement dans les con- trées où ils plaçoient leurs Hespérides.

Coignj*6Sier du Japon : O)'doma japonica , Pers. , Sj'nop. 12,, pag. go ; Lois., Herb. amat., 2,n, et t. yj. Cette espèce est un arbrisseau qui s'élève de huit à dix pieds ou environ. Sa lig^ s^ divise, dès sa base, en plusieurs branches,. partagées elles- mêmes en rameaux brunâtres, épineux, revêtus d'un duvet court pendant leur jeunesse , et garnis de feuilles ovales-obion- gues , luisantes, d'un vert gai en dessus,, finement dentées eu leurs bords, et rétrécies en pétiole à leur base. Ses ileurs , d'un beau rouge écarlate , oublanche;s dans une variété ,^ q'^'t^J- quefois semi-doubleset composées de dix pétales ,sontx'£uuies, trois à dix ensemble, en un petit bouquet qui sort d'un boui- geon fort court. Leur calice esta cinq dents arrondies, ciliées, et il adhère par sa base à. l'ovaire ; les étamines son? an

ff COI

noiribre de trente-six à quarante. Le fruit n'a |)oint encore mûri dans le climat de Paris ; celui que nous avons vu impar- faitement développé, étoit étranglé et resserré dans son mi- lieu comme une gourde, divisé intérieurement en cinq loges qui contenoient chacune un grand nombre de graines.

Ce coignassier est cultivé en Angleterre depuis 1796 , et en France depuis 1810. Il est encore rare, et on ne le trouve que chez les fleuristes les plus curieux de la capitale ; mais il est probable qu'il ne tardera pas à se répandre. A la beauté des couleurs ses fleurs joignent l'avantage de se succéder les unes aux autres pendant la plus grande partie de l'année. On ne le multiplie, jusqu'à présent, que de marcottes, de bou- tures, ou en le greffant sur le coignassier commun. Il a sup- porté en pleine terre un froid de huit degrés au-dessous de zéro sans en avoir soufîert , ce qui fait présumer qu'il s'accli- matera facilement.

Coignassier de la Chine; Cj'donia sinensis ,Thouïn , Ann. du Mus., 19, p. 144, t. 8 et 9. Cette troisième espèce a le port du coignassier commun , et paroît devoir s'élever à quinze ou vingt pieds de hauteur. Ses feuilles sont ovales-oblongues, courtement pétiolées, aiguës, lisses, et d'un vert gai en dessus, un peu duveteuses en dessous, chargées en leurs bords de dents très-fines et très-rapprochées. Ses fleurs, larges de dix- huit à vingt lignes, d'une belle couleur rose, sont terminales et solitaires à l'extrémité du petit rameau qui les porte. Leur calice est à cinq divisions, aiguës, réfléchies, et elles ont vingt étamines. Ses fruits sont ovoïdes-alongés, un peu bosselés çà et là, longs de quatre pouces et plus, sur trente-deux à trente- trois lignes de diamètre ; la couleur de leur peau , d'abord ver- dàtre, devient d'un jaune-citron pâle, en approchant de la maturité; leur chair est grenue, ferme, sèche, presque sans eau , d'une saveur acide , même styp tique , approchant de celle du coing commun sauvage. L'intérieur de chaque fruit est par- tagé en cinq loges cartilagineuses, très-alongécs, contenant, sur deux rangs, quarante à soixante pépins et au-delà.

Cet arbre a été introduit en Angleterre et en Hollande il y a environvingt-cinqans.Nousnele possédons en France que de- puis 1802 , et il a fructifié, pour la première fois, au Jardindu ïloi, en 18 j 1. Il passe très-bien Fhivcr en pleine terre dans le

COI 9

climat de Faris, des froids de neuf à dix degrés ne lui ont fait éprouver que de foibles accidens. II n'est pas délicat sur la nature du sol; il paroît seulement préférer une terre meuble, sablonneuse ou calcaire et légèrement humide, à celle qui est argileuse , aquatique et froide. On ne l'a point encore semé , mais on l'a multiplié , avec succès , de marcottes , de boutures , et surtout en le greffant sur le coignassier commun ou sur le poirier. Jusqu'à présent ses fruits n'ont pu atteindre , dans notre climat, une maturité assez complète pour être mangés crus; et, même après avoir été cuits pendant plusieurs heures, ils sont restés coriaces et désagréables à manger. C'est dommage, car ils sont d'ailleurs très-gros et très-beaux .- leur parfum approche beaucoup de celui du coing ordinaire ; mais il est plus suave , et tire un peu sur l'odeur de l'ananas. Il est à désirer qu'une culture soignée, et la multiplication par les semis, puissent un jour modifier ce beau fruit, et le rendre aussi agréable au goût qu'il l'est déjà à la vue et à l'odorat. En attendant, le coignassier de la Chine peut être considéré comme un bel arbre d'ornement : il se fait remarquer, au printemps, par sa verdure très-hàtive , et par la multitude comme par l'éclat des fleurs dont il se couvre au mois d'avril , et qui durent quinze à vingt jours. ( L. D. )

COIGNASSIER [Petit]. (Bot.) C'est la traduction du nom membriltoso, donné dans le Pérou, près de Lima, suivant Dombey, à l'espèce de sébestier nommée par M. de Lamarck

cordia liitea. (J.)

COIGNER, ou CoiGNiER (Bot.), nom que l'on donne, dans quelques lieux, au Coignassier commun. (L. D.)

COILANTHA. (Bot.) Lorsque Reneaulme voulut, en iGii,

subdiviser le genre de la gentiane, il donna ce nom au gen-

tiana purpurea. (J.)

COILOPHYLLUM (Bot.), nom donné anciennement, par

Morisson, au genre de plantes connu maintenant sous celui de

sarrace.nia, dont les feuilles sont creuses et ouvertes par le

haut. (J.)

COILOTAPALUS. (Bot.) C'est sous ce nom que P. Brown,

dans son Histoire de la Jamaïque , désigne le coulekin , cecro-

pia. (J.)

COIN. (Fauccnn.) Ce nom est donné a'ix pennes latérales

lo COI

de la queue des oiseaux de proie, par les fauconniers, qui appellent couvertes les deux pennes intermédiaires. ( Ch. D. )

COING (Bot.), Cjdonia, fruit du coignassier. Liger, dans son Dictionnaire du bon ménager, nomme coignasse le fruit du coignassier sauvage. (J. )

COING DE MER (Conch.), Cotognia maritime des Italiens. C'est un corps organisé, placé à tort dans le genre Alcyon par Linnaeus, sous le nom d'alcyonienne cydonienne. (De B.)

COIPOU. (Mamm.) Voyez Coypou. (F. C.)

COIRON. (Bot.) Cavanilles dit, sur le témoignage du voya- geur botaniste Née, que l'on nomme ainsi une espèce de selin, selinum spinosum, décrit et figuré par lui dans ses Icônes , vol. 5, p. 69, t. 487. Cette plante, d'après les caractères indiqués , paroit devoir appartenir plutôt au genre Arozelle de Lamarck, ou Chamitis de Gaertner , ainsi que les autres selins du ni£me auteur. (J.)

COIX [Bot.), vulgairement Larme-de-Job , ou Larmille. Genre de plantes remarquable par ses semences dures , lui- santes, assez grosses, semblables à des perles, et que l'on com- pare encore à des larmes; le feuillage se rapproche de celui des roseaux. Ce genre appartient à la famille des graminées et à la monoécie triandrie de Linnaeus. Il offre pour caractère essentiel : Des fleurs monoïques : les màles disposées en épi ; la balle calicinale à deux valves, à deux fleurs; la balle flo- rale bivalve, renfermant trois étamines : les fleurs femelles placées sous les mâles ; leur balle calicinale très-grande , d'une seule pièce, uniflore, ouverte à son sommet, composée de deux valves réunies dans la plus grande partie de leur longueur; deux valves florales contenant chacune une fleur stérile , sous la forme d'un corpuscule en massue, à peine pédiftelléc; la fleur, renfermée dans la balle calicinale, offre un ovaire ovale, surmonté d'un style partagé en deux; les stigmates longs, corniculés, pubescens. Le fruit est une semence ar- rondie, renfermée dans la balle calicinale, ovale- conique , persistante, très-dure, presque osseuse et luisante. On dis- tingue les espèces suivantes :

Coix Larme-de-Job : Coix lacrjwa, Linn. ; Clus. , Hist. 2^ pag. 216 .Icon. ; Lam. , 7//. gea. , tab. jSo. Ses racines sont annuelles et fibreuses ; ses figes dures, fasciculées, hautes de

COJ M

deux ou trois pieds; les feuilles alternes, glabres, larges d'un pouce , engaînées à leur base , traversées par une côte blan- che. De la gaîne des feuilles supérieures sortent plusieurs grappes de fleurs pédonculées , presque fasciculées, qui pro- duisent des semences d'un blanc bleuâtre , luisantes , très- dures , ovales, un peu aiguè's à leur sommet. Elle croît dans les Indes orientales ; on la cultive dans plusieurs jardins de l'Europe. En Espagne et en Portugal, au rapport de Miller, les pauvres font moudre ces graines pour en faire du pain, lorsque le blé est rare ; d'autres en font des chapelets.

Coix A FEUILLES DE ROSEAU ; Coix arundinocea , Encycl., vol. III, pag. 422. Cette espèce, originaire des pays chauds de l'Amérique , n'est peut-être qu'une variété de la précédenle. Elle a été cultivée pendant long-temps au Jardin du Roi: on la distingue par ses racines vivaces , par ses feuilles plus larges , par ses épis solitaires dans les aisselles des feuilles.

Coix AGRESTE : Coix agrestis , Lour. , FI. Cochinc.^ 2 , p. 674 ; Lithospermum amhoinicuin , Rurnph, Amh. 6 , tab. g, fig. 1. Ses tiges sont cylindriques, hautes de trois ou quatre pieds, un peu renflées à leurs articulations; les feuilles, droites, roides, élargies, très-aiguës, d'un vert foncé, longues d*un pied et demi. Les pédoncules, réunis trois ou quatre dans l'ais- selle des feuilles supérieures, soutiennent une grappe de fleurs un peu lâches. Ses fruits sont de couleur brune ou cendrée, un peu aigus, de la grosseur et de la forme d'un pois. On trouve cette plante à la Cochinchine et dans l'île d'Amboiiie, Au rapport de Riimph , les naturels du pays font, avec ses fruits, des colliers et des bracelets pour les femmes et les en fans. (Poib.)

COJACAI. ( Ornith. ) Suivant Stedman (Voyage à Surinam , tom. 1 , pag. I 56) , les habitans. de cette contrée donnent ce nom et celui banarabeck à une espèce de toucan. Voye?! Banarabeck. (Cii. D.)

COJA-METIi. (Mamm.) Fernande,?- parle sous ce nom d'ur* pécari. Voyez Cockon. (F. C.)

COJO. {Bot.) Le bananier musa est aîYisi nommé àTernate,

(J.)

CO.iJOLT. {Mamm.) Nieremberg désigne ainsi un animal earnassierde la Nouvelle-Espagne, qu'il est iuipossibîe de re-

COL

connoitre, et même tic rap})orter à son genre, aux traits inexacls par lesquels il le représente. (F. C.)

COJUMÉRO. (Mamm.) On dit que c'est le nom du lamantin àlaGuiane. (F. C.)

COKATAO. {Ornith,) Voyez Cockatoo. (Ch. D. )

COL. (Bot.) La cypsèle ou le fruit des synanthérées se prolonge assez souvent au-dessus de la partie occupée par la graine, en un cylindre plus on moins étroit, ordinairement fort court avant la fécondation , et s'alongeant beaucoup pen- dant la maturation. Les botanistes ont coutume de nommer stipe. de l'aigrette ce prolongement supérieur de la cypsèle; M. de Mirbel le nomme pédile : mais ces deux noms nous semblent également impropres, parce que, la partie qu'ils désignent pouvant exister sans aigrette, comme il y en a beaucoup d'exemples, elle ne doit pas être considérée comme le pied ou le support de l'aigrette, à laquelle d'ailleurs elle n'appar- tient aucunement. C'est pourquoi nous lui donnons le nom de col, et nous disons que la cypsèle est collifère , quand elle offre ce prolongement. (H. Cass. )

COLA, KuLA , GoLA. (Bot.) Fruit d'un arbre d'Afrique qui étoit inconnu aux anciens. On trouve ce fruit cité par les deux Bauhin. Il l'est aussi dans le Recueil des Voyages, dans lequel on lit qu'à Sicrra-Leona, sur les côtes d'Afrique, les Nègres le recherchoient beaucoup, parce qu'il étoit une bonne nourriture ; que dans le pays, on se servoit de ce fruit comme de monnoie pour les échanges commerciaux, et que cette monnoie av oit une valeur telle que cinquante suffisoient pour acheter une femme. Il étoit aussi recherché comme nourriture , non qu'il eût un bon goût , mais parce qu'il laissoit dans la bouche une certaine âpreté au moyen de laquelle on trouvoit une saveur très-bonne aux alimeils et surtout aux bois- sons que l'on étoit dans le cas de prendre après avoir mangé de ce fruit. M. de Beauvois, dans sonA'oyage à Oware, a eu occasion d'observer vivant l'arbre qui produit le cola; il a reconnu que c'est une espèce de 5fercî//ia, qu'il a décrite etfigurée sous le nom de sterculia acuminata , dont le fruit est composé de cinq cap- sules réniformes , dans chacune desquelles est une seule graine de la grandeur d'une amande, enveloppée de sa coque et de son brou. Les habitans d'Qware mangent avec plaisir cette

COL ,S

graine avant de prendre d'autre nourriture , parce qu'en tfffet, comme l'a dit l'auteur du Recueil des Voyages, elle laisse dans la bouche une impression qui fait trouver un goût meilleur aux alimens, et surtout aux boissons que l'on prend après l'avoir mâchée. Mais M. de Beauvois n'a point vu que cette graine servit demonnoie dans cette partie de l'Afrique , les cauris , espèce de petites coquilles, sont la seule mon- noie du pays. Il pen^e qu'à Sierra-Leona , le cola ne doit pas plus être admis comme monnoie, et il ajoute que dans la traite des esclaves , c'est avec les marchandises seules , et non avec la monnoie du pays, que les Européens peuvent faire ce genre de commerce. Nous ajouterons, en finissant, que cette graine étoit connue de Clusius , qui l'a décrite sous le nom de coles il parle même des cinq capsules qu'il compare à une fève , et qu'il dit très-dures. On lui avoit annoncé qu'elle étoit bonne pour l'estomac , et qu'après en avoir mangé , on trouvoit les boissons plus agréables; quamlibet potum magis sa- pidumjicri prœmanso coles frucLu. On ajoutoit que les habitan» du cap Vert se munissoient , dans leurs voyages, de ces graines, dont trois ou quatre suffisoient pour les nourrir pen- dant un jour , ou pour leur faire supporter l'abstinence d'autres alimens. (J. )

COLA {Ichthjol.) , nom de l'alose dans quelques provinces- méridionales de la France. Voyez Clupée. (H. C. )

COLA - ANCHA (ErpétoL) , nom espagnol d'un Plature. Voyez ce mot. (H. C. )

COLADITI-MANOORA. (Bof.) ATernate, suivant Rumph , on nomme ainsi le pancaga des Malais, qui est une espèce de cotylet , liydrocofjLe asiatica. ( J. )

COLAGUALA {Bot,) Pernetty, dans son Voyage aux îlea Malouines , nomme ainsi le calaguala, espèce de polypode.(J.)

COLAHAUTHLI. ( Omith.) La Chênaye des Bois écrit ainsi, par erreur, le mot colcanauthli. (Ch. D.)

COLARIS. {Oniith.) On trouve ce terme employé par Aris- tote, au chapitre i." du livre 9.* de son Histoire des Animaux ^ et tout ce qu'il dit de cet oiseau, c'est qu'il est tué par la chouette et par d'autres oiseaux à ongles crochus. Niphus croit le colaris de la famille des passereaux. Gesner pense que ce pourroit être une espèce de collurio ou pie-grièche. Quoi

u COL

qu'il en soît, M. Cuvier a appliqué le nom de colàris aux: roUes, division des rolliers , coracias , Linn. , qui comprend ceuxdon-t le bec, plus court, plus arqué, est aussi beaucoup plus élargi à la base. ( Ch. D. )

COLx\S {Ornith.), un des noms vulgaires du corbeau , cor- yus corax. (Ch. D.)

COLASFIDE {Entom.), Colaspis. M. Fabricius a présenté ce mot comme nom de genre , dans son Système des Eleuthérates. ïl rapproche sous ce nom de petits coléoptères à quatre article» aux tarses, de la famille des phytophages ou herbivores. Il y réunit diverses espèces qu'il avoit autrefois rangées parmi les galéruques , les chrysomèles , les cryptocéphales , et même parmi les bruches. Tous ces insectes sont étrangers. Nous ne les connoissoiis pas. (C. D.)

COLASSO {Bot.) ,nom brame du hahel-schulli desMalabares, cité par Rheede, qui est le barleria longifolia. ( J. )

COLBERTIA. (Bot.) Genre de plantes de la famille des diUé- iiiacées, de la-polyandrie pentagjnie deLinnaeus, dont le carac- tère essentiel consiste dans un calice à cinq folioles persistantes ; cinq pétales caducs; un grand nombre d'étamines ; dix inté- rieures beaucoup plus longues que les autres ; les anthères très- longues ; cinq ovaires l'éunis en un péricarpe globuleux , à cinq loges ; cinq styles; dans chaque loge plusieurs semences réniformcs, entourée* d'une pulpe glutineuse et transparente. Ce genre a été établi pour la seule espèce suivante, placée d'abord parmi les dillenia , et coi>sacrée par Salisbury au ministre Colbert.

CoLEERTiA DU CoROMANDEL : Colbcrtia coiomandeliana, Dec. , Sysl. nat.veget,, i , p. 4 35 ; Dillenia peutagyna, Roxb. ,Corom., 1 , p. 21 , tab. 20. Arbre découvert par Roxburg dans les znon- lagnes du Coromandel , se rapprochant par ses feuilles du di/- ieujaspeciosa; mais ces feuilles plui longues, et plus amples, mé- diocrement péliolées , glabres, oblongues, aiguës à leurs deux extrémités, nerveuses, dentées en scie, velues en dessous snr les nervures , longues d'environ un pied et demi sur six pouces de large, Les fleurs naissent sur les rameaux de l'année pi'écé- dente : elles sortent quatre à six et plus , portées sur des pédon- cules simples, uniflores. Leur calice est composé de cinq fo- lioles obtuses, presque rondes; la corolle es( jaune, une fois

COL i5

plus îongue que le calice; les pétales ovales-oblongs, un peu aigus ; les étamines nombreuses , de la longueur du calice; les fruils pendans , solitaires. (Poir.)

COLCA. {Ornith.) Sibbald , dans son Histoire naturelle d'Ecosse, part. 2 , pag. 21 , pi. 18 , donne ce nom, et celui de capricoica, à l'eider, anas mollissima, Linn. (Ch. D.)

COLCANAUTHLI. ( Ornith. ) L'oiseau dontFernandez parle sous ce nom, chap. jS ^ a été regardé par les naturalistes comme la femelle de celui dont il est fait mention au chap. 3i du même ouvrage , sous le nom de chilcanauthli , qui a été rap- porté à la sarcelle rousse à longue queue, anas domlnica, Linn. (Ch.D.)

COLCANAUTHLICIOATL. (Ornith.) Les naturalistes n'ont pas déterminé l'espèce à laquelle se rapporte ce canard du Mexique, qui a été décrit par Fernandez, chap. 64, comme offrant un mélange de brun et de blanc, dont la première couleur domine sur le corps et la seconde par-dessous ; et ayant la tête d'un noir cendré, les pieds d'un rouge pâle, le bec noir en dessus et fauve en dessous. (Ch. D.)

COLCHICACÉES. (Bot.) Voyez Colchicées. (J.)

CO LCHICÉES. (Bot.) Famille de plantes dans la classe des mo- nopérigynes ou monocotylédonesà étaminesinséréesaucalice, tirant son nom du colchique, un de ses genres les plus connus. Auparavant réunies aux joncées dans une section distincte, ces plantes ont paru depuis offrir des caractères suffisans pour constituer une famille particulière , déjà énoncée dans quelques ouvrages récens, sous les noms de merendérées, colchiacées, melanthiacées. Les caractères de cette famille sont : Un calice monophylle, ordinairement. coloré, regardé pour cette raison comme coii|»lle par plusieurs auteurs , tantôt à six divisions pror fondes, tantôt tubulé et divisé par le haut en six lobes. Les éta- mines, ordinairement en nombre égal, sont insérées au bas des divisions d u calice ou devant ses lobes ; leurs anthères sont oblon- gues , appliquées extérieurement contre le sommet des filets. Le pistil, dégagé du calice, paroît composé de trois ovaires dis-^ tincts,ou réunis en tout ou en partie parle côté intérieur. U est surmonté de trois styles et autant de stigmates dans le premier cas, d'un style trifide dans le second. Le fruit est com» posé de trois capsules uniloculaires et polyspermes, diétinctes,

\c COL

ou réunies comme les ovaires, s'ouvrant ordinairement du côté intérieur par une fente longitudinale , sur les bords de laquelle sont attachées les graines. Quelquefois la légère adhé- rence latérale de deux valves voisines présente, au moment de leur écartement parle haut, l'apparence de cloisons im- plantées sur le milieu des valves, surfout si, en même temps, les capsules se fendent supérieurement par le dos. Les graines , revêtues d'un tégument membraneux, sont remplies d'un péri- sperme charnu , à la base duquel, loin de l'ombilic, est niché, dans une petite cavité, un embryon très-petit. Les tiges sont herbacées ; les feuilles alternes , engainées à leur base ; les fleurs diversement situées, toujours accompagnées de spathes.

Les genres qui paroissent appartenir à cette famille, sont le nolina et le pleea de Michaux ; le calochorthus de Pursh; Vhelonias , dont le zigadenus et le xerophyUum de Michaux feront probablement partie ; le melanthium , genre à tra- vailler de nouveau, pour en séparer peut-être le wurmbea de Thunberg , avec le funckia de Willdenow et Vanguilaria de R. Brown, le veratrum, lepeliosanthus, le merendera, le colchicum. M.Brown y place aussi ses genres burchardia et sclielhamera , et peut-être devra-t-on y ajouter son aslelia.{J.)

COLCHICON. (Bot.) Ce nom grec a été donné par Dioscoride au colchique, suivant Dalécliamps, soit parce qu'il est abon- dant dans la Colchide, soit parce que ce pays fournit beaucoup de plantes venimeuses, et que celle-ci est de ce nombre. Les Grecs la nomnibient aussi ephemerum, iiarce qu'elle tuoit promp- tement.On sait en effet que , donnée à des animaux, elle leur est funeste; d'où lui est venu le nom françois vulgaire de lue- chien. Il paroît encore, d'après l'indication de C. Bauhin , que Sérapion etMesnélul donnoient celui dliermodactyèlÊS.Quelques auteurs ont .aussi nommé colchicum Vamaiyllis lutea et le bulbo- codium vernum, à cause de quelques rapports extérieurs. (J.)

COLCHIQUE {Bot.); Colchicum, Linn. Genre de plantes monocotylédones périgynes , de la famille des colchicécs , Juss. , et de Vhexandrie trigjnie, Linn., dont les principaux carac- tères sont les suivans : Calice nul; corolle tubuleuse inférieu- rement, à limbe campanule, partagé en six divisions pro- fondes ; six étamines à filamens insérés sur le sommet du tube, et portant des anthères oblongiies ; trois ovaires siipé-

COL 17

rieurs, réunis par leur base, surmontés de trois styles très- longs, à stigmates crochus; trois capsules uniloculaires , réu- nies par leur partie inférieure et contenant plusieurs graines. On connoît quatre espèces de ce genre , dont trois croissent naturellement en France, et la quatrième dans l'Orient. Le nom de colchique lui vient de ce qu'une de ses espèces avoit été appelée ainsi par les Grecs , parce qu'elle croissoit abon- damment dans la Colchide.

Colchique d'automne, vulgairement Safran bâtard , Safran

DES PRÉS, TUE-CHIEN, MORT-CHIEN , VeILLOTTE , VEILLEUSE : Col-

chicumautumnale, Linn., Spec. 486; Bull., Herb. , tab. 18. La racine de cette plante est une bulbe solide , ovale, pointue, enveloppée de quelques tuniques d'un brun noirâtre ; eUe donne naissance à une ou plusieurs fleurs longues de quatre à cinq pouces, d'une couleur ordinairement rougeâtre, ou d'un lilas pâle. Ces fleurs paroissent en septembre et octobre , et ce n'est qu'au printemps suivant que se développent les feuilles. Celles-ci sont lancéolées, droites, d'un vert foncé , longues de six à huit pouces , larges de douze à quinze lignes , engaînées inférieurement quatre à cinq en un faisceau au milieu duquel se trouve la capsule, portée sur un pédoncule caché entre la base des feuilles et sous la terre, de manière qu'elle paroît presque sessile. Tous les ans la bulbe qui a produit les fleurs et les fruits, s'épuise et est détruite après cette période, et elle est remplacée par une autre qui s'est développée à côté ; de sorte que, par suite de ce renouvellement annuel des Lulbes, qui se fait toujours du même côté , la plante se déplace tous les ans de l'épaisseur de sa bulbe qui est d'environ un pouce. Le colchique d'automne est commun dans les prés et les pâturages d'une grande partie de l'Europe. On en cultive plusieurs variétés dans les jardins: l'une est à fleurs jaunes, une autre à fleurs blanches , et une troisième à fleurs doubles ; il y en a aussi une à feuilles panachées , etc.

Toutes les parties du colchique ont une odeur désagréable et nauséabonde. Les bestiaux ne broutent jamais ses feuilles vertes ; mais ils les mangent sans répugnance et sans qu'elles leur fassent mal , quand elles sont sèches et mêlées dans le foin. Les racines fraîches contiennent un suc laiteux , dont la saveur est acre et brûlante , et qui est ua violent poi^onpour 10. »

:3 COL

ihomme et pour plusieurs animaux. Les accicîens produite par l'usage inconsidéré des bulbes de colcliique sont des an- goisses, des lipotliymies, des cardialgies, de violens vouiisse- Miens, des sueurs froides, et la mort même si Ton n'étoit pas secouru à teilips. Les meilleurs moyens à employer dans ce cas, sont de faciliter les vomissemens par des stimulans méca- aiiqives , et de Taire prendre abondamment des boissoiis acidu- lées av'cc le vinaigre ou le suc de limon.

Malgré les effets funestes que peut produire le colchique, on 41 essayé de faire tourner l'énergie de ses propriétés u l'avantage de la médecine, et Stœrck a osé l'expérimenter sui' lui-même. Selon ce hardi praticien, le colchique, administré avec précaution, est puissamment diurétique, et il assure l'avoir donné avec beaucoup de succès dans plusieurs hydro- pisies. C'est au printemps que les bulbes de colchique ont le plus d'énergie, et c'est toujours à l'état frais qu'on doit les employer; car elles perdent toutes leurs propriétés par une dessiccation par.'aite, au point que, dans cet état, l'on peut même , à ce qu'on assure , les manger sans danger. 11 est facile^ d'ailleurs, en râpant les bulbes du colchique et en leur faisant subir plusieurs lavages, d'en retirer une fécule très-saine elf très-nourrissante: mais, comme elles sont situées assez profon-' dément en terre , à cinq ou six pouces au moins, la difficulté de les arracher empêchera toujours de les employer sous ce rapport, parce que la dépense de ce travail coilteroit compa- rativement plus que le produit qu'on en retireroit. Le seul ca» un cultivateur pourroit employer les bulbes de colchique » faire de la fécule ySéroit celui il voudroit extirper cette plante d'un pré elle nuiroit, par sa trop grande abondance, à la récolte et à la qualité des foins. Le temps de faire cette opé- ration est en automne, lors de la floraison du colchique. On soulève alors avec une forte bêche, à la profondeur nécessaire, la terre coupée en mottes carrées, dans les places infestée* parle colchique ; on arrache ses bulbes, et l'on remet ensuite les carrés de gazon à leur place, de manière que, pour le printemps suivant, cela ne fait aucuTi tort aux autres herbes de la prairie.

CoLcniQt;E DES Alpes: Colchicum alpinum , Dec, FI. Fr. 5, pag. i^ôj Colehicum montanum , AH. , FI. Ped., n°. /^^I^ , t. 74,

COL uj

i', 2. La bulbe de cette eapèce ne pousse qu'une seule fleu'" moitié plus petite daas toutes ses parties que dans le colchique d'automne. Ses feuilles se développent peu de temps après la floraisou qui a lieu eu été, et elles sont linéaires. Cette plante se trouve dans les prairies humides des Aloes et du Fiéjuont.

Colchique de montagne : Colchicum montanum Linn Spec. 485 ; Colchici monlani hispanici Jlos et semen, CIus. Ilist. 200 et aoi. Sa bulbe pousse eu même temps des feuilles lancéolées, linéaires, et une ou plusieurs fleurs d'un pourpre très-cJair, un peu plus longues que les feuilles , et dont les divi- sions du limbe sont étroites , oblongues. La plante entière n'a pas plus de trois pouces de hauteur; elle fleurit en août et septembre, et croît dans les montagnes en France , en Espagne, en Barbarie, etc.

CoLCHjgujs PANACHÉ ; Colch'tcum variegatum, Linn., Spec./^QS. La bulbe de cette espèce donne naissance à une ou plusieurs fleurs, dont le limbe est grand , ouvert, marqué de petits car- reaux pourpres, etdisposés régulièrement en forme de damier. Les feuilles sont étroites, ondulées en leurs bords , et ne se développent que lorsque la Heur, qui paroît en automne, est passée. Cette plante *roît dans les iles de la Grèce; on la cul- tive dans les jardins, on la plante en pot, parce qu'elle craint le froid.

Colchique JAUNE, nom vulgaire de l'amaryllis jaune. ( L. D.) COLCOTAR. (Chim.) C'est le résidu du sulfate de fer cal- ciné ou distillé à une température très-élevée ; lorsque le sul- fate de fer est pur, et que l'opération a été poussée aussi loia que possible , le colcotar est du peroxide de fer pur. Il est employé pour polir les glaces, les métaux, etc. (Ch.)

COLCUICUILTIC. (Ornith.) L'oiseau du Mexique, que Fernandez a décrit sous ce nom, pag. 19 , chap. aS , a donné lieu à des méprises et à de doubles emplois. Son plumage est, suivan t l'auteur espagnol , varié de blanc , de noir et de rouge ; ses jambes et ses pieds sont bleus ; et parle chant, la taille et tout le reste , il ressemble au coyoicozque, dont il est question dans le chapitre précédent, et que Fernandez regarde comme un colin, c'est-à-dire, comme une espèce de perdrix d'Amé- rique. Frisch lui a donné la dénomination latine d'attagen-

*o COL

americanus, petite poule de bois d'Amérique, et Brlssoit celle de caille de la Louisiane , coturnix ludoviciana. Il paroît même que la confusion a été plus loin, et qu'il n'y a point de différence réelle entre le colcuicuiltic de Fernandez et son coyol- cozque , dont Buffon a adouci le nom , en lui substituant celui de cojolcos;àe sorte que les perdix virginiana , maiylanda , mexi- cana et coyolcos de Latham , ou tetrao mexicanus, coyolcos marj- landus et virginianus de Gmelin , ne seroient que des différences d'âge ou de sexe du perdix borealis de M. Temminck. L'erreur s'est de plus étendue sur la nomenclature : en effet , le terme que Buffon a formépar contraction , étoit sans doute colcuicui ; car si cet éloquent naturaliste avoit l'habitude d'abréger les noms barbares , pour en rendre la prononciation plus facile , il n'avoit pas celle d'en altérer l'orthographe sans motifs, et l'on ne voit pas pour quelle raison il ne se seroit pas borné ici à supprimer la finale. La substitution d'erei à cui , pour se- conde syllabe du mot , ne paroît donc provenir que d'une faute du copiste ou de l'imprimeur; et cette présomption est d'autant plus vraisemblable , que le mot formé par onomatopée a naturellement présenter la répétition du même son cui cui. Mais le terme colenicui n'en a pas moins été répété depuis dans les autres ouvrages d'Histoire naturelle , la racine a été tout- à-fait perdue de vue. Ceux même qui ont continué d'écrire en entier le nom primitif colcuicuiltic, l'ont falsifié, en le termi- nant tantôt par cuiltu , tantôt par cuiltie ; et c'est ainsi qu'en négligeant de remonter aux sources on propage et l'on multi- plie les erreurs. (Ch. D.)

COLDÈNE COUCHÉE (Bot.) -. Coldenia procumlens , Linn., Lam. , III., tab. 89. Cette plante, originaire des Indes orien- tales, forme à elle seule un genre particulier, de la famille des borraginées , et de la tétrandrie tétragynie de Linnaeus , qui offre pour caractère essentiel : Un calice à quatre folioles ; une corolle en forme d'entonnoir; le limbe très-ouvert, obtus ; quatre éta- niines insérées sur le tube de la corolle ; un oA^aire supérieur, à quatre lobes; quatre styles persistans ; quatre capsules rap- prochées, monospermes, mucronées par les quatre styles réunis.

Ses tiges sont étalées sur la terre , longues d'environ un pied , cylindriques, ramifiées, hérissées de poils blancs , garnies de

COL M

feuilles alternes, pétiolées , ovales , arrondies à leur sommet , crénelées, plissées, inégales à leur base, couvertes de poils Lianes, presque cotonneux. Les fleurs sont fort petites, pres- que sessiles, axillaires et latérales ; leur calice est hérissé de poils, et à quatre folioles droites , ovales-lancéolées ; la corolle est de la longueur du calice ; les anthères sont arrondies, les stigmates simples.

Peut-être faudra-t-il , d'après l'observation de M. de Jussieu , ajouter à ce genre, comme une seconde espèce, sous le nom de coldenia pentandra , une plante découverte au Pérou par Dombey, mais qu'il dit avoir cinq étamines, un seul style, le calice et la corolle à cinq divisions. ( Poir.)

COL D'OR. ( Ornith.) M. Levaillant a donné ce nom à un oiseau d'Afrique, qui lui a paru offrir tous les caractères exté- rieurs du rossignol, et dont les couleurs, aussi monotones, ne sont relevées que par la belle plaque jaune qui lui enve- loppe la gorge et une partie du devant du cou. Ce naturaliste, ayant tué l'oiseau pendant l'hiver, au Cap, n'a pu entendre sa voix; il a donné la figure du mâle et de la femelle, tom. 3, pi. 119 de son Ornithologie d'Afrique. (Ch. D.)

COLEBROKEA, Smith. (Bot.) Ce genre est le même que Velsholtia de Willdenow, établi pour quelques espèces d'hys- sope. Voyez Er^HO^TiA. (Poir.)

COLEBROOKIA, Donn. (Bot.) Ce genre est le même que le glohba. Voyez Globbéê. (Poir.)

COLEFISH. {Iclilhyol.) Voyez Coalfish. (H. C.)

COLEMELLE(7>of.),l'un des noms de l'agaric élevé, agaricus procerus, dans TOrléanois. Il est connu dans nos environs sous le nom de grisette. Voyez Fonce. (Lem.)

COLEMOUSE. ( Ornilh. ) L'oiseau qui porte ce nom en Angleterre, est la petite charbonnière, parus ater , Linn. (Ch.D.)

COLENICUI ou CoLENicuiLTic. (Ornith.) Voyez Colcui- cuiLTic. (Ch. D.)

GOLÉOPTÈRES, Coleoptera.(Entom.) Nom d'une grande di- vision , ou del'un des ordres principaux delà classe des insectes , qui comprend ceujii qui ont quatre ailes , et dont les supérieures , plus solides, recouvrent, comme des étuis ou des gaines , les ailes inférieures, membraneuses,, et le plus ordinairement

»2 COL

pliécs en travers. De le nom de coléoptères, imaginé pa» Linnasus. et tiré des rleux mots ^recs, koMoç, gaine, étui, et Tmpct, ailes. On a encore désigné ces insectes sons le nom d'ordre d'élytroptères, du mot èAt/T^or, qui signifie aussi gaine; et plus vulgairement on comprend ces insectes sous le nom général de scarabées, qui désigne maintenant l'un des genres de cette grande division.

Cet ordre correspond aux éleuthérates de Fabricius , nom tiré de la disposition des mâchoires , qui sont libres , ou qui ne supportent pas cet appendice appelé galette , lequel caractérise la bouche des orthoptères, que le même auteur appeloit lc« ulonates.

Dans l'état actuel de la science, on comprend donc sous le nom de coléoptères , la nombreuse tribu des insectes à quatre ailes, dont la paire supérieure est coriace, dure, courte, épaisse, le plus souvent opaque, réunie par une sorte de su- lure longiturlinale , convexe en dessus , recouvrant le ventre ; et deux ailes membraneuses, veinées, pliées en travers, le plus ordinairement transparentes. Tous ces insectes ont, sous l'état parfait, les parties de la bouche divisées en mandibules et en mâchoires propres à saisir et à diviser des alimens solides.

Ce groupe est des plus naturels : il rapproche des insectes qui ont entre eux les plus grands rapports, et qui diffèrent tle + 9US les autres par un grand nombre de caractères, comme ou va le reconnoître par les détails dans lesquels nous allons entrer.

Tous proviennent d'un œuf ovale, à coque molle, fécondé avant la ponte. Il en sort une larve , le plus ordinairement molle , à six pattes écailleuses, articulées; à tête cornée, smis yeux distincts , avec des rudimens d'antennes, des mandibules et des mâchoires plus ou moins développées, suivant la nature des alimens qui leur conviennent. Les larves ft'ont pas de cor- selet, pour la plupart; elles ont un abdomen plus ou moijis alongé, ou courbé sur lui-même, comme tronqué à l'extré- mité, composé de douze ou treize anneaux, dont neuf f;ont percés des deux côtés de boutonnières ou d'o^rifices corrcs- pondans aux trachées , et qu'on nomme stigrflates.

Les coléoptères restent pour la plupart très-lông-tempssoTis

COL 23

cette forme de larves, q^uelquefois même pendant trois on quatre années, tandis qu'à peine vivent-ils quelques semaines sous leur dernier état. C'est seulement sous la première forme que se fait leur accroissement, pendant lequel ils changent plusieurs fois de peau. Au reste , toutes ces diHerences tiennent à celle de la nourriture; chaque famille d'insectes coléoptères éprouvant des modifications qui ont été prévues par suite du climat, de la qualité des alimens , et d'autres particularités qui tiennent à l'ordre admirable que la nature nous montre dans les rapports respectifs de toutes ses productions. Ainsi les larves des herbivores, comme celles des chrysomèîes, des criocèresy des galéruques, prennent tout leur accroissement en quel- ques mois , et c'est sous la forme d'œufs que l'espèce se contintie et existe pendant l'hiver. D'autres, comme celles des prîo- cèrcs, des lamellicornes, des térédyles, passent plusieurs hi- vers sous la terre, elles se nourrissent de racines , ou dans l'intérieur du tronc des arbres, à l'abri des vicissitudes de la saison. C'est ce que nous remarquons dans les cerfs-volans, les hannetons, les cétoines et les capricornes. Enfin, il est quel- ques coléoptères, comme les rhinocèrcs, dont les larves se nourrissent et se transforment dans les fruits ou dans les se- mences des végétaux. C'est dans cette demeure , au centre de leurs alimens, que ces insectes passent, sous l'état de nymphe . toute la saison froide; et ils ne prennent des ailes, pour pro- pager leur race, qu'à l'époque s'opère la fécondation des plantes dans les germes desquelles leurs ceufs doivent ttrs déposés.

Toutes les larves des coléoptères changent de peau : elles muent plusieurs fois , à peu près comme les chenilles des lépidoptères. On a compté jusqu'à quatre ou cinq de ces changemens de peau dans les larves des ténébrions.

Les coléoptères, sous l'état de nymphe, ne prennent plus de nourriture; ils sont inactifs, immobiles, quoique toutes leurs parties soient distinctes. Immédiatement après lenr trnns formation, toutes ces nymphes sont d'un blanc plus ou moins transparent ou jaunâtre, et dans un état de mollesse extrême : la plupart se tapissent dans des cavités dont elles ont consolidé ios parois, pour en faire une espèce de coque. Sous vnc soite d'épiderme très-mince , lesgaîne&dc corne <|r<i doive-uUurtnei'

24 COL

toutes les articulations de leur corps , en logeant les muscles et les viscères, se consolident^ se colorent diversement, jusqu'à ce quelïnsecte ait acquis assez de force pour rompre les parois de sa coque et paroître au grand jour , s'il doit chercher sa nourriture à l'époque de la journée la chaleur et la lumière du soleil exercent toute leur influence ; ou dans les ombres de la nuit , si , comme dans les lampyres , les photophyges et les ligophiles, les ténèbres et l'obscurité sont nécessaires à la conservation de leur race.

Ou distingue, dans les coléoptères, comme dans tous les insectes, le tronc et les membres.

Le tronc est composé de quatre régions principales , la tête , le corselet, la poitrine et le ventre.

Les membres , au nombre de six, sont distingués en ailes : les supérieures, appelées élytres, et les inférieures, qu'on nomme simplement les ailes. Les pattes se distinguent en anté- rieures, moyennes et postérieures : elles sont toutes composées d'une hanche, d'une cuisse ou fémur, d'une jambe ou tibia, et d'un tarse, dont le nombre des articles varie.

La tête des coléoptères offre constamment à l'observation : le crâne, qui s'articule en arrière avec le corselet; la bouche, qui est formée de diverses parties disposées par paires à peu près symétriques ; deux yeux ; deux antennes.

L'articulation de la tête avec le corselet varie beaucoup , suivant le genre de vie de l'animal. Tantôt, l'axe de la plus grande longueur du crâne est parallèle avec celui du corps . comme dans les escarbots, les lucanes; tantôt, ainsi qu'on le remarque dans les charançons, les anthribes, les attelabes . la tête est articulée à angle droit avec le corselet.

La bouche se compose généralement des parties que nous allons indiquer: i." le chaperon, qui est un prolongement du crâne ou du front,auquelestattachée une partie mobile, impaire, déforme variable, qu'on nomme la lèvre supérieure ; 2.° les mandibules ou mâchoires supérieures, pièces solides, plus ou moins tranchantes et pointues ou dentelées, destinées à pin- cer, à saisir, à briser les alimens solides; 5.° les mâchoires proprement dites, beaucoup plus grêles, modifiées diverse- ment, suivant la nature des alimens, munies en dehors de deux appendices articwlés, appelés antennulcs maxillaires.

COL 25

ou mieux palpes supérieurs ; 4/ la lèvre inférieure , supportée par la partie inférieure de la tête ou de la gorge que l'on nomme encore ganache. Cette lèvre , souvent fendue ou four- chue , supporte deux autres antennules ou palpes, que l'on a nommés inférieurs ou labiaux. Toutes ces parties ont été décrites et étudiées, avec le plus grand soin, par quelques entomologistes, qui en ont fait la base de leur système. (Voyez BoDCHE dans les insectes.)

Les yeux des coléoptères ne sont qu'au nombre de deux; car cesinsectessont privés de ces sortes de tubercules que l'on anom- m es y eux lisses, ou mieux stemmates, dans les orthoptères, dans quelques névroptères et la plupart des hyménoptères. Ces yeux varient beaucoup pour leur situation respective eu égard aux autres parties, et surtout aux antennes. Ils sont le plus souvent arrondis, ovales, rarement en croissant; leur surface est cha- grinée. Le seul genre des tourniquets paroît avoir quatre yeux , l'œil étant partagé en deux portions distinctes, l'une supérieure et l'autre inférieure , à peu près comme dans le poisson appelé anableps et probablement dans le même but, l'insecte vivant à la surface des eaux, ayant à craindre des ennemis aqua tiques et terrestres, et devant poursuivre sa nourriture dans l'air et dans l'eau, milieux offrant à la lumière des densités différentes, qui dévoient appeler des modifications dans la structure de l'œil.

Les antennes, dont les usages ne sont pas encore bien déter- minés (voyez Antennes), offrent, dans les coléoptères, les plus grandes modifications ce qui a permis aux naturalistes de les considérer comme un moyen commode pour les réunir en groupes plus ou moins naturels. Elles sont dites en masse plus ou moins solide, feuilletée, lamellée , dentelée; en soie, en fil, en chapelet: delà les noms de stéréocères, hélocères, priocères, pétalocères, etc. Ces antennes varient dans les sexes, comme on le voit dans les mélolonthes, les cérocomcs, les meloes, lestaupins, les driles et beaucoup d'autres.

Le corselet ou le corcelet ( car les entomologistes ne sont pas d'accord sur l'orthographe de ce mot) supporte la tête, et précède la poitrine en dessous et les élytres en dessus: c'est sur cette pièce que s'articule la première paire de pattes. Sa forme varie considérablement, suivant les îrenr?3 et même les fa-

û& COL

milles. Tantôt le corselet des coléoptères est carré-arrondi, triangulaire, transversal ou très-large, linéaire ou très-Ion", bombé, aplati, concave, convexe, déprimé, rebordé, siiiué, épineux, pointu en arrière, etc. On nomme quelquefois ster- num la ligne saillante qui se voit entre l'origine des pattes antérieures , et qui, dansles taupins en particulier, se prolonge pour entrer, comme un ressort, dans une cavité correspon- dante de la poitrine.

La poitrine est à peine distincte, au premier aperçu. Dans les coléoptères, elle correspond à la partie qu'on nomme vul- gairement le corselet chez les hyménoptères. En dessus, oit ne la voit guère, parce qu'elle est cachée parles élytres, aux- quelles elle donne insertion, ainsi qu'aux ailes, dont elle loge les muscles. Souvent cependant la poitrine supporte, dans sa parlie moyenne et supérieure, une pièce plus on moins trian- gulaire et distincte, que Ton nomme écusson. Cet écusson est quelquefois très-petit, et manque tout-à-fait dans les anaspes ; il est très-grand dansles cétoines : il occupe constamment la partie supérieure de la suture dts élytres, qu'il sépare à leur base interne. En dessous, la poitrine se confond , pour la largeur et la forme, avec les premiers anneaux de l'abdomen. Mais elle porte constamment les deux dernières paires de pattes, et cette particularité suffit pour la faire distinguer. Sa partie moyenne et longitudinale se prolonge souvent en une sorte de sternum mousse ou pointu, comme on le voit dans les buprestes, les hydrophiles. D'autres fois, la poitrine est déprimée , et, en général, elle est, pour ainsi dire, moulée sur la forme des anneaux du bas-ventre. Dans les cnodalons, les érotyles , les chrysomèles, la poitrine se prolonge en avant, du côté du corselet, en une pointe plus ou moins obtuse, qu'on a encore nommée sternum. C'est sur les parties laléraies et antérieures de la poitrine des coléoptères, que sont insérées et articulées les élytres et les ailes membraneuses.

L'abdomen ou le venti'e des coléoptères fait suite à la poi- trine et se confond avec elle. En dessus, le ventre, qu'on nomme le dos, est recouvert et protégé par les élytres et par les ailes : il est ordinaix'ement très-mou; en dessous, on y distingue cinq ou six pièces cornées , articulées, plus ou moins dures, et rapprochées les unes des autres. C'est à son extrémité

COL 27

libre , plus ou moins mousse , ou pointue, comme dans les han- netons , que se trouve placé le cloaque ou Tamis, dont l'ouver- ture est transverse , et qui livre passage au résidu des alimens par le rectum qui y aboutit, et aux organes de la génération. Sur les côtés, chacun des anneaux du ventre présente une petite ouverture pour l'orifice des trachées, que l'on nomme StiGxMate. Voyez ce mot.

Les élytres ou gaines des ailes membraneuses ne peuvent que s'écarter du corps à angle droit. Elles ne frappent pas l'air dans le vol : une fols étendues , elles restent fixes , et leur écar- tement précède constamment le développement des ailes pro- prement dites. La forme, la consistance , la couleur de ces élytres varient beaucoup. Elles embrassent quelquefois l'abdomen, et ' se soudent complètement par la suture, ce qui entraîne cons- tamment l'absence des ailes. C'est ce que Ton voit dans quel- ques anthies, tachypes, parmi les créophagcs ; chez plusieurs brachycères et charançons; dans les lamies, les blaps, les eury- chores, les pimélies, quelques alurncs, quelques chrysomèles. D'autres fois, comme dans plusieurs galéruques, dans les méloës, les élytres, bien distinctes et séparées, ne protègent pas l'abdo- men entier, et cependant elles ne recouvrent pas les ailes membraneuses, qui manquent tout-à-fait; tandis que dans les rhipiphores, les molorques, les œdemères et les sitaridcs , les élytres, rétrécies, raccourcies, non réuniesdans toute leur lon- gueur par une suture , ne suffisent pas pour recouvrir l'étendue de l'aile membraneuse. On dislingue dans l'élytre, la base, l'extrémité libre, le bord interne correspondant à la suture .et à l'écusson , et le bord externe, qui embrasse plus ou moins l'abdomen. Chacune de ces parties offre des varictés très- iiolables, comme on le verra au mot Elytre.

f-es ailes membraneuses sont également insérées sur la partie iiipérieurc de la poitrine , en dedans de l'élytre qui les re- rouvre. Elles sont veinées, avec des anastomoses, à peu près comme celles des hyménoptères , particularité qui les distingue ,i:r celles des névroptères. A une ou deux exceptions près, jni ont été remarquées dans les rhipiphores, les molorques, tei ailes membraneuses sont coudées sur leur bord externe» : Viles forment une articulation en angle , qui permet à l'aile ^ yiii a ordinairement près du double de la longueur de l'ê~

=8 COL

lytre, de se cacher dessous, et de se plier en travers, par un mouvement de charniéi'e qui distingue encore ces ailes de celles des orthoptères. On n'a pas encore étudié les nervures de ces sortes de membranes : elles présentent cependant de très-grandes variétés dans les différens genres. Ainsi, dans les cicindèles, on voit constamment dans le coude de leur articu- lation, un espace plus transparent, borné par une sorte d'an- neau fibreux qui représente une sorte d'œil ou de trou circu- laire. Un ligament élastique ramène l'aile à l'état d'extension ou de flexion, à peu près comme l'articulation des jambes chez les oiseaux dits échassiers : de sorte que cette aile est constam- ment fléchie ou étendue, lorsqu'elle est fraîche et abandonnée à elle-même.

I,es pattes des coléoptères ont été plus soigneusement étu- diées par les naturalistes, parce qu'elles leur ont fourni des observations faciles et des caractères commodes pour la dis- tinction de sous-ordres , dans cette tribu très-nombreuse de genres, que l'on a même souvent désignée sous le nom de classe.

On divise les pattes en quatre articulations principales : la hanche, la cuisse ou fémur, le tibia ou la jambe, et le tarse, qui est lui-rtiême composé de plusieurs articles et de crochets.

La hanche, dans les pattes de devant ou thoracines, fait partie du corselet ; dans les autres pattes, dites moyennes et postérieures, cette partie se confond souvent, et se soude même quelquefois avec la pièce solide qui forme la poitrine en dessous. Tantôt la hanche est globuleuse, tantôt transverse. Elle est toujours subordonnée , par ses formes, à la nature des mouvemens de l'insecte , suivant qu'il a besoin d'une grande force, pour fouir la terre, pour saisir les corps, pour nager, sauter ou courir. C'est ainsi que les hanches des scarabées sont fort différentes de celles dçs carabes^ des dytiques, des capricornes , des altises.

Il en est de même du fémur ou de la cuisse, qu'on pour- roit appeler bras dans les pattes de devant. Cette pièce, ordi- nairement assez alongée, est tantôt arrondie, tantôt plate, globuleuse, rarement anguleuse, souvent sillonnée le long de son bord, comme dans les byri'hes, les escarbots et beaucoup d'autres, pour recevoir, dans sa longueur, l'un des bords de

COL 29

la jambe, auquel elle sert de gaîne, comme le manche à la lame des couteaux à ressort.

La jambe, ou la troisième partie des pattes, correspond à l'avant-bras et au tibia. Ses formes, ses proportions, varient comme celles delà hanche et du fémur. Ainsi dans les espèces de coléoptères qui fouissent la terre, comme les trox, les scara- bées, les scarites, la pièce de corne qui supporte le tarse est aplatie, souvent triangulaire, dentelée en dehors , tandis que cette sorte de tibia est plus ou moins alongée , plate , ou cylin- drique, dans les carabes, les capricornes ; terminéeparune ou deux éminences pointues, dans les hydrophiles, les dytiques.

C'estprincipalement le tarse que les entomologistes ont étu- dié avec soin, parce qu'ils se sont servis, depuis Geoffroy, du nombre de ses articles pour déterminer les sous-ordres dans cet ordre nombreux. Chez quelques màles de coléop- tères, comme dans ceux des hydrophiles et des dytiques, les articles des tarses, surtout ceux des pattes antérieures et des moyennes, sont dilatés en boucliers , spongieux en dessous, paroissant destinés à les faire adhérer plus aisément sur les élytresdes femelles, àl'époque de la fécondation. Dans d'autres, comme dans les lamellicornes, et surtout dans les scarabées , les articles sont très-grêles, tandis qu'au contraire, dans les lignivores , les rhinocères et dans les herbivores, ils sont larges, veloutés en dessous, et souvent à deux lobes.

On a fait cette remarque assez curieuse, et qui, jusqu'ici au moins, n'a été contrariée par aucune observation, que le nombre des articles aux tarses est semblable et constamment le même , dans les pattes moyennes et dans les antérieures ; de sorte qu'il sufîit de compter le nombre des articles despattes antérieures pour connoître celui des pattes moyennes, et ré- ciproquement. On a encore remarqué que le nombre des articles aux tarses est absolument le même sur. toutes les pattes , excepté dans certains genres qui ont quatre articles aux tarses posté- rieurs seulement et cinq à ceux de devant, et par conséquent aux moyens; et cette particularité a fait réunir tous ces genres en un seul sous-ordre, que nous avons le premier désigné, dans la Zoologie analytique, sous le nom adjectif d'hétéro- m.érés, et non d'hétéromères, comme l'ont adopté la plupart des entomologistes françois.

/

S5 COL

Cette considération nombre des articles aux tarses .1 donné lieu à l'établissement de cinq sections, ou sous-ordres, parmi les coléoptères. Ce sont ,

1." Les Pentamérés, qui ont cinq articles à tous les tarses, et que l'on a souvent désignés en écrivant ainsi ce nombre des articles, 6, 5, 5 :

2." Les HnTÉROMÉRÉs , OU à cinq articles aux deux premières paires de tarses, et quatre aux postérieurs, ou à articles des tarses disposés ainsi , 5, 5, 4 ;

3.° Les Tétramérés , ou à quatre articles à tous les tarses,

4,4,4;

4.° Les Trimérés, dont toits les tarses ne sont chacun com- posés que de trois articles, 3,3,3 ;

5.° LesDiMÉRÉs, ou à deux articles seulement aux tarses, 2,2,2.

Ces articles des tarses paroissent influer beaucoup , par Içur forme et par leur nombre , sur les mœurs et les habitudes des coléoptères ; aussi ont-ils servi à les rapprocher en genres et en familles très-naturelles. On ne compte jamais dans ce nombre des articles les crochets qui les terminent , comme des serres ou des grappins, dont il n'y a qu'un seul quelquefois, le plus souvent deux, simples ou fourchus, et rarement quatre.

Comme on a observé que les pattes intermédiaires sont tou- jours composées du même nombre d'articles que les anté- rieures, on ne considère celles-ci qu'à défaut des premières : s'il y en a cinq aux pattes postérieures , par l'examen des- quelles il faut toujours commencer, on peut être assuré qu'ils se retrouveront aux autres pattes; de même s'il y en a trois, ou deux seulement : mais lorsqu'on a compté quatre articles aux pattes postérieures , il faut toujours rechercher le nombre de ceux des tarses antérieurs ou des intermédiaires , ce qui est absolument indifférent. A l'aide de ce procédé, on arrive, avec la plus grande facilité, à la détermination des familles, d'après d'autres considérations.

Nous allons indiquer ici sommairement les familles qui ont été rapportées à chacune des cinq sections ou sous-ordres des coléoptères, en renvoyant à chacun des noms, sous leur ordre alphabétique de DméKÈs . HtiÉRO.MÉRÉs . PE^TA^lKF.És. Tetra-

COL îi

iiÉRÉs €tTRiMT^iRKS, Ics obscrvatioiis plu^ ciicanstanciées qui les ont fuit élablir.

Parmi les Pentamérés, ou coléoptères à cinq articles à tous les tarses, se trouvent compris des insectes de mœurs et d'ha- bitudes très-dilférentes. On les a rangés en dix groupes ou fa- milles naturelles, d'après les considérations suivantes, que nous allons extraire de l'un de nos tableaux de la Zoologie ana- lytique.

Les uns ont les élytres très-courtes, ne couvrant pas le ventre; ce sont les hrévipennes ou brachéljtres , comme les staphylins. On les trouve dans les lieux humides, sous les ca- davres, dans le fumier , sur les champignons; en général, par- tout où des corps organisés se décomposent. Quelques-uns cependant se rencontrent sur les fleurs. Leurs antennes sont nionilifornies ou à articles arrondis, grenus ou globuleux, comme des grains de chapelet.

Tous les autres coléoptères pentamérés ont les élytres longues, couvrant le ventre; mais les uns, comme les molli-' pennes ou apaljtres , ont ces ailes supérieures tellement molles et flexibles, qu'on en a emprunté leur nom, tels sont les télé- })hores , les malachies, les lampyres ou versluisans. Ils se nour- rissent de petits animaux. On ne connoît pas encore très-bien leur manière de vivre sous l'état de larves.

Chez tous les autres pentamérés , les élytres sont dures et alongées sur le ventre ; mais les uns ont les antennes en masse , et les autres en fil ou en soie. Parmi ces derniers, les uns, qu'on a uommés térédyles ou perce-bois , parce que leurs larves dévorent le tronc des arbres, ont le corps arrondi, convexe , alongé ; tels scfnt les vrillettes , les limexylons ou ruine-bois. L'aplatissement du ventre et de la poitrine réunit les autres espèces, à antennes non en masse, tantôt dentées en forme de peigne, avec un corselet terminé en arrière par deux pointe» et prolongé en dessous en une sorte de sternum : de le nom de sternoxes ou thoraciques. Tantôt ces antennes ne sont pas dentelées, et les espèces ainsi conformées se rap- portent à deux familles, que la forme des tarses dénote dan» leurs principales habitudes. Celles qui vivent dans l'eau , et qu'on nomme nectopodes ou rémipèdes , sont carnassières, et ont les tarses, surtout les postérieurs, à articles aplatis,

33 COL

ciliés en forme de rames ou de palettes, tels sont les dy- tiques. Les autres n'offrent pas ce caractère , parce qu'elles vivent sur la terre, elles se nourrissent de proies vivantes ; on les a nommées créophages ou carnassiers. C'est à cette famille que les carabes appartiennent.

Quant aux coléoptères à cinq articles à tous les tarses, qui ont les antennes en masse, on remarque dans cette masse, des articles en forme de lames ou de feuillets, soit d'un seul côté, comme dans les priocères ou serricornes , comme dans les lucanes, dits vulgairement cerfs-volans , soit à l'extrémité, comme dans les hannetons , les scarabées, que l'on désigne sous le nom commun de la famille des pétalocères ou lamelli- cornes. Les espèces à antennes en masse non lamellée , ont tantôt cette partie ronde et solide, tantôt alongée à articles comme percés d'outre en outre ou perfoliés : les premiers , comme les escarbots, les anthrènes, sont dits stéréocères ou solidicornes ; les seconds, comme les boucliers, les nécro- phores, les nitidules, sont appelés hélocères ou clavicornes.

Voici l'ordre naturel dans lequel ces dix familles doivent être étudiées d'après leurs rapports :

i.^Les créophages, 2.° les nectopodes, 3." lesbrachélytres, 4.° les pétalocères, 5.° les priocères , 6.° les hélocères, 7.° les stéréocères, 8.° les sternoxes , 9.° les térédyles, 10." les apa- lytres.

Les coléoptères à cinq articles aux tarses des deux pre- mières paires de pattes seulement, et quatre aux postérieures, que l'on nomme les hétéromérés , fuient le plus souvent la lumière, ne volent ou ne marchent que le soir, et se re- tirent dans les lieux obscurs. Tous, sans exception connue jusqu'ici, se nourrissent de substances végétales, et ils les préfèrent lorsqu'elles commencent à se décomposer. Il y a aussi parmi eux des espèces à élytres molles, mais moins flexibles que dans la dixième famille des pentamérés.; ils ont emprunté leur nom de l'une des plus importantes propriétés dont l'homme ait fait usage, étant employés dans tous les pays pour produire des vésicatoires : de , le nom d'epispas- tiq^ues ou àe vésicans ; tels sont les cantharidcs et les mylabres.

Tous les autres coléoptères hétéromérés ont les élytres dures i mais leurs antennes varient : dans les uns, elles sont

COL 3!^

en fil , souvent dentelées et grenues; dans les autres au con- traire, elles sont à articles arrondis, globuleux. Les espèces à antennes filiformes se partagent en deux familles par la forme des élytres, qui, dans les uns, comme dans les nécydales les œdémères, les ont rétrécies à leur extrémité libre ; de leur nom d''angustipennes ou sténoptères : et tantôt larges, comme dans les cistèles, les cardinales, qu'on a nommées ornéphiles ou sjlvicoles , parce qu'elles vivent dans le tronc des grands arbres.

Quelques hétéromérés à élytres dures et à antennes grenues ont les élytres soudées, et sont privés d'ailes membraneuses ce qui les met dans l'impossibilité de voler; la plupart ne sor- tent que la nuit, comme les blaps ou ténébrions dits à pro- longeinens , les pimelies : on leur a donné le nom collectif de famille tiré de leur habitude ; on les appelle lucifuo-es ou potophj'ges. Tous les autres ont des ailes : mais, si leurs an- tennes se terminent par une masse alongée, comme dans les ténébrions proprement dits , les opatres , on les nomme lygo- philes ou ténébricoles ; et si, comme dans les diapères, les bolé- tophages , etc. , cette masse des antennes est arrondie , les "^enres se réunissent sous le nom de famille commune qui indique leur genre de vie, celui de fnjcétobies ou de fongivores.

Les six familles de coléoptères hétéromérés se présentent donc dans l'ordre naturel suivant :

11." Les épispastiques , 12.° les sténoptères, i3.° les orné- philes, 14.° les Jygophiles, i5.° les potophyges, et 16." les mycétobies.

Viennent ejnsuite les coléoptères qui ont quatre articles k, fous les tarses , et que l'on nomme les Tétram^rés ; cinq fa- milles composent cette section, à laquelle on a aussi rapporté deux genres anomaux.

Un groupe très-naturel comprend tous les insectes voisins des charançons, qui ont les antennes portées sur une sorte de bec ou prolongement du front ; on les a nommés , à cause de cette conformation , les rhinocères ou rostricornes. Tous pro- viennent de larves qui se nourrissent de végétaux , ainsi que les insectes parfaits.

Deux autres groupes ou familles ont les antennes en masse, et vivent pour la plupart dans le bois ou dans les substance» io. 3

34 COL

végétales. Les espèces qui ont le corps cylindrique sont dites cylindriformes ou cjylindroïdes ; tels sont les clairons, les bos- triches ; et celles qui ont le corps déprimé sont appelées pla- niformes ou omaloïdes. Les ips , les lyctes , les hétérocères appartiennent à cette division.

Les autres espèces de coléoptères tctramérés , qui n'ont pas les antennes en masse ni portées sur une sorte de bec , les offrent tantôt en soie, tantôt en fil. Les premières forment la famille des xylophages ou lignivores : tels sont les capri- cornes, les leptures. Ils vivent tous, sans exception , dans le bois ils se développent.

La dernière division des pentamérés comprend toutes les espèces dont les antennes sont en fil, ou de même grosseur à l'extrémité libre qu'au point d'insertion ; deux genres ano- maux appartiennent à cette division : ce sont les Spondyles et les CucujES (voyez ces mots), qui ont le corps alongé , et les phytophages ou herbivores , comme les chrysomèles , les crio- cères, les donacies, lescassides, qui l'ont ovoïde ou arrondi. Toutes ces espèces vivent sur les plantes, sous les deux états de larves et d'insectes parfaits.

En résumé, la section des coléoptères tétramérés comprend les familles suivantes :

ly.^Les rhinocères, iS.^les cylindroïdes, 19.° les omaloïdes, 20.° les xylophages, 21.° les phytophages, et les deux genres de groupe incertain que nous avons indiqués.

Le quatrième sous-ordre parmi les coléoptères réunit tous les genres dont les tarses n'ofï'rent que trois segmens ou articles, et qu'on a nommés, à cause de cela, 22.' famille, les trimérés ou tridactyles : telles sont les coccinelles, ou bétes à Dieu , et les endomyques.

Enfin, dans une- dernière section, ou cinquième sous- ordre , on a réuni quelques petites espèces de coléoptères auxquelles on n'a reconnu que deux et même un seul article aux tarses; on les a désignées comme une 2 3,* famille , les di- mérés ou didactyles : tels sont les psélaphes , les clavigères. On les trouve dans les lieux humides, et ils sont si petits qu'on n'a pas encore observé leurs mœurs.

.INous venons d'indiquer les principales différences que les.

COL 55

parties fies coléoptères ont uni reconnoître aux naturalistes, et l'avantage qu'ils out retiré de cette étude pour disposer par groupes naturels cette nombreuse série d'insectes : il sera facile, d'après ces indications, de parvenir à la connois- sance des sections ou sous-ordres, et à celle des familles. Sous chacun des noms qui out servi à les désigner, ou trouvera des détails plus circonstanciés, et sur les genres qui s'y rap- portent, et sur les particularités de mœurs qui peuvent inté- resser dans leur histoire. (C. D.)

COLÉOPÏILE, Coleoptila.(Bot.) Laplumule, observée dans la graine ou dans les premiers momcns de la germination, s'offre ordinairement nue; telle est, par exemple, celle de la fève, celle des graminées, etc. Quelquefois on la trouve en- fermée dans une espèce d'étui ; celle de l'alisma et des liliacées, par exemple, est dans ce cas. C'est cet étui qu'on nomme co" léoptile, Laplumule, munie d'une coléoptile, est aile coléoptilée. La plumule coléoptilée n'est visible qu'au moyen de la dissec- tion, ou lorsque , par l'effet de la germination, elle a déchiré cette enveloppe pour s'ouvrir un passage. (Mass.)

COLÉORAMPHE. {Ornith.) Forster a formé, dans son Enchi- ridion, le genre Chionis avec un oiseau trouvé sur les rivages des mers australes, et qui présentoit le singulier caractère d'un bec dont la mandibule supérieure étoit couverte d'une gaîne cornée, mobile etlacérée à l'extrémité. Le terme chionis a été changé en celui de vaginalis par Pennant, Latham , Gmelin ; et Bonnaterre l'a traduit en frauçois par bec-en-Jourreau , expression à laquelle l'auteur de cet article a , pour la première fois, proposé, dans ce Dictionnaire, de substituer celle de co- léoramplie, que M. Vieillot a, depuis, employée pour dés'gner la neuvième famillede ses échassiers. Outre la gai , qui suffi- roit pour le faire reconnoxtre, ce genre présente d'autres carac- tères, qui consistentdansunbec i'ort, conico-convexe, épais, comprimé, plus court que la tùiv ; des narines ovales, oetites, et en partie couvertes par ie fourreau ; une langue cartilagi- neuse, arrondie en dessus, plate en dessous, et pointue à l'ex- trémité; la face nue, mamelonnée; le pli de l'aile garni d'un bourrelet obtus ; les tarses courts, robustes et sans plumes jus- qu'au-dessus du genou ; les pieds tétradactylcs ; le doigt du milieu uni par la base au doigt extérieur.

36 COL

La seule espèce de ce genre qui soit connue est le Coléo- RAMFHÉ BLANC , CoUoramphus niyalis , Dum. , ou Vaginalis alba, Gmel., laquelle a été figurée pi. 89 du Synopsis de Latham. Elle a quinze à dix-huit pouces de longueur; sa taille est celle d'un grand pigeon ; son bec est noir, la gaîne jaune ou noi- râtre; les joues des adultes sont garnies de vennics d'un jaune pâle , et il y en a une brune et plus large au-dessus des yeux ; l'iris est de couleur plombée ; tout le plumage est d'un blanc de neige ; la protubérance du pli de l'aile est noirâtre ; ses jambes, vigoureuses et courtes, sont de couleur rougcâtre, et ses ongles noirs.

Ces oiseaux , que les navigateurs ont trouvés à la Nouvelle- Zélande et sur les autres côtes des mers australes , paroissent éprouver beaucoup de variations dans leurs couleurs avant de parvenir à leur état parfait ; car on en a vu qui avoient les ailes brunes et les pieds noirs, d'autres dont les ailes étoient d'un bleu pâle , et d'autres , enfin, dont les ailes étoient noires et le bec brunâtre. Les coléoramphes se réunissent en troupes sur le rivage , ils se nourrissent de coquillages et de poissons morts ; leur chair est fort mauvaise. (Ch. D.)

COLÉORRHYZE, Colcorrhjza. {Bot.) La radicule observée dans la graine est, dans certains végétaux, de même que la plumule, enfermée dans une espèce d'étui clos.de toutes parts, de manière qu'on ne peut la voir qu'au moyen de la dissection , ou lorsque la germination a déchiré cette enveloppe. L'étui de la plumule porte le nom de coléoptile , et celui de la radicule est nommé coléorrhyze. On a des exemples de radicule coléor- rhyzée, ou munie d'une coléorrhyze, dans les graminées, la grande capucine, etc. Après la germination, la coléorrhyze, percée à son extrémité, reste à la base de la radicule , sous la forme d'une petite gaîne. Parmi les végétaux les plus rappro- chés par l'ensemble des caractères , les uns ont une coléorrhyze , tandis que les autres en sont privés. (Mass.)

COLEOSANTHUS. {Bot.) [Corjmbifères , Juss. ; Sfngénésie polygamie égale, Linn.] Ce nouveau genre de plantes, que nous avons établi dans la famille des synanthérées, appartient à notre tribu naturelle des eupatoriées, et à la section des eupatoriées-liatridées , dans laquelle il doit être placé auprès du Icuhnia.

COL 37

La calathide est incouronnée , équaliflore , multîflore , ré^u- lariflore, androgyniflore. Le péricline , égal aux fleurs, est formé de squames irrégulièrement imbriquées , lancéolées-acu- niinées, foliacées , membraneuses sur les bords, munies de plu- sieurs nervures simples, saillantes. Le clinanthe est plane , hérissé de courtes fimbrilles pilifornies. L'avaire est cylindracé , cannelé , hispide , muni d'un pied et d'un bourrelet apicilaire» L'aigrette, plus longue que la corolle, est composée desqua- meliules nombreuses, subunisériées, presque égales, droites, filiformes, régulièrement barbellulées. La corolle est cyliudra- cée, membraneuse, à peine enflée en sa partie moyenne^ étrécie en sa partie supérieure , divisée au sommet en cinq^ lobes courts, sublinéaires, calleux à l'extrémité. La base du style est entourée d'une zone épaisse de poils laineux. Les stigmates et les étamines offrent tous les caractères propres à la tribu des eupatoriées.

Le COLÉOSANTHE DE Cavanilles (Coîeosanllius Cai>anillesii j H. Cass. ; Bull. Soc. philom. , avril 1817) est une plante que nous avons observée dans l'Herbier de M. de Jussieu, à qui elle a été envoyée de Madrid par Cavanilles, sous le nom de conjza, avec doute. Elle est accompagnée d'une note indi- quant que l'échantillon n'est qu'un petit rameau axillaire d'un individu de six pieds de haut , à tige cylindrique , glabre. Ce rameau est cylindrique, strié, garni de petits poils capités, et de longs poils subulés, articulés ; ses feuilles sont opposées, pé- tiolées , ovales , dentées en scie , pubescentes sur les deux faces ; les calathides , portées sur des pédoncules grêles, nus, oppo- sés, forment une panicule régulière à l'extrémité da rameau ; ics corolles sont jaunes, comme les styles et les stigmates , et, très-remarquables par leur forme insolite, imitant un étui, ( H. Cass. )

COLES. (Bot.) Voyez Cola. (J.)

COLETTA-VEETLA. (Dot.) Selon Rheede, c'est, le. nom malabare du barlcria prionitis , qui , dans la langue des Brames, reçoit celui de gontua. (J. )

COLEUS. (Bo/.) Voyez CoLioi.E. (Poir.)

COLFISH {Ichth/yol.) , [poisson noir], espèce de raorue,. ainsi nommée par les Hollandois et les Anglois, Ils la font sécher, et le peuple et les matelots en font une grande can-

58 COL

sommation , dit Gesner , de Aqualilib. , pag. i o5. Voyez Morue. (H.C.)

COLHERADO. (Ornith.) Suivant Marcgrave, les Portugais donnent ce nom à Yaiaia du Brésil , c'est-à - dire, à la spatule couleur de rose . platalea aiaia , Linn. ( Cii. D. )

COLl. (Ornith.) Suivant le P. Paulin, lom. i,pag. /p 5 de son Voyage aux Indes orientales, ce nom, et celui de coszhi , sont donnés, daiis le Malabar, à la poule domestique. (Ch.D.)

COLIADE (Ertfom.), CoUades . nom d'une division de papil- lons de jour, indiquée par MM. Fahricius et LatreiHe, pour y ranger les espèces dites la cléopafre, le citron , papilio-cleopa^ tra, rhamni , qui sont des piérides ou danaïdes blanches de Linnœus. Voye?. Piérides. (C. D. )

COLIAjNDER (Bot.) , nom belge de la coriandre , suivant Mentzel. (J. )

COMAIîT. (Jchthjol.) C'est un des noms vulgaires de la raie cendrée, raja bâtis, Linn. Voyez Raie. (H. C.)

COLIAS. [IcJi-lhjol.) Ko^ioLç est un mot employé par Aris- tote pour dcsigaer un poisson de la mer Méditerranée, qui vit en troupes, et qu'il semble })laccr auprès du maquereau {Hist. Aniin., iib, 5, c. 9; iib. 9, c.-^). Piondeleten fait une espèce de niiiquerjniij. [i est probable que c'est le scomher colias ou pneiinuitvphorus. Cette présomption est fortifiée par un passage de Pline, qui dit : Colias,.,. lacerlorurn miaimi ,Vib,X^XSïl,c, 1 1 ; et l'on s;iit que Its jjoissons appelés lacerti par les Latins sont ceux du geure dL's maquereaux. Au reste, Gaza a traduit zoXi&ç par moiiediiLu. et Scaliger par gracculus. Voyez Mavjueukau. (H.C.)

COLfi^RI. (Ornith,) Les oiseaux connus sous les noms de colibris et d'oiseaux-mouches ont ensemble de très-grands rappoiJs, qui s'étendent même à tous ceux auxquels peut s'a'jjjjiquer la dénomination générale de suce-tleurs, d'après leur nourriture principale et la manière dont ils se la pro- curent. U;:e lai'gue loîigue et terminée en plusieurs filets constitue le caractère fondamental des oiseaux qui ont la faculté de pomper le suc des fleurs. Cette langue en trompe établit méuie entre certains insectes et les oiseaux de cette famille, si remarquable par la petitesse de la taille et par la heauté des couleurs, une analogie qu'on observe jusque dans

COL ^

des détails qui paroissent tenir moins directement à l'orga- nisation. SI les oiseaux-mouches et les colibris voltigent sans cesse vis-à-vis des fleurs, comme les sphynx, il résulte des observations de M. Levaillant que ses sucriers, qui corres- pondent aux soui-mangas, se posent à côté, comme les papil- lons : mais le mécanisme des attaches de la langue de tous les oiseaux vivant de miel ou de matières sucrées, qui ressemble beaucoup à celui de la langue des pics, les met à portée de la lancer à volonté ; et la courbure ou la rectitude du bec fournit aux espèces des moyens variés d'atteindre le fond des calices plus ou moins tubulés, selon les plantes auxquelles ehacune d'elles donne la préférence.

Les oiseaux qui ont ce genre de vie, offrent tant de points de contact, avec si peu de différences dans les caractères extérieurs que , pour éviter des répétitions dans leur histoire et des méprises dans l'application de ces caractères, on seroit tenté de ne pas rompre une association dont ils portent des signes manifestes ; et l'on pourroit, d'après les principes de M. Levaillant, se borner, en quelque sorte, à la considéra- tion des tarses, pour distinguer les sucriers qui les ont plus longs, des colibris chez lesquels ils sont plus courts : mais nos méthodes, qui ne peuvent jamais être parfaitement natu- relles, et offrir à la fois des coupes bien tranchées, doivent, par-dessus tout , tendre à faciliter la connoissance des es- pèces; et lorsque ces espèces sont aussi nombreuses que dans la grande famille qui paroît vivre de la substance mielleuse des végétaux , on ne sauroit guère se dispenser de recourir à des caractères, mêmefoibles, ou quelquefois même peu cons- tans, afin de parvenir au moins à diminuer le travail par la séparation des masses en groupes particuliers. C'est ainsi que, sans parler des guit-guits, dont la langue est ciliée et non ter- minée par des filets, on pourroit former ce premier tableau : [ tarses coiiits; f bec arqué. . . Colibris.

Languedmsee à,/ bec droit . . . Oiseaux-mouches.

eu deux blets j \ ^ ' ^

I tarses longs; douze pennes a

V, la queue Soui-MAKGAS.

Quoique entre les colibris et les oiseaux-mouches, les pre- miers soient, en général, d'une taille plus forte, et que leur bec ait une courbure plus ou moins considérable, les extré-

40 COL

mités de chacune des deux sections se touchent presque au point de se confondre; mais cette considération ne paroît pas suffisante pour empêcher de les établir, et, au risque de se tromper sur la place réelle de quelques espèces, il n'en semble pas moins utile d'assigner à la plupart celle qu^elles doivent occuper.

Un autre inconvénient peut résulter du choix à faire entre l'établissement de genres et la simple formation de sections. En adoptant ce dernier parti , les branches de la même fa- mille restent plus enchaînées ; mais l'identité de nomencla- ture, dans le langage de la science, détruit, pour ainsi dire, l'avantage qu'on pouvoit se promettre de cette sorte de divi- sion ; etj en ne perdant pas de vue le grand rapprochement qui existe entre des genres effectivement très-voisins , il paroît plus à propos , pour éviter la confusion , de fixer les idées sur ui^e dénomination générique différente, que de les laisser flotter dans le vague qui résulteroit de la conservation des mêmes noms. Quoique Linnaeus, Gmelin, Latham, etc., aient désigné par la dénomination commune de trochilus les colibris et les oiseaux-mouches, on croit donc pouvoir, d'après MM. de Lacépède, Duméril et Cuvier, en restreindre l'application aux colibris, et réserver celle à'orthorynchus , proposée par le pre- mier de ces auteurs, aux oiseaux-mouches. Il est vrai que ses racines annoncent seulement la rectitude du bec, et que, si ce terme offre un caractère opposé à la courbure assez générale du bec des colibris , il est susceptible d'application à bien d'autres oiseaux; mais les noms de meliisuga et nectarinia, employés par Brisson etparlUiger, n'expriment également qu'une qualité commune à tous les suce-fleurs. Quant au nom françois, celui de mouche feroit confondre un oiseau avec un insecte, et il faut se garder le plus possible des innovations, lorsqu'elles ne sont pas d'une justesse ou d'une nécessité évidente.

Les colibris, trochilus, ont la taille plus alongée, plus svelte et plus légère que les orthorinques, qui sont aussi , en général, plus petits, et ont le bec pins sensiblement renflé au bout. Presque tout le reste est commua entre eux. La tête des uns et des autres est petite et rétrëcie en devant; leur bec est grêle, plus long que la tête, déprimé; la mandibule supérieure re- çpUVre l'inférieure; la bouche est très-étroite; ou voit upç.

COL 41

petite membrane au-dessus des narines, qui sont linéaires et situées à la base du bec ; les branches postérieures de la langue s'attachent aux cornes de Fos hyoïde, et , comme celles-ci se relèvent en arrière jusqu'au-dessus du crâne, et viennent s'implanter sur le front, la langue peut , par une espèce de ressort, être lancée au dehors, ou rentrer à vo- lonté , sans que l'oiseau ouvre la bouche. Cette langue n'ayant encore été disséquée en Europe qu'après un ramollissement artificiel, elle a paru aux uns offrir deux demi - cylindres creux adhérens l'un à l'autre jusqu'au-delà du milieu de leur longueur, oii elle se divise en deux filets convexes à l'exté- rieur, concaves à l'intérieur; suivant d'autres, sa base est formée de deux tuyaux cartilagineux , et c'est ainsi que M. Vieillot en a fait dessiner les différentes parties. Les pieds, très-petits, emplumés jusqu'aux talons, et impropres à la marche, ont quatre doigts, dont trois devant et un derrière, tous séparés jusque vers leur origine; les ongles sont rétrac- tiles, courts et fort aigus. Les ailes sont longues, étroites; et, comme toutes les pennes qui suivent la première se rac- courcissent promptement, elles présentent la forme d'une faux. Cette circonstance, jointe à la brièveté de leur humérus et au défaut d'échancrure dans le sternum , achève de constituer, pour les colibris , un système de vol pareil à celui des marti- nets. La queue, dont la couleur n'est guère changeante, est composée de dix pennes un peu étalées , bien garnies de barbes et plus fortes que celles des ailes. Avec cet appareil et un croupion vigoureux, les oiseaux- mouches et les colibris peuvent, à leur gré, se balancer en l'air, bourdonner autour des plantes, voler avec tant de rapidité qu'on n'aperçoit pas leurs mouvemens, s'arrêter, se retourner subitement, et se montrer enfin les plus actifs dft tous les oiseaux.

Il y a eu, sur la nourriture des colibris, des débats qui ne sont pas encore terminés. M. Badier a prétendu , dans une note insérée au Journal de Physique, mois de Janvier 1778 , qu'on s'étoit trompé en supposant , à raison de leur peti- tesse, que ces oiseaux dévoient avoir un genre de nourriture particulier, un aliment plus délicat. Après avoir tué plusieurs colibris et orthorinques à la Guadeloupe , et les avoir ouverts sur-le-champ, il a trouvé leur gésier rempli de divers insectes

<i^' COL

et d'aptères entiers ; l'œsophage de l'un d'eux renfermoit une araignée qu'il n'avoit encore pu avaler, et ces faits ont porté l'observateur à en conclure que les oiseaux-mouches étoient entomophages, comme tant d'autres. S'il eu éloit ainsi, les filets de la langue, qui sont considérés comme des suçoirs, ne feroient plus que l'orfice d'une pince, pour saisir les petits insectes englués en quelque sorte dans le calice des fleurs.

M. d'Azara, qui a\vu les oiseaux dont il s'agit sédentaires au Paraguay et dans les environs de la rivière de la Plata, il n'y a ni bosquets ni Heurs pendant l'hiver , en a conclu aussi qu'ils dévoient avoir alors une nourriture autre que le suc des fleurs, et en les vojrant visiter les toiles d'araignées, il lui a semblé qu'ils mangoient ces insectes. Si ce fait est cons- tant, il vient à Tappui de l'opinion de M. Badier, qui af- firme que, même en été, ce sont les insectes que les colibris cherchent dans le nectaire des fleurs; et il s'ensuivroit aussi que ces oiseaux, qui, d'après l'auteur espagnol, tiennent le bec fermé lorsqu'ils lancent la langue (moment cette atti- tude peut en effet contribuer à la diriger et à lui conserver la fermeté nécessaire) . l'ouvrent en la retirant, pour donner passage aux insectes qu'elle a saisis.

Il paroit aussi, d'après un Mémoire inséré par extrait dans le Bulletin de la Société philomatbique, année 181 5, pag. iga, que M. de Blainville en avoit précédemment lu un autre dans lequel il embrassoit la même opinion; et l'on pense que la dissection de la langue dans un état de fraîcheur , en fai- sant mieux connoitre sa contexture dans toute son étendue, pourroit jeter un nouveau jour sur la question; mais, en atten- dant, plusieurs naturalistes ont pris le parti de présenter les oiseaux-mouches comme se nourrissant tout à la fois de sucs végétaux et dïnsectes, sans entrer dans d'autres détails sur la manière variée dont se doit opérer, avec le même instru- ment, la déglutition de substances si différentes.

M. d'Azara représente les colibris comme solitaires. Sfed- man dit, au contraire, tom. III, pag. 6, de son Voyage à Surinam , qu'il a vu sur des tamariniers un si grand nombre d'oiseaux murmures réunis , qu'on les eut pris pour un essaim de guêpes, et que le lieutenant Sweldens en faisoit jour- nellement tomber plusieurs, en leur jetant des petits pois

COL 45

ou des grains de maïs avec une sarbacane. Il y auroit mcj^en de concilier ces deux faits par la distinction des époques, quand Sounini n'affînneroit pas que souvent les oiseaux- mouches se réunissent dans les mêmes cantons, sans doute l'abondance des fleurs les attire , qu'ils voltigent plusieurs en- semble en se croisant sans cesse, et que, pendant la plus J'orte chaleur du jour comme dans la nuit, ils se tiennent perchés sur les mêmes branches d'arbres ; le reste du temps ces oiseaux volent de fleur en fleur, sans être effarouchés par la présence d'un individu , jusqu'à ce qu'un mouvement pour les prendre les fasse fuir, en prononçant d'un ton aigu les syllabes tère , tère.

Les nids que construisent les oiseaux-mouches et les coli- bris, répondent à la délicatesse de leurs corps. Faits avec du coton ou une bourre soyeuse, iis sont fortement tissus , de la consistance d'une peau douce et épaisse , et revêtus à l'exté- rieur de petits morceaux de gommiers : ces nids sont attachés par les premiers à des feuilles d'oranger, et quelquefois à uu simple fétu pendant de la couverture d'une case; mais les coli- bris le posent le plus ordinairement sur une branche d'arbre, et le recouvrent à l'extérieur des lichens qui croissent sur l'arbre il est placé. La femelle dépose dans le nid deux petits œufs blancs, qu'elle couve tour à tour avec le mâle, et d'où sortent, au bout de treize jours, des petits qui ne sont pas alors plus gros que des mouches. Dutertre prétend qu'au lieu de leur dégorger des alimens, comme les autres oiseaux, la mère leur fait sucer sa langue couverte de mélasse. On est parvenu à en nourrir, pendant plusieurs mois, avec du sirop, du miel, ou une pà'e très-tine ; et Latham parle de colibris apportés vivans en Angleterre , et d'une femelle qui , prise sur son nid , a couvé en captivité. Ces oiseaux défendent courageusement leur progéniture contre d'autres bien plus forts qu'eux.

Les colibris , comme les oiseaux-mouches , se laissant faci- lement approcher, on peut les prendre en se plaçant dans un buisson fleuri , avec une verge enduite de gomme gluante, dont on frappe l'oiseau lorsqu'il bourdonne près d.'une fleur ; mais cette méthode a l'inconvénient de gâter leurs

44 COL

bacane, ou les étourdir avec de l'eau lancée par une seringue. On peut aussi employer un filet de gaze verte, construit comme ceux dont on se serf pour attraper les papillons.

C'est à la structure particulière des plumes écailleuses qui garnissent surtout la gorge et la tête de ces oiseaux, qu'est leur éclat métallique , et le système de M. Malus sur la polari- sation de la lumière paroit le plus propre à expliquer la cause des reflets et des changemens de couleur qu'on y re- marque, et dont on ne sauroit donner de raison plausible qu'en la tirant de la diversité des angles d'incidence qui ré- sultent des différens aspects sous lesquels elles se présentent. Audebert est entré sur cette matière dans des détails assez étendus, qu'il a développés à l'aide de fort belles planches, dans son Histoire des Colibris et des Oiseaux-mouches, conti- nuée, après sa mort, par M. Vieillot.

Les auteurs qui se sont le plus attachés à la connoissance des espèces dans les familles d'oiseaux qu'ils ont étudiées avec soin , sont d'accord sur les difficultés extrêmes que présente leur détermination dans celle des oiseaux suce -fleurs en général , qui changent de livrées plusieurs fois l'année , et offrent, dans les intervalles des grandes mues d'hiver et d'été , des bigarrures telles que , dans un nombre considérable d'in- dividus , on n'en trouveroit pas deux parfaitement semblables. Aussi M. d'Azara regarde-t-il la construction des nids comme plus propre à éclaircir les doutes à cet égard , qu'un plu- mage si souvent différent de lui-même ; et, comme il ne s'est pas occupé de ce genre d'observations, en bornant k onze ses picaflores (becque-fleurs de Sonnini) , il craint encore d'avoir multiplié les espèces, n'ayant pu reconnoitre avec certitude aucune de celles que BufFon a décrites , quoiqu'elles appar- tiennent aux mêmes contrées. C'est, dans un tel état de choses , avec très -peu de confiance qu'on va faire mention de la plupart des colibris qui ont été regardés comme des espèces réelles et distinctes.

Colibri topaze : Trochilus pella , Linn., pi. 02 d'Edwards, 559 de BufFon, fig. i; des Mélanges de Schaw, n.° 5i3 ; et 2 et 3 des Oiseaux dorés d'Audebert , mâle et femelle. Cette espèce, une des plus grandes et la plus belle du genre , a la taille mince, svelte, et presque égale à celle de notre

COL 45

grîmpereau. L'oiseau a environ six pouces depuis la pointe du bec jusqu'à celle de la queue , sans y comprendre les deux longs brins. Le dessus de la tête est d'un noir velouté, qui entoure une large plaque de couleur topaze, changeant en vert, dont la gorge est ornée; le cou, le haut du dos et la poitrine , sont d'un marron pourpré, plus brillant encore sur le ventre ; les épaules et le bas du dos sont d'un roux aurore, les grandes pennes de l'aile d'un brun-violet, et les petites rousses ; les pennes latérales de la queue sont rousses, ainsi que le croupion ; et les deux intermédiaires, qui les excèdent de beaucoup et se croisent vers leur extrémité , sont d'un noir-violet. Les ailes sont brunes , avec de légers reflets, et le bec est noirâtre. La femelle , dépourvue des longs brins de la queue, n'a, au Heu de la plaque, qu'une légère trace de rouge à la gorge , et son plumage , d'un vert foncé sur le dos, est un peu plus clair sur le ventre. Le croisement des deux longs brins du mâle a fait nommer, parles colons, colibri à queue fourchue cette espèce, dont on trouve des individus qui, à raison de l'âge et de la mue, otfrent quelques plumes blanches et des reflets différens. Ces oiseaux, qui habitent la Guiane françoise, se trouvent le plus souvent dans le voi- sinage des fleuves et des rivières ; ils se perchent sur les branches peu élevées des arbres qui les bordent , sur celles même qui y sont tombées , et ils voltigent en rasant la surface de l'eau , à la manière des hirondelles.

Colibri a tête noire : Trochilus poljtmus , Linn. , et Lath.; Mellisuga jamaicensis atricapilla, Briss. ; Oiseau -mouche à longue queue noire, Buff. Cette espèce, qu'on trouve à la Jamaïque et dans quelques contrées de l'Amérique méridio- nale , est figurée pi. 67 des Oiseaux dorés. Les deux plumes extérieures de sa queue sont encore plus longues que celles du colibri topaze , et l'oiseau a neuf pouces et demi depuis le bout du bec jusqu'à leur extrémité. Un duvet effilé et flot- tant forme les barbes de ces plumes, qui sont noires avec des reflets bleuâtres , comme les longues plumes qui recouvrent le sommet de la tête ; les autres pennes diminuent de lon- gueur à mesure qu'elles approchent du centre ; la queue est fourchue; le dos est d'un vert-brun doré, le devant du corps vert ; les ailes sont d'un brun pourpré ; le bec est jaune et les

46 COL

pieds sont noirs. Un individu que Latham a eu en sa possessioîi , et qu'il a regardé comme la femelle, avoit le sommet de lu tête d'un brun noirâtre, le dessus du corps pareil à celui du mâle, les parties inférieures blanches, avec des mai-brurts vertes sur les côtés du cou : les plumes de la queue de celte dernière couleur, à l'exception des deux intermédiaires qui étoient à moitié blanches; et toutes de la même longueur. Le bec étoit noir en dessus et blanc en dessous dans la moitié de sa longueur. La plupart de ces circonstances pourroient in- diquer un jeune individu aussi bien qu'une femelle.

Colibri a tête bleue : Trochilus forficatus , Linn. et Lath. ; Mellisuga jamaicensis , caudà bifurcà , Briss. ; Oiseau- mouche à longue queue , or, vert et bleu , Buff. , figuré dans Edwards, tom. I, pi. 35; dans les Oiseaux dorés, pi. 60, et dans les Mélanges de Schaw , tom. Vil, pi. 22:2. Cet oiseau est d'un beau bleu sur la tête, et d'un vert à reflets dorés sur le reste du plumage. Les plumes latérales de la queue, qui sont encore ici les plus longues, ont quati'e pouces et demi , et les autres vont aussi en diminuant graduellement jusqu'aux intermédiaires, qui n'ont que dix lignes. L'oiseau qu'on dit avoir envoyé de la Jamaïque, et dont il ne paroit exister qu'un seul exemplaire au Muséum britannique, a huit pouces de longueur totale ; son bec, long de dix lignes, est noir ainsi que les pieds ; et, comme il est fort peu courbé, les naturalistes ne sont point d'accord sur la véritable place de cet oiseau.

Colibri BRIN-BLANC : Trochilus superciliosus , Linn., Lath. .- Polytmus cayanensis longicaudus , Briss. ; Colibri à longue queue de Cayenne, Buff., pi. enl., n." 600, fig. 3 ; et Aude- bert, Oiseaux dorés, pi. ij et 18, mâle et femelle. Cette espèce , que l'on trouve à la Guiane françoise, elle est rare , a le bec long de vingt lignes, et le corps, mesuré depuis sou extrémité jusqu'à celle de la queue, de sept pouces. La tête et le dos sont d'un vert-olive doré, a l'exception de deux traits blancs, l'un au-dessus et l'autre au-dessous de l'œil; les ailes sont d'un brun violet, et les parties inférieures d'un gris- blanc. Ce ne sont plus ici les plumes latérales de la queue qui sont les plus longues, comme dans les trois espèces pré- cédentes, mais celles du milieu, et, les autres allant en dé-

COL 47

croissant jusqu'aux deux extérieures, la queue présente une coupe pyramidale; les pennes ont un reflet doré sur un fond d'un gris noirâtre, avec un bord blanchâtre à la pointe, et les deux brins sont blancs dans toute la longueur dont ils la dépassent; le bec et les pieds sont noirâtres. Les femedcssont privées des longs brins, et elles ont, ainsi que les jeunes, la poitrine d'un roux clair et la mandibule inférieure plus ou moins blanche.

Colibri a ventre roussaïre : Trochiliis hirsutus , Gmel., et hrasiliensis , Lath. ; Poljtmus hrasiliensis , Br. Cet oiseau, que Buffon a décrit, comme une espèce particulière, sur la 4." de Marcgrave, a été figuré, pi. 1 g des Oiseaux dorés, à la suite du colibri brin-blanc, et quoique Audebert l'ait représenté sous de bien plus petites formes, il a trouvé tant de rapports dans leur plumage, qu'il n'a considéré ce dernier que comme un jeune. En effet, sa queue offre les deux brins blancs, et s'il est d'un vert olive doré sur le corps et d'un jaune-gris en dessous, ce plumage ressemble beaucoup à celui de la fe- melle de cette espèce. Mais M. Vieillot n'est pas du même avis, et il paroît que les plumes dont les tarses du petit oiseau sont couverts, ont surtout contribué à fixer son opinion à cet égard. Au reste, cette circonstance tendroit à. rapprocher le colibri à ventre roussàtre du colibri à pieds vêtus jjnais, quoique celui-ci soit rapporté, par Audebert à la ■^riété de Vhirsutiis de Gmelin , sa queue arrondie l'a fait regarder par M. Vieillot comme une espèce distincte. (Voyez Colibri

A FIEDS VÊTUS. )

Colibri a collier bleu : TrochUus purpuratus , Gmel. , et forquatiis , Lath. Cet oiseau a été désigné par Buffon sous la dénomination de colibri à tête, dcmi-coi!ier et queue pour- prés, et, pour achever de le décrire, il sulfisoit d'observer que les autres parties du corps éloient vertes, que le demi- collier occupoit le bas du cou , et que la queue étoit four- chue ; mais, outre que le demi-collier est bleu plutôt que pourpre, afin de ne pas surcharger la mémoire d'une phrase aussi longue, il a paru plus convenable de se borner à fixer l'idée sur un des principaux caractères. On ne connoît pas le pays qu'habite cet oiseau.

COLIERI HAUSSE-COL A QCEUE FOURCHUE; TrOcllilus e]c£;'J.n- .

48 COL

Audeb. , Oiseaux dorés, pi. 14. Voici la dernière espèce de colibri à queue fourchue, et on les a toutes rapprochées les unes des autres , parce que l'on peut tirer de la forme des plumes des signes distinctifs bien plus certains que de quelques variations dans leur couleur. Peut-être même ré- sulte-t-il de la diversité dans la construction de la queue des colibris, tantôt fourchue, tantôt arrondie, tantôt carrée, des différences notables dans Faction du vol, qui en sûpposeroient aussi dans les habitudes ; d'aillleurs, les espèces qui présentent ce caractère, sont en même temps presque toutes d'une plus grande taille. A l'exception d'une tache noire qui couvre la poitrine et une partie du ventre, et de la queue qui est d'un noir violet, tout le corps de celui-ci est d'un vert plus brillant sur la gorge et les côtés du cou que sur les autres parties ; les jambes sont couvertes de plumes blanches , les doigts sont noirs ; la mandibule supérieure est de cette der- nière couleur, et l'inférieure d'un blanc jaunâtre dans les deux tiers de sa longueur. Le cou et la gorge des jeunes sont d'un blanc sale, et les pennes des ailes et de la queue d'un brun foncé. Ces oiseaux, que Ton trouve à Saint-Domingue , se perchent souvent sur la lisière des bois , à la cime des arbres, ils font entendre un cri semblable à celui du petit oiseat^giouche.

Cou^i iiAiJssE-coL VERT : TrochUus gramineus , Gmel. , et pectofalis, Lath. Ce colibri a le bec fort long et noir, ainsi que les pieds ; les parties supérieures du corps sont d'un vert obscur avec quelques reflets dorés; les ailes d'un noir violet; Jes côtés du cou et le haut de la gorge d'un vert d'émei'aude; la poitrine d'un noir velouté avec une teinte de bleu obscur; le ventre tantôt blanc , tantôt d'un vert un peu doré ; la queue d'un bleu pourpré, à reflets d'acier bruni, et pas plus longue que les ailes. Buflfon avoit indiqué comme femelle de cet oiseau un colibri de même taille , qui avoit deux traits blancs au- devant du cou , et dont la plaque noire étoit moins large ; mais M. Vieillot pense que c'étoit un jeune en mue, et son opinion est la même sur les colibris à cravate verte et à queue violette, trochilus maculatus et albus, Gmel., pi. 10 et 1 1 des Oiseaux dorés : il paroît aussi que les colibris à plastron blanc, à plastron violet, et vert-perlé, trochilus margarita- ceus , mango, Var. , et dominicus, ne sont que des jeunes.

COL Vj

bu des variétés de la même espèce. On trouve le hausse-col Vert dans les habitations de Saint-Domingue , il aime à se percher sur des branches sèches et isolées. Il parvient à écar- ter de son nid d'autres oiseaux beaucoup plus forts cjue lui , en leur présentant continuellement son bec devant le» yeux.

Colibri hausse-col doré; Ti'ochilus aurulentus , Audeb., pi. 12 et i3 , mâle et femelle. Cette espèce a le plumage presque semblable à celui du hausse-col vert ; sa poitrine a la même plaque noire, qui s'étend sous le ventre, elle prend une teinte brunâtre ; mais sa taille plus petite et son bec plus court le font plus aisément distinguer. La femelle aie dessus de la tête d'un brun qui prend sur le dos des nuances d'un vert doré ; les parties inférieures sont grisâtres. Le voya- geur Maugé, à qui l'on doit la connoissance de cet oiseau, n'a pas rencontré de hausse ~ cols verts dans l'île de Porto- Ricco , celui-ci étoit fort commun.

Colibri vert; Trochilus viridis , Audeb., Oiseaux dorés ^ pi. i5. Cet oiseau, que le voyageur qu'on vient de citer a rapporté de la même île , et qui se trouve aussi à Saint-Do- mingue, a les ailes noirâtres, la queue bleue, avec une frange blanche à l'extrémité des pennes , et toutes les autres parties du corps vertes. Son bec et ses pieds sont noirs comme ceux des espèces précédentes.

Colibri a queue blanche et verte. Cet oiseau , long de quatre pouces et demi , qui aVoit été placé parmi les oiseaux- mouches, dans le grand ouvrage de MM. Audebert etVieillot^ sous la même dénomination latine que le colibri vert, et dont la figure se trouve pi. 41 , a le bec légèrement arqué, et le dernier de ces auteurs a cru devoir le ranger parmi les coli- bris dans le Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle. Sans rien changer à sa dénomination françoise de colibri à queue blanche et verte , on croit devoir substituer à l'épithète latine de viridis , celle de trochilus virescens , qui, en prévenant une confusion, semble plus propre à désigner la nature du vert moins prononcé de son plumage. En effet , ce vert est bru- nâtre sur la tête, doré sur le dos , jaunâtre sur la gorge et la poitrine , mélangé de gris brillant sur le ventre ; les penne» des ailes sont d'un brun-roux ; celles des côtés de la queue, qui lo- 4

£ô COL

est arrondie, sont en partie vertes et blanches. On remarque une ligne de cette dernière couleur au-dessus des yeux. Le bec , noir en dessus et à la pointe , est blanc en dessous , et les pieds sont jaunâtres.

Colibri veut et noir : Trochilus holosericeus , Linn. et Lath. ; Polftmus mexicanus, Br. , Oiseaux dorés, pi. G. La longueur de cet oiseau n'excède guère quatre pouces ; il en a cinq et ' demi de vol ; le bec , les pieds et les ongles sont noirs j la tête , la gorge , le cou , le dos , le croupion, les plumes scapulaires, les couvertures du dessous des ailes et les petites du dessus, sont d'un vert doré à reflets; la poitrine offre une bande d'un lîleu très-vif, qui se retrouve aux couvertures supérieures et inférieures de la queue; le ventre, les côtés et les jambes sont d'un noir brillant, qui prend une teinte violette sur les pennes de la queue. Le Colibri vert à ventre noir, Oiseaux dorés, pi. 65, dont le bas-ventre est blanc, diffère peu d'ail- leurs de l'oiseau ci-dessus, et peut-être n'en est-il que la fe- melle. On les trouve l'un et l'autre au Mexique. Le premier a aussi été envoyé de la Guiane.

Colibri a plastron noir: Trochilus mango ,lÀnn. etLaih. ; Po- T^'tmus jamaicensis , Briss. pi. èhl. de Buff. , n.° 680, fig. 3 ; Ois, dorés, pi. 7. Cette espèce, que l'on trouve au Brésil et aux An- tilles, et qui n'a que quatre pouces de longueur, est d'un noir velouté sur la gorge ,1e devant du cou , la poitrine et le ventre; wn trait d'un bleu brillant , qui part des coins du bec , et descend sur les côtés du cou, sépare le plastron noir du vert doré qui couvre tout le corps. Les pennes de la queue sont d'un brun pourpré, changeant en violet luisant. Cet oiseau a beaucoup de rapports avec le colibri àcrûvate noire, trochilus nigricollis , Vieill. , qui se trouve également au Brésil, et qui n'en diffère proprement que parle bleu qu'on observe sur les côtés de sou cou et de sa poitrine.

Colibri cendré : Trochilus cinereus , Gmel. et Lath.; pi. 5 d'Audeb. , sous le nom de colibri à ventre cendré. La couleur des parties inférieures de cet oiseau lui a seule fait donner cette dénomination , caries parties supérieures sont d'un vert brillant à reflets dorés. II a , à l'angle postérieur de l'œil, une petite tache blanche; les ailes sont uoirâlres, avec un reflet violet; la queue est arrondie: les plumes intermédiaires les

COL 5i

plus longues sont d'un vert {oacé dans toute leur étendue, les deux suivantes d'un noir bleuâtre à leur extrémité ; les six plumes latérales ont les deux tiers d'un noir brillant , et l'extré- mité blanche. L'oiseau est long de cinq pouces six lignes; le bec en a trois ; la mandiiiule supérieure est noire-, et l'infé- rieure brune ;les pieds et les ongles sont noirs.

Colibri zitzil; Trochilus punctulatus , Gmel. et Lath. Cet oiseau du Mexique est celui qui est désigné dans Hernandez sous les noms de hoitzitzil et hoitzitzillin. Sa taille est de ciucj pouces et demi, et sa couleur principale est un vert doré. Les ailes, noirâtres, sont marquées de points blancs aux épaules et sur le dos ; la queue est brune et blanche à la pointe. Le bec , les pieds et les ongles sont noirs. Quoique ses taches blanches l'aient fait quelquefois désigner par le nom de colibri piqueté » on ne peut guère supposer d'identité entre lui et le trochilus punctatus, Lath., les rapports qui existent entre eux se trouvant détruits par une gr.inde différence dans la taille, qui , chez ce dernier, n'excède point quatre pouces. Cependant le colibri à ventre piqueté, Ois. dorés, pi. 8, a des couleurs trop ternes pour ne pas le supposer un jeune , ou la femelle, non encore suffisamment déterminée, de quelque autre espèce.

Colibri grenat : Trochilus auratus , Gmel., et granatinus ^ Lath.; pi. 04 du General Sj'nopsis of Birds , 266 des Glanures d'Edwards, et 4 des Oiseaux dorés. Cet oiseau ^ qui est le même que le trochilus jugularis de Linnaeus et de Latfiam, ou colibri à gorge carmin de Buffon , a environ quatre pouces et demi de longueur, depuis l'extrémité du bec jusqu'à celle as la queue. Les joues, les côtés du cou et la gorge, jusqu'à la poitrine, sont d'un grenat brillant ; le dessus de la tête et du dos et les parties inférieures du corps, d'un noir velouté ; les pennes des ailes d'un vert doré , ainsi que les couvertures de la queue , dont les pennes sont d'un vert noir. Le bec et les pieds sont noirs. La femelle a les ailes, la poitrine etle ventrebruns, et dans les autres parties son plumage a des reflets moins bril- îans. Cet oiseau se trouve à Saint-Domingue, à la Martinique et à la Guiane, il est plus rare. Il paroit que le colibri vio- let, trochilus violaceus , Gmel. et Lath. . figuré dans la pi. 600 de ButFon , n." 2, et le colibri bleu , trochilus venustissimus , Gmel. , et cjaneus , Lath., sont de la mêuie espèce, mais considérés

4.

r>2 cot

sous des aspects divers, ou à des époques diffcréntes de ïenr vie.

CouBRi ARLEQUIN ; TrockHus multicolov , Gmel. etLath., pi, Po des Oiseaux dorés, et 1 1 1 deL;ith., Suppl. Cet oiseau, long de quatre pouces, a le dessus de la tète, la gorge, ic devant du cou, la poitrine, le milieu du dos et les couvertures supérieures des ailes, verts.; les côtés de la tête bleus ; urse bande noire entre la nuque et le haut du dos, qui est brun, ainsi que le croupion, les ailes et les pennes latérales delà queue , dont les intermé- diaires sont violettes ; le ventre d'un rouge carmin.

CoribRi A PIEDS VÊTUS. Cet oiseau, présenté par M. Vieillot comme espèce particulière, est celui qu'Audebert a figuré pi. 20 des Oiseaux dorés, et rapporté à la variété du frochilus hirsutus de Gmelin , qui correspond à celle du trochilus brasi- liensis de Latham, Audebert n'a pas dissimulé qu'il trouvoit beaucoup de rapports entre ce colibri, dont la taille est de quatre pauces et demi, et la femelle du brin-blanc ; mais le bec, long de quatorze lignes, étoit aussi plus fort, et la queue, au lieu de présenter deux plumes saillantes, étoit arrondie, c'est-à-dire que les pennes du centre ne débordoient les autres que dans un ordre décroissant régulièrement, circonstance d'après laquelle M.'Vieillot a isolé cette espèce, qui d'ailleurs a le dessous du corps pareil au colibri à ventre roussàtre , la tête brune , le dessus du cou , le dos et les couvertures des ailes d'un vert doré ; la queue a les deux pennes intermédiaires de même couleur , les trois extérieures ferrugineuses dans les deux premiers tiers, ensuite noires, et toutes terminées de blanc. Les pieds sont couverts de plumes rousses, et les doigts soîit blancs , ainsi que les tarses. Audebert a donné , pL 68 , la figure d'un jeune colibri àpieds vêtus, sur le plumage duquel le brun et le roux dominent, la première de ces couleurs régnant sur le dessus du corps, avec des nuances plus foncées sur la têtt , d'un vert brillant sur le cou, le dos, le croupion, et le roux sur les parties inférieures et les tarses, mais avec une teinte plus sale sur le ventre et plus claire sous la queue.

Colibri a collier rouge : Trochilus leucurus , Linn. et Lafh. : pi. 266 des Oiseaux d'Edwards. Cette espèce, qui se trouve à Surinam , a environ quatre pouces et demi de longueur ; elle se reconnoît surtout à un demi-collier rouge au bas du cou »^ et av

COL 55

pourpre foncé des ailes. Sa couleur dominante est un vert Lrunàtre, à reflets dorés sur le dos, la gorge et la poitrine; le ventre et les plumes anales sont d'un gris blanc.

Colibri a casque pourpré; Trochilus galeritus , Gmel. et Latli Cette espèce, admise sur la description de Molina , qui dit l'avoir trouvée au Chili, est remarquable parla petite huppe, rayée d'or et de pourpre, qui décore sa tête. Le cou et le dos sont verts ; les pennes des ailes et de la queue sont brunes, avec des reflets dorés, et toute la partie inférieure du corps est d'une couleur de feu changeante.

Colibri brux. M. Vieillot, en donnant cet oiseau , long de quatre pouces trois lignes , comme une espèce distincte , sous ienom de trochilus fuscus , et l'annonçant comme originaire du Brésil, n indique pas. les moyens par lesquels il se l'est procuré , ni les cabinets l'on en trouve des individus. On se bornera donc à dire, d'après lui, que ce colibri est brun, avec quelques reflets verts sur le dessus du corps, sur le de^ vant du cou et sur la poitrine ; que la gorge est noire au centre et bordée d'une petite bande brune"; que les flancs , le ventre et les parties postérieures sont blancs , ainsi qu'une partie des pennes caudales ; que les ailes sont d'un violefsombre que le bec est noir , et que les tarses sont vêtus jusqu'aux doigts.

Petit Colibri du Brésil: Trochilus thaumantias , Linn ei Lath. ; Pofytmus, Br. Cette espèce , figurée pi. Goo de BufTon , n. 1 , n'a pas trois pouces de longueur totale; elle est foute d un vert doré, à l'exception de l'aile q.ii est violette, d'une petite tache blanche au bas-ventre, et d'une petite bordure de la même couleur aux pennes de la queue, dont les deux extérieures sont également blanches dans leur moitié. La même espèce est connue sous le nom de petit colibri de la Guiane. Colibri A HUPPE DORÉE ; Trochilus cristatellus , Lath., Inde^ Orn. supp, Cette espèce, dont le pays natal n'est point connu ^ est d'une extrême petitesse, puisqu'elle n'a pas deux pourel et demi de longueur totale. Sa tête est surmontée d'une huppe verte à reflets dorés, et tout le corps est de la même couleur a l'exception des ailes et de la queue, qui sont noires. La fe- melle, d'un brun-verdàtre en dessus , a les parties inférieures blaiichàtres avec quelques taches noirâtrr-s sur la poitrine. A ceo espèces^ qui étoiouî dérçjfcs ava.nt ]>'.:bL:ca*"o!! de

64 COL

l'ouvrage de M. d'Axara sur les oiseaux du Paraguay, cet au- teur en a ajouté d'autres sous la dénomination générale àepica- Jlores. Quoiqu'il les ait présentées avec beaucoup de défiance , et sans distinguer les colibris des oiseaux-mouches autrement que par l'indication de la forme du bec, les quatre suivans paroissent être des espèces nouvelles de colibris.

Colibri a bande noire : Faxa negra à lo largo, Az. , n.° 2 9 5. (Colibri à tête noirâtre; Trochilus atricaijillus , Vieill.) Cet oiseau , long de quatre pouces quatre lignes , a les plumes delà tête noirâtres , mais largement bordées de roux; les parties supérieures du corps sont d'un vert deré avec des franges rous- sâtres; une bande d'un noir velouté, et bordée de blanc de chaque côté, part du bec et s'étend >usqu'à la queue, dont les plumes intermédiaires sont vertes, tandis que les autres sont violettes, avec une tache.bleue vers l'extrémité, qui est frangée de blanc.

Colibri a poitrine bleue : Turqui dehaxo , Az. , n." 296. ( Colibri quadricolore ; Trochilus quadricolor , Vieill. ) Cet oiseau, de quatre pouces ou environ de longueur, a les côtés de la tête, le devant du cou et la poitrine d'un bleu turquin, dont les bordures sont plus claires ; le ventre blanc , 3e sommet de la tête noirâtre, le dessus du cou et le dos d'un vert doré, la queue violette et bordée de noir. Soiinini re- garde cet oiseau comme une variété du colibri à plastron noir.

Colibri a bande blanche : Blanco dehaxo , Az. , n." 297. (Colibri Azara ; Trochilus. Azara, Vieill.) Cette espèce, dont la taille est la même que celle de la précédente , a les dix- pennes de la queue étagées, et l'extérieure de deux lignes plus longue que les autres ; son bec a quatorze lignes ; une bandelette blanche descend longitudinalement sur la poitrine , qui est d'un brun clair; le milieu du ventre est blanc, mais les côtés du corps offrent des reflets dorés; la tête, mordorée en dessus , est bru«e sur les côtés; les parties supérieures sont vertes avec des reflets, ainsi que la queue, dont les pennes latérales sont terminées de blanc. Sonnini a trouvé , avec M. d'Azara , que cet oiseau , dont le bec noir est peu courbé, avoit des rapports avec l'oiseau-mouche à larges tuyaux. Le CouERi A QUEUE E^ CISEAUX : Cola de lixera, Ai.. n.° 259.

COL 55

(Colibri acutipenne; Trochilus caudacutus , Vieill. ) La lon- gueur totale de cette espèce est de cinq pouces trois lignes, et celle du bec de treize lignes; les dix pennes delà queue, fort pointues, sont étagées, et l'extérieure de chaque côté excède de neuf lignes les deux du milieu; les plumes qui couvrent la gorge sont blanches avec un point noir, et celles de la poitrine sont d'un bleu d'émail , à reflets éclatans ; le dessus de la tête est brun, et les autres parties supérieures sont d'un vert doré ; le bec est noir.

Parmi les oiseaux que M. Delalande, attaché au Muséum d'Histoire naturelle de Paris, a rapportés de son Voyage au Brésil, s'est trouvé un colibri, qu'il a tué aux montagnes de Coreovado , et qui paroît être une espèce nouvelle. Le nom de colibri tacheté, trochilus nœyius , pourroit lui convenir, à eause des taches longitudinales noires dont la poitrine et le ventre sont couverts sur un fond d'un blanc sale. Cet oiseau est long de quatre pouces et demi ; son bec seul a quinze lignes ; la mandibule supérieure est noire , ainsi que l'extrémité de l'infé- rieure, qui est d'un blanc jaunâtre dans tout le reste ; le dessus de laVête et du cou , le dos , les couvertures des ailes et de la queue, sont d'un vert sombre, à foibles reflets; les pennes alaires sont violettes; la queue , qui est arrondie, a les deux pennes intermédiaires de la même couleur que ses couvertures ; maislaplus extérieure de ces pennes en totalité, neuf lignes de laseconde, cinq delà troisième, et l'extrémité de la quatrième sont d'un roux clair ; on voit derrière l'œil une petite raie de cette couleur. La gorge et le devant du cou sont d'un roux plus vif; les plumes anales, brunes au centre, sont fauves à la circonférence ; les tarses sont bruns.

Les auteurs ont indiqué beaucoup d'autres oiseaux sous le nom de colibri ; mais il y a vraisemblablement assez de doubles emplois dans les espèces dont on vient de faire l'énumération , pour ne pas en grossir volontairement le nombre , et l'on croie devoir se bornera une simple notice relativement aux autres.

Le Colibri huppé, Falcinellus cristatus de Klein, Polftmus mexicanus longicaudus cristatus de Brisson , Trochilus paradiseus de Linnœus et de Latham , n'a été décrit que d'après Séba, qui l'appelle oiseau suce-miel huppé, avec deux longues pennes à Ja qucHC , et dit que son plumage est d'un beau rouge, qu'il a

56 COL

les ailes bleues, et une huppe retombant sur le cou. Si Tau^ îeur n'ajoutoit pas que cet oiseau du Mexique, dont la taille est de huit pouces et demi, a une langue bifide, laquelle lui sert à sucer les fleurs, sa description seroit insuffisante pour y reconnoître les caractères des colibris.

Les mêmes incertitudes existent sur le brin-hleu , oiseau éga- lement du Mexique, et auquel Séba donne une taille de huit pouces et un quart. Brisson en a fait son polytmus mexicanus , et Gmelin et Latham leur trochilus cyanurus. Le devant de la tête et Vestomac de cet oiseau sont bleus ; sa queue porte deux longs brins de la même couleur ; le dessus du corps et des ailes est d'un vert clair , et les parties inférieures sont cendrées. Peut-être est-ce un grimpereau.

On a donné le nom de colibri d'Amboine, colibri des Indes, colibri à gorge et croupion blancs, à des souï-mangas., et il en est probablement de même des coHbris à tête orangée et à face orangée , qui , s'ils ne sont point des souï-mangas , paroissent au moins n'être que des femelles, ainsi que le colibri a. front jaune.

Le Colibri à gorge hleue , pi. 66 des Oiseaux dorés, dont le plumage a de l'analogie avec le colibri à ventre piqueté, et dont la poitrine est variée de bleu et de blanc , ne paroît pas avoir atleinl son état parfait; et le colibri varié, trochilus exilis . Lath., qui est donné comme d'une taille encore plus exiguë que le trochilus cristatellus , colibri à huppe dorée , n'est-il pas de la même espèce? On prétend qu'il se distingue par une huppe verte à sa base et d'un or éclatant à son sommet, par des reflets d'un ronge brillant sur le corps, et par un hetni noir sur la queue et les ailes. Les caractères des deux oiseaux présentent peu de différences.

Plusieurs oiseaux-mouches ont aussi été confondus. avec les colibris, et c'est ainsi que le petit colibri de Dutertre est l'oi srau-mouche huppé, et que le colibri vert et bleu, le colibri vert àloiigue queue, le petit colibri brun , et le colibri à gorge rousse d'Edwards, ne sontautre chose que les oiseaux-mouchts émeraude-améthyste et à tête blanche , rpiseau-mouciie pour- pré, et l'oiseau-mouchc rubis. (Ch.D.)

COLLER FAUX ou Mangose {Bot.), noms donnés dans îe Sénégal, suivant Adnnson , à l'arbre nommé depuis r.tcrcuUa cordifoUa par Cavanilles. (J.)

COL 57

COLIMAÇON. (Bol.) Petit agaric de la famille des entonnoirs mous de M. Paulet. (T. 2 , p. 162, pi. 64, f. G.) Il doit son nom à la forme de son chapeau, qui est tournée en manière de coquille de limaçon , dont la spirale se termine à un centre creux, figurant en quelque sorte l'entonnoir. Ce champignon est grisâtre, et ses feuilles ressemblent à des nervures fines. Il croît en automne, et il ne paroit pas malfaisant. (Lbm.)

COLIMAÇON. (Malacoz.) Quelques auteurs d'histoire natu- relle désignent ainsi les animaux du genre Hélice , helix^, que d'autres nomment Limaçons. Voyez ce mot. (De B.)

COLIMBE. (Ornith.) Voyez Colymbe. (Ch. D.) .

COLIN. (Ichlhj'ol.) C'est le nom vulgaire du merlan noir, gadus carhonarius, Linn. Voyez Merlan et Gade. (H. C.)

COLIN. {Ornilli.) Ce nom a été donné collectivement à des oiseaux d'Amérique qui ont de très-grands rapports avec les perdrix et les cailles, mais qui en diffèrent par un bec plus court, plus gros et plus haut que large. Us ont aussi la queue lin peu plus développée, ef fort souvent une dent émoussée à la mandibule supérieure. Leurs pieds sont dépourvus d'éperon comme ceux des cailles ; mais si plusieurs voyagent , ainsi que celles-ci, ils ont l'habitude, bien opposée, de se percher sur les buissons et même sur les arbres , quand on les poursuit. Ces considérations ne paroissent cependant pas suffisantes pour les séparer entièrement du genre Perdrix, dont ils formeront une section.

Le nom de colin est donne par Belon à des espèces de goé- lands, et l'on appelle aussi vulgairement colin noir la poule à''ean,fulicacliloropits, Linn. (Ch. D.)

•COLINIL {Bot.)., nom malabare d'une espèce d'indigo. (J.)

COLTOLE D'AMBOÎNE [Bot.) -. Coleus amboinicus, Lour. ; Marruhium amhoiniciim album ,^umph., Amh. 5 , tab. 102 , fig. 2 ; Excl. Synon. , Burm. Ce genre a été établi par Loureiro. Rob. Brown le rapporte au plectranthus , dans son Prodrome des plantes de la Nouvelle-Hollande. Il appartient à la famille des labiées , et doit être placé dans la didynamie gymnospermie de Linnaeus. Son caractère essentiel consiste dans un calice à deux lèvres, l'inférieure entière, la supérieure à quatre divisions: nne corolle labiée : la lèvre supérieure à quatre lobes très- courts ; lïiîférieu-re entière, une fois plus longue; qTiatre ét<v

5^ COL

mines didynames; les filamens réuni*, jusque vers leur milieu, dans une gaine tubulée autour du style ; le style de la longueur desétamînes , terminé par un stigmate bifide ; quatre semences au fond du -calice.

Les racines sont vivaccs et rampantes ; les tiges presque droites, pileuses, herbacées, longues de trois pieds, garnies de feuilles pétiolées, opposées, un peu arrondies, presque eu cœur, odorantes, molles, blanchâtres et pileuses ; les fleurs sont purpurines, verticillées, disposées en longs épis termi- naux, interrompus. La lèvre supérieure du calice est divisée en quatre découpures linéaires ; l'inférieure est beaucoup plus longue, lancéolée-linéaire, recourbée. La corolle estpluslonguc que le calice ; sa lèvre supérieure est courte, ascendante, ob- tuse ; l'inférieure est ovale , concave, entière , une fois plus lon- gue. Cette plante croit aux lieux humides, à la Cochinchine et dans plusieurs autres contrées des Indes. D'après Loureiro, on en fait usage en médecine, comme tonique , céphalique , ré- solutive. Cetauteur jointpoursynonyme àlaplante de Rumph , le marrubium odoratissimumjieionicœfolio . Burm. , ZejL, tab. 7 i , lig. 1. Ilsuflît de comparer l'inflorescence de cette dernière plante avec celle de Rumph, pour se convaincre qu'elle ne peut appartenir à la même espèce. (Poir.)

COLIOU. (Ornith.) Quoique le mot latin colius, adopté par les naturalistes pour désigner génériquement les colious, pa- roisse évidemment dérivé de l'un des mots grecs JcoÀ/cç ou kc- 7^oioç. l'application de ces noms à des oiseaux, qu'on ne trouve point en Europe, est d'autant moins naturelle, que l'on s'accorde assez généralement à reconnoître le pic-vert dans le premier, qui est décrit par Aristote, liv. 8, cliap. 5 de son Histoire na- turelle des Animaux, comme étant tout vert, de la taille de îa tourterelle, fort adroit à creuser les arbres, et ayant une voix perçante; et, dans le second, une petite espèce de cor- neille, vraisemblablement le choucas, dont le même auteur parle au chap. 24 du 9.*^ livre.

Quoi qu'il en soit, les colious, qui appartiennent à l'ordre àes passereaux, se font surtout remarquer par les pennes lon- gues et très-étagées de leur queue, et par les plumes fines et soyeuses de leur corps , qjii leur donnent une telle ressemblance aveclepel.agedespetitsquadrupèdes. qu'on les appelé. eap de

COL 5$

Bonne-Espérance, mry'itîooo'?/, oiseaux-souris. Leurs caractère* génériques sont d'avoir un bec court, épais, convexe en dessus, aplati en dessous ; la mandibule supérieure embrassant l'infé- rieure , qui estmoitié moins épaisse, et la dépassant parsa pointe affilée et recourbée ; les narines petites , arrondies , situées à la base du bec, et recouvertes en partie par les plumes du front ; la langue cartilagineufe, étroite, lacérée à la pointe; les tarses robustes , annelés ; les doigts entièrement divisés, et celui de derrière, qui est articulé sur le côté interne du tarse, doué de la faculté de se diriger en avant, comme chez les martinets; l'ongle du doigt intermédiaire le plus long, le plus crochu, et celui du pouce le plus court ; les ailes ne s'étendant pas beau- coup au-delà de l'origine de la queue.

Buffon trouvoit que ce genre se rapprochoit des bouvreuils par le bec, assez semblable en apparence, et des veuves par les longues plumes de la queue, dont il ne dissimuloit pas toutefois que les barbes formoient un épanouissement à l'ex- trémité, tandis qu'elles alloient toujours eu diminuant de la base à la pointe chez les autres. Ces rapports n'étoient pas d'une exactitude bien stricte, puisque, d'une part, les deux mandibules du bec des bouvreuils sont également con- vexes, et que , d'une autre , les longues plumes de la queue des' veuves appartiennent aux couvertures uropygiales, et ne font point partie des pennes proprement dites.

On ne voit ni en Europe , ni en Amérique , ces oiseaux , dont ime espèce a été rapportée de la Nouvelle-Hollande, mais qui ne se trouvent en général que dans les contrées les plus chaudes de l'Afrique et de l'Asie, ils vivent en familles et se nour- rissent de fruits, des bourgeons des arbres, et des nouvelles pousses des graines potagères , auxquelles ifs ne touchent pas lorsqu'elles sont très-sèches. Ils sont ainsi le fléau des jardins dans les lieux habités. Leur marche est fort lente, et ils se traînent, en quelque sorte, sur le ventre; mais on ne peut les empêcher de pénétrer dans les planches semées, ils se glissent à travers les branches dont elles sont couvertes. Ils ne montent pas sur les arbres avec plus d'agilité ; car ils ne peuvent parvenir au sommet d'un buisson qu'en grimpant de branche en branche avec les deux pieds successivement, et en s'aidaut même du bec, à la manière des perroquets. Lors-

So COL

qu'ils veulent quitter la branche sur l'extrémité de laquelle plusieurs se sont réunis, pour se porter sur un autre buisson peu éloigné, la foiblesse de leurs ailes paroît les faire hésiter et rendre leur vol pénible; aussi, quoique partis de l'endroit le plus élevé, et malgré le peu de distance du nouveau buis- son , ils ont plutôt l'air de s'y laisser tomber que de s'y poser. La vie commune a tant d'attraits pour les collons que, divisés en petites troupes, ils nichent ensemble dans les mêmes buissons , el y dorment pressés les uns contre les autres, M. Levaillant, qui a observé les mœurs de ces oiseaux eu cap de Bonne-Espérance, rapporte même à ce sujet une particu- larité fort singulière. Il assure, dans le sixième volume de son Ornithologie d'Afrique, que pendant leur sommeil ils se tiennent suspendus aux branches la tête en bas, et que , lors- qu'il fait froid, on peut, la nuit ou de grand matin , les trou- ver tellement engourdis , qu'il est facile de les décrocher sans qu'il en échappe un seul. Ne seroit-ce pas plutôt à une atti- tude aussi extraordinaire que seroit cet engourdissement, dans un pays la température n'est jamais bien rigoureuse P et ne faudroit-il pas attribuer à l'accumulation du sang dans le cerveau et au ralentissement général de sa circulation, la difficulté de leurs mouvemens et leur air de stupidité ?

Les colious qui, afin de se soustraire à la poursuite des oi- seaux de proie, choisissent les buissons les plus touffus et le& plus épineux pour y placer leurs nids, les composent a l'exté- rieur de racines flexibles, et les garnissent intérieurement de plumes : ces nids sontspacieux, ouverts et de forme sphérique. La femelle y pond cinq à six œufs.

Comme les colious ont les plumes courtes et très-serrées sur le corps, ils sont plus gros qu'ils ne le paroissent, et leur poids est plus considérable que celui d'un autre oiseau de même taille. Bien fournis en chair , ils sont très-bons à manger.

Les espèces indiquées par les divers auteurs comme appar- tenant au genre Coliou ne sont pas nombreuses , et néanmoins elles sont encore susceptibles de réduction. Plusieurs de celles qui paroissent constantes, ayant été désignées par des noms de pays d'autres se trouvent également, leur nomenclature exige aussi des réformes.

Çqliou a DOS BLANC;. ÇoUus leucoiiolus , Laîh. Crftc espèce 5

COL et

tfvù est celle du cap de Bonne-Esperance, de BufFon et de Bris- son, avoit déjà élé décrite par l'auteur auglois sous le nom de colius capensis , et elle se rapporte aussi aux colius capensis et erythropiis de Gmelin. Elle est figurée dans la 282.' pi. enlum. de Buffon, n." 1 , dans la 4/ du Synopsis de Latham, et dans la ■2^'j' de l'Ornith. d'Afr. de T-evaillant. Sa longueur eit de six pouces trois lignes depuis le bout du bec jusqu'à celui de la queue, dont les pennes intermédiaires ont chacune six pouces neuf lignes, et dont les autres, très-étagées, diminuent telle- ment de longueur, que la plus extérieure de chaque côté n'a que dix lignes. La huppe rabattue dont la tête est ornée, le cou , les plumes scapulaires, les couvertures des ailes et de la queue, sont d'un gris perlé, avec une teinte vineuse plus pro-- noncée sur la poitrine ; le ventre et les couvertures inférieures des ailes et de la queue sont d'un blanc rougeàtre , et le gris domine sur les pennes elles-mêmes. Mais ce qui distingue spécia- lement cet oiseau, c'est une bande blanche sur un fond noirâtre, qui s'étend depuis le milieu du dos jusqu'au croupion, elle se termine par un petit faisceau de plumes pourprées, cette circonstance a donné lieu à la dénomination d'crj-fhropus, contra- dictoire en apparence avec celle de coliou à dos blanc. Le bec, d'un gris blanchâtre àsa base, est noir au bout; l'iris est d'un brua clair, etlespiedssont rougeâtres. La queue est pluslongue chez la femelle, et l'on ne remarque pas la teinte vineuse du màle sur son plumage, lequel offre un ton roussàtresur les jeunes.

On voit des bandes nombreuses de cette espèce au cap de Bonne-Espérance, et surtout dans le pays des Cafres. Ces oi- seaux répètent précipitamment, en volant, un cri qui peut être rendu par qui-wi , qui-ivi, qui-wiivi. Les œufs que pond la femelle sont d'un blanc rosé.

Couou RAYÉ ; Colius striutus , Gmel. et Lath. Cette espèce , qui porte le même nom dans Buffon, est le coliou de l'île de Panay , figuré par Sonnerat , pi. 74 de son Voyage à la Nouvelle-Guinée ; colius panay ensis, Lath. et Gmel. M. Le- vaillant a aussi représenté, pi. 266 de son Ornith. d'Afr., le màle , dont la taille est d'environ un pied , et dont le corps est de la grosseur d'une alouette. La huppe qui couvre sa tête^ et que l'oiseau relève à volonté, le derrière du cou et le haut du dos, sont d'un gris vineux; le bas du dos , le croupion, les

Cu COL

pennes et les couvertures des ailes et delà queue sont d'un brifs clair; les parties inférieures, dont le fond est d'un gris rou- geàtre, sont rayées transversalement de bandes fines d'un brun clair , mais plus prononcées sur la gorge , à laquelle elles don- nent un ton plus brunâtre. Les flancs, le ventre et les pennes anales sont roussàtres et sans rayures. La mandibule supé- rieure est noire, l'inférieure d'un blanc jaunâtre; les yeux sont bruns , et les pieds , ainsi que les ongles , d'un brun rouge. La femelle et les jeunes sont, comme dans la première espèce, d'une taille inférieure , et ont la queue plus courte.

CoLiou A GORGE KOiRK ; CoHus Tiigricollis , ViciU. , pi. 259 de î'Ornith. d'Afr. Cet oiseau, qui se trouve à la côte d'Angole ft à Malymbe, est de la grosseur du proyer, et a près de quatorze pouces de longueur totale. Le bec est de la même couleur qu'au coliou rayé dans les individus desséchés; mais, les pieds étant d'un rouge vif, les mandibules tiennent peut- «ître de cette teinte dans l'oiseau vivant : les ongles sont noirs. hsi huppe est composée de plumes fines d'un gris clair, avec des nuances vineuses ; les parties supérieures sont d'un bru» qui est plus foncé sur les ailes, et les parties inférieures rous- sàtres , avec des raies transversales d'un noir lavé. Ce coliou ne se distingue de l'espèce précédente que par une bande noire qui lui ceint le front, et qui, passant entre les yeux et le bec, s'étend sur la gorge et une partie du cou; or cette circonstance peut être attribuée à l'inlluence d'un climat plus chaud, qui renforce les couleurs; etM. Levaillantpense, aves raison, qu'on doit regarder le coliou dont il s'agit comme une race particulière, plutôt que comme une espèce différente du coliou rayé.

Coliou quiriwa : Colius quiriwa. Cette espèce répond au eolius senegalensis , Gmel. et Lath., et au coliou huppé du Sénégal, pi. enl. de Buffjn, n." 3^2 , fig. 2. M. Levaillant , qui l'a trouvée dans le pays des Cafres, l'a fait représenter pi. 268 ; et cet oiseau, dont la huppe, commune à plusieurs autres espèces, ne sauroit être considérée comme un caractère dis- tinctif, paroit aussi être le même que celui qui a été décrit par M. Vieillot sous la dénomination de coliou à joues rouges, colius erjthromelon , tirée, non de la couleur des plumes cou- vrant les joues, mais de celle d'uae peau nue qui entoure les

COL h^

yeux des individus parfaitement adultes, et qui n'existe pa> encore chez les jeunes, tels que celui qui a servi de type aux descriptions des premiers auteurs. Le nom de quiriwa , donn(*^ par M. Levaillant, a aussi l'inconvénient de n'exprimer qu*uu cri peu différent de celui du coliou à dgs blanc i mais il em- brasse des oiseaux dont M. Vieillot a fait deux espèces, et ion a pensé qu'il étoitplus convenable de l'adopter en les réunissant. La queue du coliou quiriwa , ùomI les barbes sont très- étroites, a trois fois la dimension du bec à l'anus j et un signe non moins propre à le faire reconnoître , c'est la peau nue, rougeâtre, qui entoure ses yeux, et qui est plus foncée dans la saison des amours. Son front est ceint d'un bandeau fauve. Sa huppe soyeuse, d'un gris bleuâtre, déborde l'occiput; le derrière de la tête et les côtés du cou ont une teinte fauve, qui devient bleuâtre sur le reste du corps, et qui offre des reflets d'un vert d'eau suivant les divers aspects ; la gorge est d'uu blanc fauve ; le devant du cou jusqu'à la poitrine est d'un bleu clair verdissant et nué de fauve ; les plumes du ventre sont rousses, et les plumes anales, ainsi que celles des jambes, sont grises avec des nuances fauves et bleuâtres ; le bec , noir à l'extrémité, est rougeâtre à la base ; les pieds sont de cetle dernièi^ couleur, et les yeux d'un brun rouge. La couleur bleue est moins prononcée chez la femelle, et un gris roussàtre domine sur le plumage des jeunes. La ponte de ces oiseaux est* de quatre à six œufs blancs, tachetés de brun , et leur nid est composé des mêmes matières que celui des colious rayé et à dos blanc. M. Levaillant a vu ces trois espèces en très-grand nombre , mais toujours séparées , dans les environs du Gamtoos, elles sont attirées par l'abondance d'un fruit lrès-purgatif,que les Hottentots nomment goj're, et qui ressemble à nos prunelles.

Le coliou que Latham a décrit, d'après un dessin du capi- taine Paterson, sous le nom de co/ii/s indicus, coliou des Indes, et comme ayant le plumage cendré en dessus et roux en dessous ^ le front et la gorge jaunes, le tour des yeux dénué de plumes, le bec rouge à sa base et noir dans le reste, les pieds rouges, et les ongles noirâtres, paroit avoir trop de rapports avec le quiriwa pour le regarder comme d'une espèce différente.

Il n^en est pas tout-à-fait de même du coliou vert, coliut uiridis ^olscàu de la Nouvelle-Hollande, dont Pennant a com-

r>4 COL

muniqué la description au même auteur, et qui, de la taillé du mauvis , a une queue longue de sept pouces, à pennes éta- gées, noirâtres, ainsi que celles des ailes ; le front et les pau- pières d'un noir foncé ; le reste du plumage d'un vert éclatant, et le bec noir. Quoiqu'il soit à désirer que les autres carac- tères du coiiou puissent être plus particulièrement vérifiés sur de nouveaux individus de cette espèce, l'identité du genre a ici un assez grand degré de probabilité.

On ajoute à ces colioua, dans le nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle. Une autre espèce qui, jusqu'à ce jour, avoit été placée parmi les loxies. C'est le loxia cristata, Gmeh et Lath. , qui se trouve en Ethiopie , et dont M. Vieillot a fait son colius erjthropfgius, sans donner les motifs de ce change- ment, et en se bornant à annoncer, d'après les auteurs cités, que cet oiseau a une huppe rouge sur le front, la poitrine, le croupion et les pieds de la même couleur ; que le reste du corps est d'un gris blanc, et les deux pennes interrtiédiaires de la queue du double plus longues que les autres; et que la femelle diffère du mâle en ce que la huppe et la poitrine sont blan- châtres. (Ch. D.)

COLIROJO {Ornith.) , nom espagnol du rossignol de mu- raille, motacillaphœnicurus, Linn. (Ch. D.)

COLISAURA. {Erpét.) Suivant Gesner, itoKiffoLÛ pet est le 'nom que les Grecs modernes donnent au Lézard verï. Voyez ce mot. ( H. C.)

COLITE, Colites. (Foss.) On a quelquefois donné ce nom aux bélemnites. (D. F.)

COLIUS {Ornith.) , nom latin du coiiou. (Ch. D.) COLIVICOU {Ornith.), nom que, suivant Salerne, ou donne , dans les Antilles , à une espèce de coucou qui est dési- gnée dans Buffon sous la dénomination de tacco , cuculus ve- tula , Gmel. L'auteur d'un Essai sur la Colonie de Sainte-Lucie dit que le même nom et celui d'oiseau des Gotons, sont appli- qués à un oiseau qui fait sa résidence ordinaire dans les cotonniers, et s'y nourrit d'insectes ; en ajoutant que, bien qu'il paroisse de la taille d'une tourterelle , il n'est pas plus gros qu'une alouette lorsqu'on l'a dépouillé de ses plumes. (Ch.D.) COLR {Ornith.) y un des noms sous lesquels l'eider, anas mollissima, Linn., est connu en Angleterre. (Ch.D.)

COL

COLLA. (Boti.) En traitant précédemment du chamseléôn l)lanc des anciens, qui est le carlina acaulis , on a dit que sa Kicine founiissoit un suc résineux, abondant. On a oublié d'ajouter que, dans le Levant, cette plante est commune, ou lui donne le nom grec de colla, qui est aussi donné parti- culièrement à sa racine, ou même au suc qui en a été extrait* Belon , qui parle du colla dans son Voyage du Levant , dit qu'à Lemnos , lorsqu'il demanda cette substance aux habitans , on lui apporta la substance extraite d'une chondrille, à laquelle on attribuoU le même nom et les mêmes propriétés, et dont les habitans se servoient pour coller les luths et autres ouvrages de marqueterie. Il ajoute que ce colla se forme dans la racine de cette chondrille par suite de la piqûre d'un ver qui produit dans son tissu une tumeur remplie de cette substance. Belon ne dit pas quelle est l'espèce de chondrille ici mentionnée. C. Bauhin soupçonne que c'est celle que nous nommons chon- drilleajuncea, qui est visqueuse , comme il le dit dans sa phrase descriptive. (J.)

COLLADI. {Sot.) C'est, suivant Rheede, le nom brame du v^hnosa higemina, que les Malabares appellent katou-eonna , au rapport du même auteur, ( J.)

COLLADOA. ( Bot. ) Ce genre difiFère très-peu des ischœ- mum, et même, d'après Rob. Brown , il doit y être réuni. Il a aussi des rapports avec les tripsacum. Cavanilles l'avoit consa- cré à la mémoire du docteur Collado , médecin et botaniste espagno'. Il ne comprenoit d'abord qu'une espèce ; Persoon , en donnant plus de latitude au caractère essentiel de ce genre ^ y a réuni le tripsacum hermaphroditum de Linnacus, qui est le genre Anthephora de Schebere et de M. de Beauvois. En pré-< sentant le colladoa d'après la réforme de Persoon, il appar- tient à la famille des graminées et à la triandrie digynit de Linnœus , et son caractère essentiel consiste dans des fleurs hermaphrodites, disposées en épi, sur un rachis fle- xueux. Leur balle calicinale est divisée en deux ou quatre découpures profondes, un peu ovales, formant à leur base une échancrure arrondie ; deux fleurs dans chaque calice, quelquefois une troisième stérile ; la corolle plus courte que le calice, à deux valves, arsitée ou mutique ; trois étamines 5 deux styles. Les espèces sont :

jo. 6

66 COL

CoLLADOA A DEUX ÛTis ; Colladoa distachya , Cav. , Icon. rar. , S , tab. 460. Plante des îles Philippines , dont les tiges sont ra- meuses, hautes d'environ quatre pieds, velues sur leurs articu- lations ; les feuilles lancéolées, en cœur à leur base, longuement acuminées, pileuses en dessus , traversées par une nervure blan- châtre ; leur gaîne lâche , naviculaire , renflée dans son milieu , pileuse à son sommet ; les fleurs disposées en deux épis sessiles , la balle calicinale lisse, coriace, inégalement bifide , renfermant deux fleurs hermaphrodites, une troisième stérile ; la valve extérieure de la corolle munie vers sa base d'une arête torse, brune ; les semences ovales, comprimées, ferrugineuses.

Colladoa a un seul épi : Colladoa monostachya , Pers. ; Tripsa- cumhermaphroditum , Linn. ; Lamk. , III. gen. , tab. 760 , fig. 2 ; Linn., sect. 17, tab. 9.

Ses tiges sont grêles, rameuses, noirâtres à leurs articula- tions ;les feuilles molles, rudes au toucher, finement denticu- lées à leurs bords ; leur gaîne un peu lâche , membraneuse à ses bords et à son orifice ; un seul épi terminal , droit , long d'en- viron trois pouces ; les fleurs sessiles, alternes, toutes herma- phrodites ; la balle calicinale divisée , presque jusqu'à sa base , en quatre découpures ovales , dures, presque osseuses, formant à leur base une petite ouverture ovale ; la corolle, plus courte que le calice ; celui-ci persiste , se durcit et renferme la semence. Cette espèce croît à la Jamaïque, et se cultive au Jardin du Roi. (Poir.)

COLLALE. ( Bot. ) Voyez Collet. ( Mass. )

COLLANO.(JcJiihjoi.)Dans quelques contrées d'Allemagne on donne ce nom à Tacipensère huso. Voyez Esturgeon. (H.C.)

COLLARIUM. (Bot.) Genre de plantes , de la cinquiènir série [byssoïdées) , du premier ordre (niucedines) de la famille des champignons, dans la méthode de Link auteur de ce genre , qui le caractérise ainsi : Thallus floconneux ; flocons formés par des filets cloisonnés , rameux, couchés, et off'rant çà et des amas de conceptacles.

Ce genre est très-voisin du sporotrichum ; Link y rapporte deux espèces :

L'une est le Collarium nigrispermum , qui forme des taches de gazons tfcs-ctendusj SCS conceptacles sont noirs et fort petits-

^: *-.

CO'L 67

L'autre, le Coi.r.ARiUM fructigenum, est très-mince, blanc ; ses conceptacles forment de petits amas gris. Il vient sur les pommes pourries. (Lem.)

COLLARONE. {Bot.) Michel! donne ce nom aux agarics qui ont un anneau. Voyez Fonce. (Lem. )

COLLAR-POE. {Bot.) On lit daiis un dictionnaire, que ce nom malabare est donné à Vachjranthes lanata de Linnseus^ rapporté depuis au genre lUecebrum. Il faudroit remarquer à ce sujet, d'une part que cet achyranthes est maintenant Vœrua lanata; de l'autre que, suivant Rheede, il est nommé scheruùula par les Malabares, et landalo dans la langue brame. (J.) COLLE DE POISSON. {Ichthjol.) Voyez Ichtiiyocolle. (H. C.) COLLE FORTE. ( Chim.) C'est, pour la plus grande partie, de la Gefatine unie à l'eau. Voyez ce mot. ( Ch. )

COLLECHAIR. {Bot.) C'est la traduction Françoise du nom. grec sarcocolla, donné à une gomme employée utilement pour réunir les chairs des blessures. L'arbre qui la fournit estnommé sarcocollier , pen^pa des botanistes. Voyez Sarcocollier. (J.)

COLLECTEURS. {Bot.) Dans toute la famille des synanthé- rées, les styles des fleurs hermaphrodites et ceux des fleurs mâles ont leurs branches pourvues de poils ou de papilles, qui n'existent point sur les branches des styles des fleurs femelles. II est bien évident que ces poils ou papilles sont destinés à recueillir les grains de pollen, lorsque les branches du style traversent de bas en haut le tube anthéral ; ce qui explique leur présence dans les fleurs mâles et hermaphrodites, et leur absence dans les femelles. Nous les nommons collecteurs , et leur disposition sur les branches du style des fleurs herma- phrodites nous fournit d'excellens caractères pour la distinc- tioTi des tribus naturelles de la famille. Les collecteurs sont piliformes dans les lactucécs, papilliformesdans îescarduaeées , ponctiformes dans les arctotidées , glanduli formes dans les adénoslylées, lamelliformes dans le gundelia. (H. Cass.)

COLLEJON.(Bo^) Aux environs de Marcie, daus l'Espagne, suivant Daléchamps, le hrassica orienf-alis est ainsi nommé ; le irassica arvensis porte le même nom , suivant Clusius. (J.)

COLLÉMA , Collema.{Bot.) Ce geare appartient à la fa- mille des lichens. Il comprend des espèces remarquables par leur consistance gélatineuse, lorsqu'elles sont dans leur état

5.

68 . ' COL

«le fraîcheur, mais qui, par la îsécheresse, dcvicniicnl (hrreS et cartiliigiueusfs. Elles varient beaucoup dans leurs Ibriues : leur expansion est ordinairement lobée ; et elle porte sur ses bords des conceptaeles. ou des scutelles, ordinairement sesslles, quelquefois légèrement pcàiculés. L'intéi'ieur de ces concep- lacles ressemble entièrement à tout le reste de la substance des lichens par sa nature ; c'est ime pulpe homogène, gélati- neuse, dans laquelle on ne A-^oit j)ointde filamensnide giobules disposés en chapelets, comme dans certains genres de la fa- mille des algues, avec lesquels le colléma pourroif être con- fondu d'abord. La surface est parfaitement semblable dans tous ses points, et elle ne laisse pas échapper de petits corpuscules ou petits séminules, comme on l'observe dans les tremelles.

Ce genre comprend tous les lichens gélatineux des auteurs. Il a été établi par Hoffmann, puis adopté par M. Acharius et M. Decandolle. Le premier de ces deux derniers naturalistes l'avoil réuni d'abord Huparmelia; maintenant il en fait un genre contenant cinquante-trois espèces, qu'il range sous sept divi- sions ou sous-genres, comme on le verra tout à l'heure.

Presque toutes ces espèces croissent en Europe. Une ving- taine d'entre elles ont été trouvées en France ; une dizaine sont d'Amérique; deux d'Afi'ique, et une, le collema roilileri, croît dans les Indes orientales. On les trouve sur les pierres, les rochers, les mousses , à terre, sur les arbres. Lorsqu'elles sont raccornies par la sécheresse, elles sont à peine visibles et souvent très-fragiles. Il faut absolument les humecter pour les étudier ; elles reprennent presque aussitôt leur consistance gélatineuse. Les temps humides sont les plus favorables pour la recherche de ces plantes , et par conséquent, les temps d'hiver et d'automne. Chaque individu n'est pas très-étendu ; mais il s'en trouve ordinairement un grand nombre à la fois. Leurs couleurs sont généralement le vert plus ou moins foncé, le noir ou le gris verdàtre ou bleuâtre, le roux et le fauve. Les scutelles sont presque toujours de la même couleur que les lichens ; quelquefois elles sont , tantôt plus rouges, tantôt plus foncées ou plus claires que le reste de la plante. Quand ces lichens sont secs, ils paroissent noirs, ou gris et gris cendré. Voici les espèces les plus remarquables, avec les divisions auxquelles elles appartiennent.

COL 69

§. I. PtAcrffTHWM. Expansion en forme de croûte, dontlecontour est irrégulier.

CoLLBA^A NOiK : Colleinanigrum, HofFm.; Ach. , Lich. uni<^., p. 628, n.° ], Il forme des taches assez grandes, noires ovi brunes grises, orbiculaires ; son contour est ganii de petits lobes crénele's , qui , cotnnie le reste de l'expansion , sont très- minces, gélatineux et fortement adhéxxns aux pierres. Les scutelles sont noires, orbiculaires, d'abord concaves , puis con- vexes. Cette espèce, qui est le lichen niger, Linn., est très- commune sur les pierres calcaires qui font les revêtemens des fossés, des canaux i elle noircit les bàlimens, comme la lèpre des antiques.

§. IL Enchelvum. Expansion embriquée , plissée , presqiis orbicii^ laire, composée de lobes très-petits , qui , dans l'état humide , sont gonflés et très-épais.

CoLLÉMA PULPEUX ; Collema pulposum ^ Ach. , Lich. univ. p. 7 » f. 1 , a. Expansions presque orbiculaires, composées de lobes épais d'un vert brun, presque embriquées, plissées, épineuses sur leurs bords ; lobes du centre le plus souvent redressés ; scutelles rassemblées dans le milieu, rousses, presque planes, munies d'un rebord élevé, entier. Ce colléma se trouve com- munément sur les murs, sur les pierres, et même sur la terre. Il offre cinq ou six variétés, dont la plus commune est le lichevu crispus, Linn. , dont les lobes sont obtus et un peu redressés , etlesscutellespluslàches. Cette variété forme de petites touffes d'un pouce de diamètre au plus sur deux à trois lignes de hauteur,

CoLLKMA A FEUitr.Es DE JAC03ÉE ; Collcma mela:na , Ach. , Lich, aniV. , 636, n." 14. Expansions membraneuses, d'un vert foncé,, formant une éioile de deux à quatre pouces de diamètre, à dé- coupures presque enibriquées, très-déchiquetées, abords éle- vés, ondulés, frisés, crénelés : scutelles marginales, presque planes, munies d^un rebord granuleux: elles sont de même couleur que l'expansion; mais, dans leur vieillesse, elles de- viennent rousses. On trouve cette espèce dans les bois , sur les pierres, les rochers et les murs humides. On en distingue si.x Tarié(és. Lorsqu'elles sont sèches, on les- prcndroit pour des espèces d'embrifaires»

COL

§. III. ScrTiiriuM, Expansion foliacée , presque emhriquée ; lobes séparés , gonjlés , épais et nus.

CoLLi^MA GORNicuLÉ : Collema cornicula^um, Decand. , FI. Fr. , n.° 10/(0 ; Collema palmatum, Ach. ^ Lich. univ. , p. 643 , n." 24. Expansion d'un vert foncé, rapprochée en touffe, divisée en lobes épais, palmés, à découpures linéaires , repliées sur elles- inénKS en cylindre ou cornet dans le sens de leur longueur; scutt-lles d'un roux fauve. Cette espèce se trouve à terre dans les bois ; elle n'est pas rare dans le bois de Boulogne, près Paris. §. IV. M^LionuM. Expansion foliacée ; lobes arrondis , presque cotonneux ou Jibrillifères.

Colléma plombé : Collema saturninum, Deeand., Ft. Fr. , Ti." 1045 ; Ach., Lich. univ. , 644, 26. Expansion d'un noir verdàtre, glabre en dessus, cotonneuse et glauque en dessous; lobes ou folioles oblongs, arrondis, ondulés, entiers; scutelles proéminentes, éparses, d'un brun rouge, d'abord planes, puis convexes et garnies d'un rebord entier. Ce colléma se trouve sur les troncs d'arbres et sur les pierres. Lorsqu'il est sec, il prend une couleur gris-plombé.

§. V. Lathagrium, Expansion foliacée; lobes membraneux , larges , lâches, nus et le plus soutient vert-noir.

CoLLitMA noircissant: Collema nigrescens, Decand., FI. Fr. , n." 1043; Ach., Lich. umV., 646, n." 3o ; Collema vespertilia , Hoffm. , Lich. , tab. 37 , f . 2 , 3 ; Lichen nigrescens , Linn. Expan- sion demi-transparente, molle, flexible, papyracée, puis orbi- culaire, un peu plissée, un peu rugueuse et à lobes arrondis. Les scutelles sont rapprochées dans le centre , d'un roux fauve, d'abord concaves, puis convexes, munies d'un rebord interne. On trouve ce colléma sur les arbres et sur les pierres. Il est noir et fragile lorsqu'il est sec.

§.Vï.Leptogium. Expansion foliacée ; lobes arrondis , membra- neux, très-délicats, nus, diaphanes et d^un gris glauque; scu- telles soutenues par un court pédicule.

Cou.ÉMA TaEMELLOÏDE : Collcma tremelloides , Ach. ,Lich. unii^.^ 655, n.** 44; Collema plicatum, Hoffm., Lich., tab. 35 , f. 2. Expansion membraneuse, fort délicate, presque transparente, et d'un gris de plomb, légèrement ridée et ponctuée; lobes

COL 7i

oblongs, arrondis, incisés, entiers ; scutelLes planes, rouges, à bord pâle. Cette espèce, qui est le vrai lichen tremelloides de Linnœus, croît sur le tronc des arbres et parmi les mousses, en Europe, en Amérique et en Afrique.

CoLLitMA DÉcoupé : Collema lacerum , Decand., FI. Fr., n.° 1041 ; Ach., LicJi. J/ruV., 667 , n." 47 ; Dill. , Jms. , tab. 19, f. 5i , a, t. , et 34 , 35 ; Jacq. , Coll., tab. 1 1 , f . 1. Expansion membraneuse, mince, presque diaphane, d'un vert glauque, offrant des rides disposées en réseau ; lobes oblongs, petits, dentelés, frangés , crépus et déchiquetés sur les bords ; scutelles petites, éparses, rouges, à bord pâle. Ce colléma se trouve sur les mousses dans les bois, et oflFre plusieurs Variétés, dont une est le tremella lichenoides de Linnaeus.

§. VII. PotrcHiDiuM. Expansion très-Jinement àécoupéé y ou rameuse.

Colléma très-menu : Collema tenuissimum , Ach. , Lich. uniw. , 669 ; Decand., FI. Fr. , vol. 6, p. i85 , n." io3 , g. ; Lichen te- nuissimus , Dick. , Crjpt., tab. 1 1 , f . 3. Expansion en petites touffes courtes, presque embriquée, d'un vert brun , à décou- pures linéaires, trés-divisées , multifides. inégales, un peu ciliées ou dentelées; scutelles éparses, planes, roussâtres , et munies d'un rebord saillant. Ce colléma croît à terre, parmi la mousse , et sur les murs .

Toutes les espèces de colléma citées dans cet article croissent en France, et presque toutes se trouvent dans les environs de Paris. ( Voyez Geissodéb et Kolmân. )

P. Brown paroîtavoiremployélepremierle nom de colléma , qui signifie glutineux en grec, dans son Histoire naturelle de la Jamaïque, pour désigner une substance foliacée, gélatineuse, visqueuse et très-irrégulière. Il paroîtque c'est une espèce du genre Linkia de Micheli. Voyez Linkia. (Lem.)

COLLERETTE. (Bot.) C'est l'involucre des ombellifères. (Voyez Involucrb.) On a ainsi nommé cet involucre , parce que les bractées qui le composent sont en effet disposées au- dessous des fleurs, comme une collerette. (Mass.)

COLLET, Collum. {Bot.) L'embryon d'une graine offre

deux parties principales : les cotylédons, et le corps qui les

porte, lequel prend le nom de blastême. Celui-ci offre à son

tour deux parties essentielles , la radiiule et la plumule, La

72 COL

partie intermédiaire entre la plumule et la radicule, le point de leur jonction , est ce qu'on nomme collet. C'est au collet que les cotylédons sont attachés. Il arrive souvent que le collet est si court qu'il est impossible de le distinguer; la radicule et la plumule semblent alors contiguës, et dans la description le collet est confoadu avec la radicule : mais souvent aussi la radicule et la plumule sont bien séparées l'une de l'autre, et le collet est alors un corps distinct dont la forme varie suivant les espèces. Pendant la germination, il s'alonge tantôt du côté de la radicule , et dans ce cas il fait partie du caudex descendant; tantôt du côté de la plumule, et alors, faisant partie du caudex ascendant, il porte lis cotylédons à la lu- mière : c'est ce qu'on peut voirdans la fève, la belle-de-nuit, le sapin , etc.

Grew nommoit le collet coarcture, Lamarck l'a nommé nœud vital.

Dans la description des plantes, on trouve le mot de collet employé pour désigner l'espèce d'étranglement ou de rebord qui sépare une tige d'avec sa racine.

Le mot de collet, en latin collare , a été aussi quelquefois employé pour îyiiquer dans les graminées le sommet de la gaîne des feuilles qui porte Pappendice membraneux, connu maintenant sous le nom de languette ou de ligule.

Dans certains champignons, la membrane qui enveloppe d^abord la jeune plante, et qui après la rupture reste en* lambeaux sur le pédicule, a reçu aussi quelquefois le noin de collet; mais cette membrane est en général connue sous le Tiom de collier ou d'anneau. (M^ss.)

COLLET. (Chasse.) On appelle ainsi un piège qui se fait lo- plus souvent avec des crins de cheval, que l'on tend en forme d'anneau, et qui se ferme au moyçn d'un nœud coulant. Ce piège diffère du lacet proprement dit, en ce que celui-ci se fait avec une ficelle que l'on attache, d'i^n bout, à une branche à côté du nid autour duquel on l'applique, pour serrer le nœud avec l'autre bout, lorsque l'oiseau qui couve estrevenii 8e poser sur les œufs, tandis que les collets se placent en de<i lieux If s oiseaux se prennci't au passage. Il y a plusieurs jsortes de collets. On nomme co!lc!< à piq lets ceux qui sont; tçniis dans la fente de piquets fichés en teri:e, et que l'on em..

COL 75

pîoîe surtout pour les grives et les merles; collets pendus ceux qui sont suspendus par un fil à une baguette de bois vert qu'on retient pliée, et qui se relève avec l'oiseau, quand celui-ci, voulant saisir l'amorce, fait lâcher l:i détente; collets à ressort ceux qui produisent un pareil effet au moyen d'un ressort ; et, enfin, collets trainans ceux que l'on attache à une ficelle qui traîne à terre, et que l'on emploie spécialement pour les alouettes. On appelle culleteurs ceux qui font habituellement usage des collets. (Ck. D.)

COLLET DE NOTRE-DAME (Bot.), nom donné dans les Antilles, suivant Plumier, à l'espèce de poivre nommé raain- tenaiit piper peltatum. ( J.)

COLLETE, Colletés. {EntornoL) M. Latreille a désigné sous ce nom, tiré du grec, et qui correspond au mot François colleur , des espèces d'hyménoptères, delà famille des apiaires , ou mellites, qui dégorgent une matière visqueuse ou gom- meuse dont elles construisent leurs cellules. C'est l'andrène à ceinture, et l'hlyée glutineux de quelques auteurs. Réau^ mur a très-bien fait connoître les mœurs de cet insecte dans le tome VI de ses Mémoires, n.° xii. ( C. D.)

COLLETIER, Colletia. {Bot.) Genre de plantes de la fa- mille des rhamnées, appartenant à la pentandrie monogynie de Linnapus, caractérisé par un cjîlice inférieur, urcéoîé, à cinq découpures , très- souvent muni en dedans de cinq plis en écailles ; cinq pétales en forme d'écaillés, quelquefois nuls ; cinq étamines insérées entre les divisions du calice; un style simple. Le fruit est une baie sèche, placée sur la bc';se per- sistante du calice, à trois coques monospermes, s'ouvrant en dedans. Ce genre renferme dés arbrisseaux qui ont presque le port du spartium, à rameaux opposes, épineux, quelque- fois dépourvus de feuilles; les fleurs petites, agrégées et axil- laires. Ces plantes sont toutes originaires du Pérou et du Brésil ; elles oflVent les espèces suivantes :

CorxETiER ÉPINEUX : Colldia spinosa, Lamk, lit. g'^n., 2, p. 90, tab. 1 29 ; Colletia horrida , Vent. , llort. Cels. , tab. 92.

Arbrisseau très-rameux ; les rameaux glabres, cylindriques , hérissés d'épines nombreuses, opposées ; les feuilles sont pe- tites, opposées, pétiolées, glabres, un peu ovales, entières, >u. légèrement denticulées vers leur sommet, très-caduques;

:v COL

]cs fleurs latérales, soîilaires ou réunies plusieurs ensemble, portées sur des pédoncules courts, simples, réfléchis ; le ca- lice urcéolé, à cinq plis en écailles, à cinq découpures courtes , ovales, trés-obtuses ; point de corolle; l'ovaire trigone ; le stigmate à trois lobes; le fruit à trois coques presque réni- f or m es.

CoLLETiER A FEUILLES DENTÉES; Collctia scrratifoUa , Vent., Hort. Cels. , et Choix des pi., tab. i5. Cette espèce a le port d'un Ijcium : elle se rapproche de la précédente, dont elle diffère par ses feuilles nombreuses, persistantes, oblongues, obtuses, finement denticulées à leurs bords , un peu écailleuses à leur base ; les épines quelquefois feuillées ; les fleurs latérales , axillaires, presque solitaires ; leur pédoncule de la longueur des feuilles ; les calices glabres; point de corolle; une baie à trois coques, d'un brun clair; les semences noirâtres et lui- santes.

CoLLETiER EN CŒUR; Colletia obcordata. Vent., Hort. Cels. , (ab. 92. Arbrisseau de trois pieds, qui aie port d'un spartium , dont les rameaux, élancés , opposés et noueux , sont garnis de feuilles opposées, pétiolées, entières, pubcscentes, en cœur renversé, à trois nervures; les fleurs sont petites, un peu odorantes, pubescentes, d'un jaune pâle, axillaires, fascicu- lées ou presque en épi ; le calice pubescent en dehors , velu en dedans à sa base; cinq pétales arrondis, en forme d'écaillés ; l'ovaire pubescent ; un fruit à trois coques ; les semences ovales , luisantes.

CoLLETtER SANS FEUILLES ; Colletia cphééra , Vent. , Cl>oix des pi., tab. 16. Les feuilles, dans cette espèce, sont reir^placées par de petites écailles opposées, ovales, aiguës, velues en dedans, un peu pileuses en dehors ; ce qui donne ^ cette plante l'aspect d'un ephedra , ayant ses rameaux opposés , en- trelacés , épineux à leur sommet: les fleurs situées aux nœud» des rameaux, entourées d'écaillés à leur base ; cinq pétales en écailles ; un ovaire globuleux , velu , marqué de trois sillons.

( POIR. )

COLLETS. ( Bot. ) Ce sont les diverses espèces d'agarics qui ont un anneau ou collet; les principaux sont :

Le Collet visqueux blanc Voyez Capellone, Suppl. , tom. VIII, p. 98.

Collet jaune. Voy^, à Co4;4,ets souiAiaES , Collet doré.

COL 75

Collet agathe, ou BuUoleta des Italiens. Voyez Buebola.

Collet blanc a feuillets gris. Voyez Balayeur.

Collet roux et blanc. Voyez Bubbola.

Collet cire jaune. C'est Vagaricus cereolus, SchœflF., tab. 5i. ( Lem. )

COLLET EN FAMILLE. (Bot.) Paulet désigne par ees mots' quelques agarics qui croissent en touffe au pied des arbres, et dont le stipe ou pied est muni d'un collet sensible. Les prin- cipales espèces de ce groupe ou de cette famille, sont :

Le Champignon du mûrier gris ;

Le Champignon du peuplier ;

Le Champignon soyeux du chêne ;

Le Champignon de l'aune ;

La Tête de Méduse.

Voyez cesdifférens articles à leur mot, excepté pour le cliam- pigaon soyeux du chêne, qui n'est pas décrit : c'est un champi- gnon qui croît au pied des chênes, en touffes très-nombreuses. Il s'élève de trois à cinq pouces ; son chapeau en a deux de diamètre; il est d'abord blanc-roussàtre , ou couleur de chair, puis roux, enfin marron ; ses bords sont le plus souvent fen- dus ou en languettes, et le dessus est un peu peluché par des <?Ievures soyeuses. Cette plante croit dans les bois de nos environs ; sa substance est sèche et d'une saveur agréable d'abord, mais qui laisse ensuite un sentiment d'astriction à la gorge. Il n'a pas nui cependant aux animaux qu'on avoit forcés à en manger. (Lem.)

COLLETS SOLITAIRES. (/?o^ ) Famille établie par Paulet dans le genre Agaric. Elle contient des champignons qui croissent isolés ou solitaires, et dont le stipe ou pied est cylindrique et colleté, c'est-à-dire, muni d'un anneau. Les principales espèces sont :

Le Grand Collet blanc. (Paul., Tr. 2, pag. utj8, pi. 141» f. 1 , 2.) Il est d'un beau blanc, et s'élève à sept pouces de hauteur; son chapeau acquiert jusqu'à cinq pouces de dia- mètre. On le trouve en octobre dans les bois. Il ne paroit pas malfaisant.

Le Collet doré (Paul., pi. 142, f. 1 à 4), ou le Collet JAUNE, ou le Safran parfumé. Ce champignon , -de couleur jaune dorée, à feuillets roux-clair-vif, et à pied blanc ^

7^ COL

acquiert trois pouces de hauteur. On le trouve dans nos bois. Il n'est pas suspect.

Le Petit Collet roux fauve. Cette espèce n'a qu'un ou deux pouces de hauteur; elle est rousse ou marron foncé partout. On la trouve dans les bois en automne; elle n'offre rien qui annonce des qualités suspectes.

L'Amande amère et le Damas colleté sont deux autres espèces de cette famille. Voyez à leurs mots. ( Lem. )

COLLIBRANCHE (Ichthjol.) , un des noms du Sphage- branche museau pointu de M. de Lacépède. Voyez ce mot. (H. C.)

COLLIER. (Bot.) Voyez Collet. (Mass.)

COLLIER (Iclithyol.) , nom spécifique d'un Chétodon , Chœtodon coUare. Voyez ce mot. (H. C. )

COLLIER. (Ornith.) Ce mot, en latin collare, torques, dé- signe , lorsqu'on l'applique aux oiseaux, la bandelette qui leur environne quelquefois le cou. Merrem fait aussi l'application du mot collare aux plumes alongées qui, partant des joues et des tempes, pendent aux deux côtés du cou , comme au grèbe à oreilles, colymhus auritus, Linn. Le nom de collier est donné; à Saint-Domingue et à Cayenne, au pluvier à collier, chaera- drius hiaticula , Linn. ; en Catalogne , ausouchet , anas clypeata , Linn. Sonnini a traduit par collier noirle nom de pardo collar negro donné par M. d'Azara à l'oiseau du Paraguay, dont il est fait mention dans l'ouvrage de ce dernier, sous le n.° 235 , et qui paroît deA'^oir être rapporté au motaeilla gularis, Gmel. ; sjlt>ia gularis, Lath. Le jabiru, dont il est question au n.**343 du même ouvrage, sous le nom de collar roxo, est aussi appelé eollier rouge; et, enfin, cette dernière dénomination est donnée, dans Buffon, au colibri représenté sur la 600.* pi. enl. , fig. 4 , trochilus leucurus , Gmel. (Ch. D.)

COLLIER ARGENTÉ. {Entom.) C'est le nom d'un papillon de jour {Pap. euphrosine) , qui appartient au genre Argynnis de Latreille. Voyez Papillon. (CD.)

COLLIGUAY. (Bot.) Arbrisseau du Chili, dont Molina a fait son genre Colliguaja , portant des fleurs monoïques , dis- posées en chatons; il a été rapproché avec doute du crolon , avec lequel il paroît avoir beaucoup de rapp<^rt, rV;iprès le description qu'en donne l't'ufeur. (J.)

COL 7-7

COLLINIER. (Bot.) Paulet donne ce nom à Vagaricus col- Unus, Scop. ( Lem.)

COLLINSONE, Collinsonia. (Bot.) Genre de plantes de la famille des labiées, appartenant à la diandrie monogjnie de Linnanis, offrant pour caractère essentiel : Un calice campa- nule , à deux lèvres , à cinq dents inégales ; une corolle infim- dibuiiforme, très-longue, à cinq lobes inégaux, l'inférieur frangé, plus alongé; deux étamines plus longues que la co- rolle; des anthères vacillantes; un ovaire supérieur, à quatre lobes ; un style de la longueur des étamines ; le stigmate bi- fide ; une semence globuleuse au fond du calice , solitaire par l'avortement de trois ovules.

Ce genre ne renfermoit d'abord qu'une seule espèce dé- couverte dans les forêts du Canada et de la Virginie ; on en a depuis recueilli, dans les mêmes contrées, plusieurs autres que nous allons faire connoître.

CoLLiNSONE DU Canada : ColUnsonia canadensis , Linn. , Hort., Cliff., 14, tab. 3;Lamk., III. gen., tab. 21. Ses tiges sont presque simples , tétragones , hautes de trois pieds ; ses feuilles à peine pétiolées, opposées, glabres, ridées, presque en cœur, aiguës, dentées en scie, longues de six pouces, larges de quatre ou cinq. Ses fleurs forment une belle pani- cule pyramidale, à rameaux opposés; elles sont nombreuses, jaunâtres , pédicellées.

CoLLiNSONE TUBÉREUSE : ColUnsonîa tulerosa , Vahl. , Enum, , pi. 1 ,p. 282; Mich. ^mer. 1, p. 17; Collinsonia serotina, Walt. Carol. /19. Ses racines sont tubéreuses ; ses tiges légèrement pileuses, rameuses, longues d'un pied; les feuilles glabres , serveuses, ovales-oblongues, aiguës à leurs deux extrémi- tés, longues d'un pouce et demi. Les fleurs sont terminales, en grappes paniculées , accompagnées de petites bractées subulées ; les pédoncules et les pédicelles un peu pileux j ces derniers opposés; le calice à cinq dents sétacées; la co- rolle plus petite que celle de l'espèce précédente. Elle croît à la Caroline.

CoLLiNSONE RUDE : Collînsonia scabra, Pursh. , Amer., 1, pag. 20; Collinsonia scabriuscula, Ait., Hort. Kew. i , p. 47 ; Collinsonia prœcox, Walt., Carol. 65. Ses tiges sont rudes , un peu pileuses; ses feuilles opposées, ovales, presque eu cœur,

73 COL

un peu pileuses; les inférieures péliolées, les supérieures presque sessiles; les fleurs portées sur des pédoncules velus, disposées en grappes. Elle croît dans la Floride.

CoLLiNSONB ANiSÉE : ColUnsonia anisata, Pursh.' F/. Amer. , 2 , pag. 2 1 ; Ait. , Hort. iCcw. cd. no*', i , pag. 6o ; Bot. rnagaz. . tab. i2i3. Cette espèce croît sur les montagnes de la Nouvelle- Géorgie. Elle est pourvue de grandes et belles fleurs d'un jaune pâle ; ses tiges sont rameuses et pubescentes ; ses feuilles ovales, en cœur, ridées, un peu glabres, pubescentes en dessous sur les nervures; la panicule est ramifiée, feuillée . pubescente ; les dents du calice linéaires, de la longueur du lube de la corolle.

CoLLiNSONE ovale; ColUnsoTiia ovata, Pursh. , Amer, i , p. a i , Celle-ci a ses fleurs petites et jaunes, ses liges glabres ; ses feuilles ovales - oblongnes , aiguës à leurs deux extrémités, glabres à leurs deux faces, soutenues par des pétioles très- longs; la panicule est terminale, simple, presque nue; les dents du calice très-courtes. Elle croît à la Caroline, (Poia.)

COrXINSONIA. {Bot.) Voyez Colunsone. ( Poir. )

COLLIROSTRES. [Entom.) C'est le nom sous lequel nous avons désigné , dans la Zoologie analytique , la famille des insectes hémiptères, dont le bec paroît naître du cou, comme dans les cigales, que nous avons encore appelées les auchéno- rinques, nom tiré du grec, et qui exprime à peu près la même idée. Voyez Auchénorinques. (CD.)

COLLIS DES CHINOIS. {Bot.) C'est le dracana terminalis qui porte ce nom. On le cultive beaucoup dans les jardins d'ornement. On le nomme à Ternate ngassi, ce qui signifie feuille menteuse, parce qu'elle affecte diverses couleurs. C'est Vandang des Javanois, et le somboc de Banda. (J.)

COLLITORQUIS ( Ormi/i.), nom donné par Cœlius au torcol, jjnx d'Aristote , et funx torquilla, Linn. (Cii. D.)

COLLIURE {Entom.) : Colliurus , Degéer; collfris deFabri- cins. C'est le nom de genre employé par Degéer pour indi- quer une espèce d'insecte coléoptère de la famille dts créo- phages, et voisin des cicindèles, dont il diffère par l'alongement excessif du corselet. Fabricius y rapporte trois espèces, de Siam, des Indes orientales, et de l'Amérique méridionale. (CD.)

COL 79

COLLOCOCCUS. (Bot.) Brown décrit sous ce nom deux espèces de sebestier, cordia macrophjlla , et cordia coUococca. (J.)

COLLOROSSO. (Ornith.) Le millouin ou cane à tête rousse de Belon , anasferina , Linn. , porte ce nom dans le Boulonnois. (Ch. D.)

COLLOTORTO ( Ornith.) , nom italien du torcol , yunx tor- quilla, Linn. (Ch. D.)

COLLURIO. {Ornith.) Ce nom, tiré du grec aoXXvpiav, et appliqué par Aldrovande et par d'autres auteurs à diverses espèces de pies-grièches, lanius, dans le Systema Natures, a été étendu à ce genre, en lui donnant la terminaison Françoise de coUurie ; ce qui seroit , en effet, plu* convenable que le mot composé pie-grièche , si l'on ne craignoit de multiplier les chan- gemens de nomenclature. Avec une nouvelle terminaison, M. Vieillot en a fait sa quinzième famille , celle des collurions , dans laquelle plusieurs des espèces de lanius de Linnaeus for- ment des genres particuliers. Le caractère commun des oiseaux que renferme cette famille est d'avoir le bec convexe, com- primé sur les côtés, échancré ou denté , le plus souvent crochu à la pointe, le pouce grêle. M. Desmaresta aussi donné le nom de colluriens à des oiseaux, du genre Tangara, qui se rappro- chent des pies-grièches par la forme de leur bec. (Ch. D.)

COLLYBITE. {Ornith.) M. Vieillot a donné ce nom spéci- fique à un de ses pouillots, sjWia ru/a de Bechstein et de Meyer. (Ch.D.)

COLLYRION. {Ornith.) Voyez Collurio. (Ch. D.)

COLLYRION. ( Min. )" On distinguoit dans la terre ou argile de Samos , dont Tbéophraste, Pline et Dioscoride ont parlé, deux variétés : Tune qu'on nommoit aster, et l'autre collyrion.

Vaster étoit blanc , granuleux {glebosa) , et avoit la densité d'une pierre à aiguiser, ou d'un grès.

Le coUjrion devoit être doux au toucher et happoit à la langue; il étoit mou et friable; et,, d'après un autre passage de Fiine, il paroitque Vasler étoit blanc et le colljrion cendré.

On peut soupçonner, d'après ces caractères et ces pro- priétés, que Vaster avoit quelques rapports avec les argiles kaoiijaet cimolithe : et le coUyrion> avec les argiles plastiques,

8o COL

dont il offre en effet toutes les propriétés, jusqu'à cette ohc* luosité qui ne permettoit pas aux peintres d'employer les terres ou argiles de Samos , comme les autres terres blanches. Cette opinion étoit aussi celle de Wallerius, qui rapporte Vaster et le collyrium de Pline aux argiles apyres, avec les- quelles on fait des pipes, des creusets, etc. Or, celles-ci sont les argiles que nous avons désignées ailleurs par le nom d'Aa- CiLFS PLASTIQUES. Voycz cc mot. ( B. )

C0LLYRI3. {Entom. ) C'est le nom donné par Fabricius au genre déjà indiqué par Degéer sous le nom de Colliure* Voyez ce mot. (C. D.)

COLLYRITE. {Min.) Espèce du genre argileux, dans Em- merling et dans quelqu^ autres minéralogistes allemands. Ils écrivent kolljrit. Voyez la description de cette variété au mot Argile collyrite. ( B. )

COLMA {Ornilh.), nom donné par Buffon à une espèce de fourmilier, turdus colma, Gmel. (Ch. D.)

COLMENILLAS (Bot.), l'un des noms espagnols des mo" rilles. (Lem.)

COLNUD. {Oniitli.) Buffon a ainsi nommé un oiseau de Cayenne, de la grosseur du choucas, qui est représenté dans ^es planches enluminées, n.° 609, et qui a le cou presque nu, et la tête couverte , depuis et compris les narines, d'une sorte .de calotte de velours composée de petites plumes droites, serrées et très-douces au toucher. Gmelin et Latham en ont fait leur corvus nudus et leur graculafaiida. C'est aussi le gra- cula nudicollis de Shaw. M. Geoffroy de Saint-Hilaire , dans une dissertation insérée au tome i3.* des Annales du Muséum, a proposé d'en former un genre sous le nom de gjmnodère. M. Levaillant, qui a décrit et figuré le même oiseau dans ses Oiseaux rares de l'Amérique et des Indes, l'a rangé parmi les cotingas; M. Cuvier l'a placé à la suite de la même famille ; lUiger n'a également pas cru devoir le séparer des cotingas, et M. Vieillot en a fait une espèce de son genre Coracine. Voyez

COTINGA et GVMNODÈRE. (Ch. D.)

COLOBACHNE. {Bot.) Genre de graminées , établi par M. de Eeauvois ( Agrost. , pag. 22, tab. 6, fig. 6), pour le poljpogon vaginatum , Willd. 11 se distingue par les valves du calice inégales, subulées , un peu plus longues que la corolle,

COL 81

(tout la valve inférieure est presque trifide, tronquée et mu- nie, un peu au-dessus de sa base, d'une arête torse, coriace pliée ; la valve supérieure entière , aiguë, le style presque simple; les stigmates velus, la semence libre, point sillonnée.

Cette plante est Valopecurus vaginatus , Pall. , Nov. act. Petrop, io,pag, 3o4. Ses racines sont composées d'un paquet de libres noirâtres; il s'en élève un grand nombre de tiges glabres, menues, ramassées en gazon, hautes de huit à dix pouces; les feuilles glabres, plus courtes que les tiges, roulées à leurs bords , filiformes , sont toutes radicales ; celles des tiges sont remplacées par^*deux ou trois gaines lâches, alternes, lon- gues d'un pouce, un peu ventrues, membraneuses et blan- châtres à leur sommet , quelquefois terminées par une petite feuille courte ; les fleurs sont réunies en un épi ovale, cylin- drique , un peu comprimé, obtus, luisant, velu, un peu soyeux , long d'un pouce , d'un vert blanchâtre , composé de petites grappes médiocrement ramitiées. Elle croît sur le mont Caucase. ( Poir. )

COLOBE. ( Mamm. ) lUiger, adoptant l'existence des gue- nons sans pouce aux mains antérieures, décrites par Pennant sous les noms de full-hottom et de hey-monkey , a fait de ces animaux le genre Colobus. Nous renvoyons à parler de ces singuliers quadrumanes à l'article guenom , parce que le rap- port peu circonstancié de Pennant ne nous paroît pas suffi- sant pour assurer qu'ils existent réellement. (F. C.)

COLOBIQUE. {Entom.) M. Latreille a nommé ainsi quel- ques petites espèces de coléoptères voisins des nitidules, dont la masse des antennes n'est que de deux articles. (C. D.)

COLOBJUM. (Bot.) Roth a nommé d'abord colobium , puis thrincia, un genre de plantes que nous ferons connoître sous ce dernier nom. ( H. Cass. )

COLOBRITGENS. {Ornlth.) Ce nom a été donné, par les Hollandois, à de petits oiseaux de Surinam qui, suivant M. Ile Mérian, se trouvent en quantité sur le goyavier, et dont -on dit, dans l'Histoire générale des Voyages, tom. 14, p. 321, que les prêtres du pays se nourrissoient, sans avoir la liberté de manger autre chose. Ces oiseaux, d'après une courte des- cription, paroissent être des colibris. (Ch. D.)

COLOCASIA. (Bot.) On donnoit anciennement ce nofi

TO. 6

Ô2 COL

au faha œgyptia des Latins , au cfamos des Grecs, qui est le nelumhiuyn des modernes. Daléchamps en donne une descrip- tion et une figure qui ne sont pas exactes. Clusius, mieux instruit, a parlé un des preniiersde la vraie colocase, qui est une espèce de gouet, arum colocasia , dont la racine tubé- reuse est bonne à manger: il dit qu'elle est commune dans plusieurs lieux du Portugal , elle avoit été apportée d'A- frique par les Maures, et on la regardolt comme un igname. Les Espagnols lui donnoient le nom d''alcolcaz, qui dérive évidemment du nom primitif. Il paroît que cette racine est aussi le corsium loti de Théophrasté. (J. )

COLOCOLO (Ornith.)^ L'oiseau pécheur, de couleur noire, qui est connu sous ce nom aux Philippines, paroît, d'après ce qu'en disent les voyageurs, se rapporter au cormo- ran, pelecanus carbo , Linn. (Ch. D.)

COLOCOLO, Colocolla. (Mamm.) Molina parle, sous ce nom, d'une petite espèce de chat du Chili, dont le pelage seroit blanc, avec des taches très-irrégulières, noires et jaunes. Le peu qu'il en dit ne permet pas de décider si ce colocolo forme une espèce nouvelle , ou appartient à une espèce déjà connue. (F. C.)

COLOCYNTA (Bot.), nom grec de la calebasse, cucurbita iagenaria, selon Daléchamps. (J.)

COLOETIA. ( Bot. ) Ce nom éfoit donné par Théophraste, suivant Césalpin , au sous-arbrisseau que celui-ci nommoit emerus, dont C. Bauhin faisoit un colutea, et que Linnaîus a rapporté au coronilla. Voyez Coronille. (J.)

COLOMANDRA. (Bot.) Voyez Douglassia. (J.)

COLOMBAR. {Ornilh.) Ce nom a été donné par M. Levail- lant, dans son Ornithologie d'Afrique, à des pigeons qui ont le bec plus long et plus large que les autres, et dont les doux mandibules, se renflant vers le bout, forment une sorte de tenaille, souvent dentelée sur les tranches, avec laquelle ces oiseaux pincent les fruits dont ils se nourrissent. M. Temminck a aussi fait des colombars une section de son Histoire naturelle des Pigeons, qui correspond au genre Tréron de M. Vieillot. Voyez Pigeon. (Ch. D.)

COLOMBARIO {Oniiili.) , un des noms italiens de l'autour, autrement astor^e ou falco palumbarit^s ^ Linn, (Ch. D.)

COL 85

COLOMBASSE. (Ornùh.) On appelle amsi, en Picardie, la grive litorne, turdus pilaris , Linn. (Ch. D.)

COLOMBATES. {Chim.) Combinaisons de l'acide colom- lîiqiie avec les bases salifiables. Voyez Colombium. (Ch.)

COLOMBAUDE. ( Ornith.) On donne , en Provence , ce nom , qui s'écrit aussi colomhade , à une fauvette que des auteurs rapportent à la Jîcedula septima d'AIdrovande, à la motacilla hyppolais de Linnaeus, et au pettj chaps des Anglois, mais qui ne paroîtpas encore bien déterminée. (Ch. D.)

COLOMBE (Ornith,) , dénomination générique (îes pigeons. On appelle colombier le bâtiment dans lequel nichent les pigeons domestiques, et colomhine la fiente de ces oiseaux, qui fait un fumier très-chaud et très-actif. (Ch. D.)

COLOMBE DU GROENLAND. (Ornith.) Les marins ont improprement donné cette dénomination à ua oiseau qui, par sa couleur blanche et noire, et par sa taiile, leur a paru avoir des rapports avec le pigeon. C'est le columha groenlandina de Martens, colymliu.^ grjLle . Linn. M. Cuvier a, d'après Pallas, adopté le nom latin de cephiis ( ou cepphus, Moehring) pour les colombes du Groenland. (Ch. D.)

COLOMBEIN. (Ornith.) On nomme ainsi, en Picardie, le tourne-pierre, tringa interpres , Linn. (Ch. D.)

COLOMBELLE, Columbella. (Conch.) C'est un petit genre assez artificiel, que M. de Lamarck place dans sa famille des columellaires , répondant à peu près au grand genre Voluta de Linnaeus , mais que je pense devoir être plutôt rapproché des cônes, dans la famille que j"ai nommée angyostome , d'autant plus qu'il a un très -petit opercule corné, et que ce qu'on nomme les plis de la columelle ne sont réelleme."t que des dents qui n'existent même que dans Page adulte. Quoi qu'il en soit, voici le caractère de ce genre : Animal trachélipode ; la tête munie de deux tentacules , portant les yeux au-dessous de leur partie moyenne; contenu dans une coquille ovale, appointie aux deux extrémités; la spire assez courte; Pou- verture étroite, un peu sinueuse, à bords parallèles, échan- crée antérieurement, un peu rétrécie par le bord droit, ren- flé dans sa partie moyenne , et denté intérieurement dans toute sa longueur; la columelle, ou mieux le bord columeL-

6.

84 COL

iaire , également denté dans sa partie supérieure; un Irès-petîi

opercule corné.

Il ne contient que deux espèces , dont les mœurs et les habitudes sont très-probablement fort semblables à celles des buccins, puisque Adan&on les place dans ce genre.

La CoLOMBELLE RUSTIQUE : Columbella Tustica , Lamk. ; Voluta rustica, Linn.; le Siger, Adans., Sénég. , pi. 9 , fig. 98.

Très-petite coquille , épaisse , dont la longueur n'est pas tout- à-fait double de la largeur , à tours de spire un peu aplatis , peu distincts, finement sillonnés; de couleur quelquefois blanche marbrée de jaune et de brun , et quelquefois en- tièrement brune, sous un épiderme fort mince et cendré.

Elle se trouve en très-grande quantité sur les rochers de l'île de Corée , au Sénégal.

La CoLOMBELLE MARCHANDE : Columhella mercatoria , Lamk. ; Voluta mercatoria, Linn.; le Staron , Adans., Sénégal, pi. g, fig. 29.

Coquille de huit lignes de long, un peu plus épaisse que la précédente, à laquelle elle est presque semblable, de cou- leur presque entièrement blanche , et marquée de taches d'un bleu d'ardoise.

Elle se trouve avec la précédente. (De B.)

COLOMBETTE. {Bot.) Suivant J. Bauhin, aux environs de Montbéliard, on donne ce nom à une grande espèce d'aga- ric, toute blanche, et qui est très-bonne à manger. Cette espèce n'est pas la même que Vagaricus candidus de Schœffer , tab. 225. M. Paulet, qui la rapporte comme une espèce ana- logue à la colombette n.° 69 de sa Synonymie dçs espèces de champignons, prévient, pag. 417, que c'est une espèce très-distincte , qu'il nomme colombette de Schœffer ; elle est piquée et comme peluchée de roux sur un fond blanchâtre. Il ne faut pas confondre ces deux espèces d'agarics avec les coucoumelles.

La colombette de Bauhin appartient à la famille des encriers mous de Paulet : c'est un champignon à surface sèche, d'une chair ferme et blanche , à suc d'une saveur de bon champi- gnon , et qui se conserve bien ; son chapeau , quoique mince , a jusqu'à quatre pouces de diamètre ,- il se creuse en en- tonnoir, et il est porté par un stipe d'un pouce et demi de

COL «5

haut. Cette espèce, d'excellente qualité, est fort recherchée pour l'usage. Elle croît en abondance entre Champigny et Passavent, et au Chénois, dans le Montbéliard. (Lem.)

COLOMBIE D'AMÉRIQUE {Bot.) -. Columbia americana, Fers., Sjnops. 2, pag. 66; Colona serratifolia , Cav. , le. rar. 4, tab. 070. Genre de plantes de la famille des tiliacées, de la pofyandrie tnonogjnie de Linnaeus , ayant pour caractère essentiel : Un calice à cinq folioles caduques; cinq pétales, accompagnés chacun d'une écaille à leur base ; des étamines nombreuses, insérées sur le réceptacle ; un ovaire tétragone porté sur un réceptacle pédicellé ; un style ; un stigmate simple. Le fruit est globuleux, de la grosseur d'un grain de poivre , pourvu de quatre grandes ailes , partagé en quatre loges ; une ou deux semences dans chaque loge.

Ce genre est borné jusqu'à ce jour à une seule espèce , qui a été découverte aux iles Philippines. C'est un arbre de dix-huit à vingt pieds, très-rameux : les rameaux sont cylindriques, hérissés dans leur jeunesse de poils très-courts, garnis de l'euilles presque sessiles , alternes, longues de six pouces et plus, vertes en dessus, rudes en dessous, ovales-lancéolées, dentées en scie à leurs bords. Les fleurs sont disposées en grappes axillaires, solitaires, paniculées ; les pédicelles munis de trois fleurs environnées à leur base d'une sorte d'involucre à trois folioles ; leur calice est divisé en cinq folioles linéaires, aiguës, rougeàtres en dedans ; la corolle rouge , plus courte que le calice ; les pétales presque linéaires , échancrés , ac- compagnés à leur base d'une écaille arrondie et ciliée; les fi- lamens des étamines rougeàtres, plus courts que le calice ; le^ Iruit est pourvu de quatre ailes brunes , membraneuses. (Poir.)

COLOMBI-GALLINES. (Ornith.) MM. Levaillanî et Tem- minck ont donné ce nom à une section du genre Pigeon, com- prenant des espèces, telles que le goura, le pigeon de Ni- eubar, qui se rapprochent des gallinacés ordinaires par leurs tarses plus élevés, leur bec grêle et flexible, et leur habitude <le vivre en troupes et de chercher leur nourriture sur la terre sans se percher. Voyez Pigeon. (Ch. D.)

COLOMBIN A. ( Ornith.) On appelle ainsi , en Italie, la grive draine, turdus viscivorus , Linn. (C^r. T>.)

ÇOr.OMBfNA. (Ichtli-yoL) Les Siciliens donnent ce nom à

«s COL

un squale , que M. Schneider range parmi les espèces indé- terminées, sous la dénomination de squalus vacca. La nageoire dorsale est opposée aux catopes; il n'y apoint d'évenls. (H. C.)

COLOMBINE PLUMACÉE [Bot.), nom vulgaire, dans quelques lieux, d'un pigamon , tlialictrum aquilegifolium , qui croît sur les montagnes de France, de Suisse et d'Allemagne.

On trouve encore, dans Daléchamps, le nom de colombine donné à l'ancolie , aquilegia. (J.)

COLOMBINS. (Orjiith.) Ce nom a été donné par M.Vieillot aux oiseaux compris dans la vingt -neuvième famille de son ordre des sylvains , tribu des anisodactyles, laquelle est com- posée des sections Pigeon, Tréron et Goura. (Ch. D.)

COLOMBIQUE (Acide). (Chim.) Nous renvoyons la des- cription de cet acide au mot Colostbium. (Ch.)

COLOMBIUM. (Mm.) Voyez Columbium. ( B.)

COLOMBIUM ou Columbium. ( Chim, ) Métal qui a été décou- vert en 1801, par M. Hatchett , dans un minéral il est à l'état de colombate de protoxides de fer et de manganèse. Ce minéral avoit été envoyé en Angleterre des mines de Mas- sachuset, dans les Etats-Unis. Quelque temps après cette décou- verte, M. Eckberg fit l'analyse de deux minéraux de Kimist, en Finlande, dont il retira un corps qu'il regarda comme l'oxide d'un nouveau métal, auquel il donnale nom de tantale, parce que cet oxide étoit insoluble dans les acides les plus éner- giques; il appela tantalitel'unde ces minéraux, formé d'oxides de tantale, de fer et de manganèse, et yttrotantalite l'autre minéral, qui lui offrit une combinaison d'oxides de tantale , de fer et d'y ttrium. Enfin, en 1809, M. "VVollaston ayant examiné le tantalite comparativement avec le colombate de fer et de manganèse d'Amérique, trouva que l'oxide de tantale étoit le même corps que l'acide colombiquc ; en conséquence il les réunit tous deux sous le nom d'acide colombique , par la raison que la découverte de M. Hatchett étoit antérieure à celle de M. Eckberg. Le nom de colombium , donné par M. Hatchett au métal trouvé en Amérique, est consacré à la mémoire de Christophe Colomb.

Préparation de Vacide colombique. On met dans un creuset d'argent un mélange de 1 partie de colombate natif de fer et de manganèse, 2 de borax, et 6 de carbonate de potasse j on

COL 87

chauffe graduellement, jusqu'à fondre le mélange. L'acide car- bonique se dégage, et l'acide colombique s'unit à la potasse. Les protoxides de fer et de manganèse se suroxident, et sont attaqués , le premier par le borax , le second par l'alcali libre , avec lequel il forme du caméléon minéral. La masse fondue , refroidie et détachée du creuset, doit être traitée par l'acide hydrochlorique foible , qui dissout toute la matière, excepté l'acide colombique. Celui-ci doit être lavé à l'eau bouillante, jusqu'à ce que le lavage ne précipite plus le nitrate d'argent.

Le procédé que nous venons de décrire est deM. Wollaston. Il diffère du procédé de M. Halchett, en ce que celui-ci fon- doit le minéral avec cinq à six fois son poids de carbonate de potasse, lessivoit la masse fondue avec de l'eau, et précipitoit l'acide colombique du lavage en saturant l'alcali qui le tenoit en dissolution par un excès d'acide nitrique. Le résidu , inso- luble dans l'eau, étoit traité par l'acide hydrochlorique, qui dissolvoit du fer et le manganèse; et la matière indissoute, qui étoit du colombate natif non attaqué, étoit traitée de nouveau par le carbonate dépotasse, l'eau et l'acide hydrochlorique.

Propriétés de l'acide colombique.

Il est blanc ; il ne se fond pas , et ne se colore point par la calcination. SuivantM. Eckberg, il auroit une densité de 6,5 , après avoir éprouvé l'action d'une forte chaleur. Il est insipide, inodore. Quand il est humide , il rougit le papier, le tournesol. L'alcool et l'eau ne le dissolvent point.

L'acide hydrochlorique n'en dissout qu'une très-petite quan- tité : il est encore moins soluble dans l'acide nitrique.

L'acide sulfurique, concentré ou bouillant, en dissout une petite quantité. La solution, mêlée à beaucoup d'eau, devient laiteuse, laisse déposer de l'acide colombique, uni à un peu d'acide sulfurique, suivant M. Hatchett. Quant à la liqueur, elle retient un peu d'acide colombique, avec la plus grande partie de l'acide sulfurique. L'infusion de noix de galle qu'on y verse, en précipite l'acide sous la forme de flocons orangés. L'hydrosidfate dépotasse n'y produit aucun changement; il en est de même du prussiate de potasse. Si ce réactif produisoit un précipité verdâtre, cela seroit à des restes de fer qiïi n'auroient pas été séparés de l'acide colombique.

B'^ COL

La solution sulfurtque d'acide colombique précipite ce der« nier par les alcalis fixes caustiques : un excès redissout à chaud le précipité.

L'acide phosphorique dissout par la fusion l'acide colom- bique. On peut s'en assurer en chauffant ce dernier avec du phosphate d'ammoniaque.

Colombate de potasse. La potasse est le véritable dissolvant de l'acide colombique. Il faut, d'après M. Wollaston, chauffer 1 partie d'acide colombique avec 8 de carbonate de potasse cristallisé , pour obtenir une matière entièrement soluble dans l'eau. Pendant la fonte, l'eau et l'acide carbonique du sel »e dégagent. Suivant M. Hatchett, il suffit de chauffer l'acide colombique au milieu d'une solution de sous-carbonate de potasse, pour dégager l'acide carbonique, et obtenir du co- lombate de potasse.

Les acides sulfurique , nitrique , hydrochlorique , succinique et acétique , versés dans une solution de colombate de potasse , séparent la totalité de l'acide colombique à l'état d'hydrate, sous la forme de flocons blancs , qui sont insolubles dans un excès de cet acide. Ce qu'il y a de très-remarquable, c'est que les acides oxalique, citrique et tartarique redissolvent lacide colombique. Cette dissolution ne pourroit avoir lieu , si Ion présentoit à ces acides végétaux un acide colombique desséché.

L'infusion de noix de galle, l'hydrosulfate de potasse, le prussiate de potasse , ne font éprouver aucun changement an colombate de potasse, qui contient un excès d'alcali; mais, si ou neutralise cet excès de base par un acide , le premier de ces réactifs seulement produit quelque effet. Il détermine le pré- cipité orangé, qui est l'un des caractères les plus saillans de l'acide colombique.

M. Hatchett, en faisant évaporer à une douce chaleur du colombate alcalin de pottisse, a obtenu un sel blanc et brillant, cristallisé en gradins, qui, séparé d'une eau mère alcaline, avoitune saveur désagréable , néprouvoit pas d'altération par son exposition à l'air, se dissolvoit le-ntement dans l'eau ; mais, la solution, une fois opérée, étoit permanente.

Le tunstate, le molybdate de potasse, précipitent ce sel en blanc ; la teinture alcaline martiale de Stahl le précipite çii

COL 8;,,

hrun. Ce précipité est, suivant M. Hatchett, du colombate de fer.

Colombate de soude. La soude dissout l'acide colombique ; mais il faut plus de cet alcali et plus d'eau que quand on opère avec la potasse; et quoique une dissolution faite à chaud soit . transparente, parie refroidissement elle devient opaque, et linit par déposer la plus grande partie de l'acide à l'état d'un sel presque insoluble,

Colombate d'ammoniaque. Suivant M. Hatchett, cette combi- naison n'existe point.

Quant aux autres combinaisons de l'acide colombique avec les hases, on ne connoît que celles qui se rencontre.nt dans la nature, c'est-à-dire, le colombate de fer et de manganèse, et le colombate de fer etd'yttria. Nous renvoyons, pour lesproprié-* tés de ces composés, aux articles de minéralogie ces corps sont décrits. Seulement nous ferons observer , avec M. Wollas- ton, que le colombate de fer et de manganèse d'Amérique aune densité de 5,87 , tandis que celui de Finlande en a une de 7,80.

Réduction de Vacide colomlique à l'état métallique, etc.

L'acide colombique, retiré du colombate de fer et de man- ganèse de Finlande, a été réduit par M. Berzelius, Ce chimiste pratiqua dans un charbon une cavité dont le diamètre étoit égal à celui d'une plume à écrire. Il la remplit d'acide, colom- bique, etill'y comprima fortement. Il plaça .ce charbon dans un creuset de Hesse ; puis il l'exposa à une violente chaleur. L'acide fut réduit à l'état métallique ; mais les particules de métal, quoique adhérentes ensemble et formant une masse que l'eau ne pouvoit pénétrer, n'avoient point éprouvé une fusion complète. Le métal avoit les propriétés suivantes :

Il étoit d'un gris sombre. Le frottement contre une pierre à aiguiser lui donnoit le brillant métallique et l'aspect du fer. Il avoit une dureté assez grande pour rayer le verre. Sa den- sité, prise par M. WoUaston, étoit de 5, 61 ; mais il est vrai- semblable que sa densité eût été plus grande s'il avoit été complètement fondu. Le colombium se réduisoi t , par la tritura- tion, en une poudre dépourvue du baillant métallique, et qui étoit inattaquable par l'acide hydrochlorique , l'acide nitrique et l'eau régale.

9f> COL

Le colombiurtij chauiTé au rouge, s'embrasolt, et s'éteignoit lorsqu'on le retiroit du feu ; i oo de métal absorboient de 3,5 à 4,5 d'oxigène .- mais le produit de la combustion , qui étoit d'un blanc grisâtre, paroissoit contenir des particules métalliques.

Un mélange de nitre et de colombium , projeté dans uu creuset rouge de feu , détonoit, en produisant du colombale "de potasse.

M.Berzeliusditque loo de colombium absorbent 5,485 d'oxi- gène, et que l'acide qui en résulte produit un hydrate , dans lequel l'eau contient une proportion d'oxigène qui est double de celle unie au métal. Ces loo d'acide colombique s'unissent à 12,5 d'e"au.

Le colombium est susceptible d'être allié avec le manganèse, le fer, etc. (Ch.)

COLOMESTRUM. {Bot.) Voyez Cvnoctonum. (J.)

COLOMNAIRE(Androphorb) (£of.), Columnare (Jndro- pliorum) , Columna, qui est en colonne, qui forme une co- lonne. Dans la mauve, l'hibiscus , et d'autres malvacées, l'an- drophore, c'est-à-dire, le support commun des anthères, est colomnaire ; il s'élève verticalement du centre de la fleur, et ressemble à une petite colonne. (Mass.)

COLOMNÉE, Columnea. {Bot.) Genre de plantes de la fa- mille des personnées, de la didynamie angiospermie de Lin- nœus , dont le caractère essentiel consiste dans un calice à cinq divisions profondes; une corolle beaucoup plus longue, tubulée , courbée , gibbeuse à sa base ; le limbe à deux lèvres ; ïa supérieure presque entière, en voûte; l'inférieure à trois lobes ; quatre étamines didynames ; les anthères souvent con- niventes; un style, un stigmate à deux lobes. Le fruit est une capsule un peu charnue, globuleuse, à deux loges, en- tourée parle calice étalé ; une cloison charnue, supportant des semences nombreuses fort menues. Ces caractères ont été modifiés selon les changemens introduits dans ce genre.

On a cru devoir retrancher de ce genre quelques espèces, telles que , i." le Columnea erecta, Lam. , qui est le cjriUa pul- ehella, Lhérit. , Stirp., tab. 71 , ou Vachimenes coccinea, Pers. ; 2." le Columnea longijaiia, Linn. , qui est Vachimenes sesa- moides^ Willd. et Vahl, Symb., ou le diceros longifolius. ( Voyez DicEROs et Ac^iMEKES.)*Les autres espèces sont des

COL

herbes, la plupart à tige grimpante ou rampante, à feuilles simples et opposées; les fleurs axillaires, presque solitaires. On distingue les suivantes.

CoLOMNÉE GRIMPANTE : Columnca scandeus , Linn. ; Lam. , III. gen., tab. 624, fig. 1 ; Plum. , Icon. tab. 89, fig. 1. Ses tiges sont rampantes sur terre, ou grimpantes aux arbres par de petites racines latérales , rameuses , un peu velues ; les feuilles sont ovales, pétiolées, entières ou à peine crénelées, un peu pubesce«tes et blanchâtres ; ses fleurs sont ordinairement soli- taires , soutenues par des pédoncules et placées dans les aisselles des feuilles supérieures. Sa corolJe est d'un beau rouge écar- late , longue de deux pouces , un peu courbée , A^^l en de- hors; les capsules blanches, globuleuses, charnirflJPhin peu plus grosses qu'une noisette. Elle croît dans les bois à la Mar- tinique.

CoLOMNÉE hérissée: Columnea hirsuta, S'wartz, Flor. 2 , pag. 1080 ; Lam., m. gen. , tab. 624, fig. 2. Cette espèce, recueillie dans les forêts de la Jamaïque , a été confondue , selon Swartz, avec la pi'écédcnte. Elle en diffère par ses tiges ua peu li- gneuses, rudes, tétragones et grimpantes; les rameaux her- bacés, les feuilles oblongues, acuminées , inégales à leur base, couvertes de poils articulés; les fleurs terminales, axil- laires, presque solitaires, très-velues, purpurines ou d'un blanc rougeâtre; les divisions du calice lancéolées, aiguës ; le tube de la corolle ventru , globuleux à sa base ; le fruit, de la forme et de la grosseur d'un pois.

CoLOjiNÉE BRILLANTE; Colitmiiea rutHans , S'warfz , FJor. 2, pag. 108 3. On distingue cette espèce à la couleur roussàtre et luisante de toutes ses parties. Ses tiges sont lisses, noueuses, un peu ligneuses et grimpantes; ses feuilles ovales, longues de trois pouces, un peu denticulées , velues en dessous ; les fleurs velues, d'un jaune rougeâtre, presque solitaires ; le ca- lice à quatre ou cinq découpures obtuses , laciniées à leurs bords, très-velues ; les lèvres de la corolle profondes. Elle croît dans les forêts, à la Jamaïque.

CoLOMNÉE hispide; Columnca hispida, Swartz, Flor. 2, pag. io85. Cette plante croît sur les hautes montagnes, à la Ja- maïque. Ses tiges sont simples, articulées, presque ligneuses, longues d'un à trois pieds, hérissées de verrues surmontées

92 COL

d'un poil roide ; les feuilles hispides . ovales , oblongues , obtuses , à peine dentées ; les fleurs axillaires; les calices très- velus , d'un rouge de sang ; une capsule charnue , ombiliquée , blanchâtre, transparente; les semences noirâtres, oblongues. CoLOMNÉE OVALE; Coluinnea ovata, Cav. , Icon. rar. 4, tab, 391. Ses tiges sont ligneuses, rampantes ou grimpantes; les feuilles ovales, crénelées, hispides en dessus, pubescentes et ferrugineuses en dessous; les Heurs solitaires: les découpures du calice lancéolées, munies de deux dents à leur l)as€ ; la corolle d'unFougeécarlate; son tube long d'un pouce, pileux en dehors, à quatre découpures ovales, la supérieure bifide, plus larAÉlles filamens rouges; les anthères conniventes. Elle croît auvnli.

Loureiro , dans sa Flore de la Cochinchine , rapporte deux autres espèces à ce genre : i." le Columnea stellata, à tige rampante, herbacée; les rameaux redressés ; les feuilles ovales, ternées, odorantes, dentées en scie ; les fleurs solitaires, blanches , rayées de rouge ; les découpures du calice subulées , égales; les capsules pileuses, à deux loges: 2.° le Columnea çochinchinensis , très-rapproché par ses fleurs du Columnea longif oli a . et ([ui {orme avec celui-ci le genre Diceros, Ses tiges sont velues , herbacées , rampantes ; les feuilles glabres , ter- pées, ovales-lancéolées, dentées en scie ; les fleurs solitaires, pédonculées, d'un blanc-violet , pileuses en dehors; la corolle presque campanulée, à quatre découpures, dont une plus grande; les filamens pileux; une capsule bivalve, à deux loges. En citant ces deux plantes de Loureiro, nous n'osons assurer qu'elles appartiennent à ce genre.

Observation. Le genre Achimenes de Brown appartient très-probablement à celui-ci ; Vahl l'en distingue par une corolle à limbe plane, quadritide , presque égale. Dans le Columnea , tel qu'il est présenté par Willdenovv, les capsules sont à une et non à deux loges ; les semences nidulantes; la corolle à deux lèvres , la supérieure à trois divisions pro- fondes, celle du milieu en voûte. (Poir.)

COLON (Ornith.), nom donné par M.d'Azaraà une espèce ^e moucheroUe qu'il a décrite sous le n*.° ï8o de ses Oiseaux du Paraguay. (Ch.D.)

CQLONA. (Bot.) Voyez Coiompif. (Vo^k.}

COL 95

COLONNARIA. (Bof.) Genre de champignons établi par Rafinesque Schmaltz , et qui paroit devoir ne former qu'une section dans celui du Clathre. Suivant le botaniste cité , les espèces ont les branches simples, et portent les semences sor leurs bords. Voyez Clathre. (Lem. )

COLONNE TORSE (Conch.) , nom vulgaire d'une coquille que Bruguières place dans son genre Buliine, sous le nom de bulimus columna: c'est une espèce du genre Lymnée. Voyez ce mot. (De 13.)

COLOOCE (Bot.), espèce d'ortie de Sumatra, dont on tire , suivant Marsden , un fil qui n'est pas inférieur au nôtre, (J.) i

COLOPHANE , ou Colophone. (Chim.) Voyez Résine. (Ch.)

COLOPHANE. (i>o^) Voyez Bois de colophane , Eois-canot.

COLOPHERME, Colophermu^Ufl^^Bot.) Genre delà famille des algues, voisin des ceramium, dont il n'est même qu'un démem- brement, caractérisé par les gongyles ou tubercules repro- ducteurs qui terminent des filamens articulés. M. Rafinesque Schmaltz, créateur de ce genre, y rapporte une seule es- pèce : c'est le colopherme floconneux, colophermumjloccosum^ dont les filamens articulés , un peu rameux , formen t des toufl'es ou flocons; ses articulations sont plus longues que larges, et ses gongyles ovales. Cette plante marine se trouve sur les côtes de Sicile. ( Lem. )

COLOPHON. ( Ornith. ) La Chênaye des Bois parle , d'après de Laet, d'oiseaux qu'on nomme ainsi au Pérou, et qu'il dé- signe comme vivant de poissons, étant tout blancs et plus haut montés que des cigognes. On n'en a pas eocore reconnu l'es- pèce particulière. (Ch. D.)

COLOPHONIA {Bot.), un des noms anciens de la scam- monée, extraite d'une espèce de liseron, conyol^ulus scam." monia. Elle étoit ainsi nommée parce qu'on préféroit celle qui étoit apportée de Colophon , une des villes de l'ancienne lonie, qui faisoit partie de l'Asie mineure, et bordoit l'Ar- chipel. ( J.)

COLOPHONITE. {Min.) On a donné ce nom à une va- riété de grenats d'une couleur jaune-brun roussâtre , et qui paroit avoir la cassure plus résineuse que ne le présente ordi-

9/i COL

iiairement cette ])ierrc. M. Haiiy l'a nommée grenat résinite. Voyez Grenat. ( B. )

COLOQUINELLE [Bot. ) , nom donné par M. Duchesne, à une sous-variété du pepon , cucurhita pepo , dont le fruit est rond, petit et à peau fine. (J.)

COLOQUINTE, Colocynlhis. (Bot.) Plante cucurbitacée , reportée au genre Concombre. Voyez ce mot. (J. )

COLOQUINTIDA (Bot.), nom italien et espagnol de la coloquinte, suivant Daléchamps. (J.)

COLOR SOUSOUNAM ( 7cJi%o/. ) , nom que quelques Hollandois donnent à Tholacanthc bicolore de M. de Lacepèf^. Voyez Holacanïiie. (H. C. )

COLORÉ, Coloratiis. {Bol.) Coloré, en botanique , se dit des parties qui ne sont pas vertes. Lorsque les feuilles, les bractées, le calice, etc. d'une plante, ont une couleur parti- culière , autre que la verte , Hldésigne cette couleur si la des- cription qu'on fait de la plante est générale : mais, dans une description ordinaire, à moins que la couleur ne soit carac- téi'istique , on ne la désigne point ; on dit simplement d'une partie qu'elle est colorée. C'est ce qui a lieu, par exemple , à l'égard des feuilles du draccena terminalis , des bractées du nielampyrum cristatum , des calices du fuschia , de la capu- cine , etc. ( Mass. )

COLOS , Colon, Colus. (Mamm.) Strabon parle, sous le nom de yJXoç, d'un animal sauvage delà Scythie , qu'il com- pare au cerf et au bélier, et dans lequel on a